‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 729 sur 922 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

raient crié du fond de leurs sépulcres. Il eût fallu bouleverser le Languedoc, remuer, ébranler cette frontière du sud, si laborieusement acquise, conquise par tant de guerres et de crimes : cette barrière magnifique des Pyrénées, indispensable à la sécurité de la monarchie capétienne, bouclier, armure, boulevard de granit de la France, et qui sépare à jamais cette France progressive et lumineuse de la rétrograde , ténébreuse et africaine Espagne.

Alors Boniface, oubliant les infants de Fénouillèdes, revient àl'évêquede Pamiers *. Il ordonne à Philippe de laisser Bernard se rendre à Rome. Puis, s'irritant par degrés, il retire tous les privilèges accordés en d'autres temps par les papes aux rois de France. Enfin, il somme le monarque d'admettre la suzeraineté de saint Pierre sur les empires de ce monde. Il lance une bulle ou il reprend la théorie fameuse des deux glaives, par laquelle le glaive royal est soumis au glaive théocratique, sans dire que ce glaive de saint Pierre avait été condamné par le Christ. Philippe fait brûler publiquement la bulle pontificale à Paris. Il déclara même à ses fils qu'il les répudierait s'ils consentaient jamais à tenir le royaume de tout autre que de Dieu. C'était parler en roi et en Français. Pour contre-balancer le concile convoqué par le pape à Rome, il convoqua dans Paris les États généraux de France*. La noblesse et le tiers déclarèrent unanimement qu'ils donneraient leur vie et leur for-

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