‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 778 sur 922 · Manuscrits de la biblioth. Colbert · texte numérisé non relu

Manuscrits de la biblioth. Colbert

le peuple saccage et démolit les maisons d'anciens consuls complices des inquisiteurs ; il gronde comme un orage autour des donjons de l'Inquisition et delà Mure. Le Mont-Aventin de Garcassonne, c'est le couvent des Franciscains, et le Gracque Albigeois, c'est Délicios. L'Évêque et l'Inquisiteur arment pour leur défense les scribes, les transfuges, les complices des Groisés. Bernard vole dans l'Albigeois ; il prêche de ville en ville sa parabole ; il revient avec les forts béliers d'Albi, de Cordes, de Castres : les brebis suivent avec les agneaux. Il rentre dans Garcassonne avec les consuls, les veuves et les orphelins des immurés. Les femmes et les enfants vont pleurer autour des cachots, sur le seuil d'airain de l'Inquisition*. Mais les chefs, Patris, Probi, Garcia, Fransa, Castanet conspirent au couvent des Franciscains. Délicios est la voix sympa— thique, la parole entraînante de ces grands citoyens. Malgré l'audace de son allégorie, qui semble prêcher l'insurrection contre la France, il veut que la révolution reste royale, et que le roi lui-même soit le Libérateur. Il pense que la royauté vaincra mieux la papauté. Aussi bien sont-elles déjà aux prises ; .le tribun amène le peuple au secours du roi: en attendant il se donne le plaisir de voir s'entre-manger les deux monstres qui ont dévoré le Languedoc. 11 soulève donc Garcassonne et appelle le vidame et l'archidiacre pour qu'ils viennent maîtriser ou diriger le soulèvement. Les Réformateurs accourent de Toulouse : le peu-

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