‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 748 sur 922 · LIVRE TREIZIEME t · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME t

tantes, les trois Esclarmondes, héroïnes de l'Église des Purs ; et Ramon-Roger, Roger-Bernard, Loup de Foix, ces vaillants comtes, ces paladins du Paraclet, ces Renaud et ces Olivier de la patrie cathare et romane. Ces foudroyants théocrates et cette chevalerie pyrénéenne, séparés par tant de guerres, de massacres et d*incendies, se rapprochaient de chute en chute, de honte en honte, et se rencontraient enfin dans la fange de Clément et de Brunissende. C'est ainsi qu'il arriva dans Avignon, Rome des papes aquitains. Avignon était un lambeau des confiscations de la croisade, un débris du magnifique héritage de Toulouse, un fragment de la conquête que le traité de Paris livrait à l'Église romaine. Ainsi la noble cité d'Avignon, la fleur du Rhône et des Alpes, la plus patriotique commune du Midi, qui avait accueilli le jeune Ramon VII, brisé la fortune de Montfort contre le rocher de Beaucaire et humilié la superbe du roi Louis VIII et du légat Romain de Saint-Ange, était devenu un apanage sacerdotal. Depuis quatre-vingts ans, l'esprit clérical y étouffait le génie patriotique et républicain et la préparait à n'être que la métropole théocratique de la France. Clément et Brunissende inaugurèrent ce règne de la papauté provençale. Elle se construisit sur son rocher un palais qui tient à la fois du couvent, du harem et du donjon * : Vatican de briques rouges, pétries de chair romane, de sang cathare ; fange humaine durcie au feu des bûchers pendant un siècle. C'est là ce que Pétrarque appellera la

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