‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 792 sur 922 · VioUet-Leduc, Gros-Maire vielle · texte numérisé non relu

VioUet-Leduc, Gros-Maire vielle

cette hauteur, Philippe, en eifet, voyait le bourg sous ses pieds, au delà du fleuve. Le fier langage du roi de Garcassonne irrita le roi de Paris. Le Capétien ordonna qu'on éloignât le magistrat populaire. Il sentit palpiter dans ses mâles accents le génie national et républicain du Midi. Patris, éperonnant son cheval, revint, attristé et indigné, dans le bourg. « Détachez les drapeaux flottants, enlevez à la ville sa robe de fête, criait-il aux citoyens, car ce jour est un jour de deuil ; » donnant à entendre qu'il ne fallait rien espérer du monarque capétien. Patris avait compris Philippe, mais le prince avait éventé le dessein du consul. Le patriotisme de Garcassonne effarouchait le monarque. Il se hâta de.quitter la cité républicaine sans délivrer les captifs qui gémissaient dans ses cinquante tours. Garcassonne voulait offrir au roi et à la reine deux coupes d'argent. Les consuls, trompés par le départ presque furtif de la cour, portèrent leur offrande civique h Béziers. La reine accepta gracieusement, mais le roi, durement, refusa le vase, et plus brutalement encore leur fit rendre à Montpellier celui de la reine : cette injure fut l'adieu royal *. Décidément, le roi et le peuple ne buvaient pas dans la même coupe : le peuple buvait dans la coupe des larmes, le prince dans la coupe de sang de l'mquisition. L'inquisition avait reconquis le tyran capétien. Bernard, Patris, Fransa, Probi, Garcia, les députés albigeois, indignés et attristés, suivent la cour. Ils sollicitent, ils implorent des explications sur l'af-

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