‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 750 sur 922 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

de crapule superbe. Ces chevaliers, qui marquaient d'une croix rouge, emblème de foi, leur manteau blanc, symbole de virginité, étaient débauchés, insolents, superstitieux, impies. Leur impiété se barbouillait de magie et de théosophie orientales, gnostico-mahométanes. Leur Baphomet, nom à peine altéré de Mahomet, qu'ils substituaient au Christ, paraît avoir été le bizarre symbole du plus brutal panthéisme. Ils absorbaient Dieu dans le monde à l'opposé des Cathares qui absorbaient le monde en Dieu. Aussi les grands papes, exterminateurs des Albigeois, s'étaient constamment tus sur l'hérésie des Templiers, tandis qu'ils avaient accusé les Hospitaliers, sympathiques aux Cathares, et dont la charité avait essayé de donner au moins des tombeaux au roi d'Aragon, tombé à Muret, au vieux Ramon VI, comte de Toulouse, et à Ermessinde, comtesse de Foix. Par contre, c'est Guillaume de Nogaret, le descendant des Albigeois, qui est l'ardent accusateur des Templiers, comme de la théocratie romaine, et qui fait donner leurs biens aux Hospitaliers, consolateurs des Cathares. Enfin, Esquio * de Florian, un citoyen de Béziers, d'origine vraisemblablement albigeoise ou oliviste, avec un templier toulousain, le prieur de Montfaucon, condamné pour hérésie probablement cathare ou joachimite, deux adeptes de Délicios, le grand accusateur de l'inquisition, furent les dénonciateurs du Temple ^. L'histoire doit tenir compte de ces ana-

Page 1