‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 754 sur 922 · LIVRE TKEIZIÉME US · texte numérisé non relu

LIVRE TKEIZIÉME US

de son adversaire. Peu secondé des populations rurales, le chevaleresque tribun est arrêté à Vaure, reconduit enchaîné à Toulouse, et jeté dans les prisons royales du Gastel-Narbonnais.

, Pons de Boussac fut traduit devant le Parlement : vingt-deux témoins déposèrent contre lui, ceux-là mêmes qu'il avait voulu appeler à la liberté et au périlleux honneur de relever la patrie. Le vicomte de Narbonne fut presque enveloppé dans sa glorieuse infortune. Le mardi, après la Saint- André (déc. 1310), dès le matin, le Parlement rendit son arrêt : Pons fut condamné à avoir la tête tranchée, et, vers le soir, jeté sur une claie, il fut traîné à travers la cité frémissante. Le sinistre cortège se dirige par la grande rue vers la place Roaix, et de là vers la basilique de Saint-Étienne. De la cathédrale, après l'amende honorable, il revient vers la place du Salin : c'est là qu'est dressé l'échafaud, recouvert d'un drap noir, selon les privilèges de la patrie occitanienne, à qui le roi permettait le deuil de ses martyrs. Mais Pons avait un ami, un frère héroïque, embusqué sur le passage du cortège funèbre. Comme il débouchait sur le lieu tragique par la porte du Gastel-Narbonnais», voilà que d'un carrefour voisin * , trois cents citoyens environ s'élancent tout à coup, armés et masqués, en criant : Liberté! liberté! La foule s'effare, la garde capitulaire fuit, le condamné est arraché au bourreau. Le libérateur de Pons est un jeune chevalier, de race consulaire, Joan de Bonamour, dont lecœurjus-

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