LIVRE TREIZIÈME
teau de Févuque où commandait un descendant des Croisés. Ils y attendirent les autres membres du Parlement, dispersés dans cet orage, et tous réunis cherchèrent un refuge plus assuré dans les murs de Montauban. *
L'expulsion du Parlement calma les esprits dans Toulouse; le peuple, inconstant de sa nature, effrayé de son audace, abandonna ses chefs ; et le viguier royal, à qui le courage était revenu, arrêta de sa propre main Joan de Bonamour. Pons de Boussac qui, après avoir vu de si près la mort, avait été, avec son ami Joan, roi dans Toulouse, dut sortir furtivement de la cité. Les consuls factieux, naguère si puissants, durent se cacher hors des murs. L'archevêque d'Auch fut soupçonné d'avoir donné asile aux deux capitouls proscrits. Ces consuls et leurs complices, et Pons, le premier auteur de ce tumulte, se réfugièrent enfin en Aragon*. Les capitouls restés fidèles chargèrent deux de leurs collègues de se rendre à Montauban pour engager le Parlement fugitif de revenir dans Toulouse. Le Président répondit qu'il n'y rentrerait que par le commandement spécial du roi. Pour l'obtenir du monarque, l'assemblée générale de citoyens députa les deux consuls Estève de Barravi et Ramon du Verger qui se rendirent en suppliants à Paris. Cependant le Parlement, siégeant à l'abbaye de Montauban, à la requête du procureur général du roi, instruisait contre les chefs et les complices de l'insurrection, et principalement contre les deux con-