Archives de Narbonne
305 LES ALBIGtOIS ET L'INQUISITION
basse jusqu'aux potences dressées hors des murs, et là pendus dans leurs robes consulaires, comme pour attacher le consulat lui-même au gibet. Ainsi périrent le grand Elio de Patris, premier consul, et ses collègues Améric Castel, Barth(51emi Clavaire, Pierre-Arnaud de Guilhermi, Bernard de Marselha, Guilhem Delpech, Guilhem de Sant- Marti et Pons de Montolio, et six autres notables de Garcassonne (lundi 28 septembre). Marselha et Sant-Marti descendaient des héros de Montségur. Presque tous ont des noms chevaleresques : ils sont pourtant qualifiés de marchands ; c'est qu'ils ont été dénobilisés pour catharisme, comme les Bélissen, ces grands barons pyrénéens, devenus humbles tondeurs de draps de Garcassonne*.
Les jours suivants, les supplices devaient continuer : l'arrivée du nouveau pape Clément V les arrêta; le Pontife demanda grâce pour la cité mutilée et mourante. Mais deux mois après les exécutions recommencèrent. Les quatre consuls de Limons et trente-six notables du Rasez furent jugés à Garcassonne. Limons, confisqué sur les vicomtes, et donné à un chef de la croisade et au monastère de Prouille, était constamment en lutte, moins il est vrai contre son seigneur féodal que contre la corporation monastique. Ses archives ne sont remplies que des contestations avec les prieurs dominicains dont la rapacité de harpie s'étendait jusqu'aux dépouilles des morts, jusqu'aux suaires du sépulcre. Prouille continuait ses origines de proie.