‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 803 sur 922 · Coutumes de Limous, p · texte numérisé non relu

Coutumes de Limous, p

les villes écrasées d'amendes, et le consulat populaire enfin supprimé*. Ainsi périrent ces magnanimes citoyens, nobles victimes de la patrie romane expirante. Les derniers consuls de Garcassonne expièrent saintement la lâcheté de ces indignes consuls qui, en 1226, livrèrent la ville à Louis YIII, après en avoir expulsé le comte de Foix et Torphelin de Trencabel. Ajoutons toutefois que, quelque magnanime que fût leur entreprise, elle était irréalisable et chimérique. Mais cette chimère même fait la grandeur de leur trépas. Il est des temps où le plus grand triomphe c'est le martyre. Ces holocaustes patriotiques sont féconds pour l'avenir; ils servent à la liberté du monde. Le grand Elio de Patris et ses nobles comt)agnons sont morts pour la liberté, pour l'humanité. Par là, martyrs d'une cité, ils deviennent les martyrs de l'univers. Leurs noms doivent être chers à la France nouvelle, plus chers encore à la vieille patrie romane. Ces martyrs sont nos ancêtres. Ils sont morts pour nous. Pourquoi Toulouse ne les a-t-il pas inscrits dans son Capitole î Et pourquoi Garcassonne n'a-t-elle pas changé leur échafaud en tro-

pliée î

Plus tard, les prières de la reine, de Clément V, le nouveau pape aquitain, de Nogaret, le puissant ministre albigeois, parvinrent à fléchir le courroux du roi. Philippe s'efforça de guérir les plaies saignantes de ces nobles et tragiques cités. Il commua la peine de mort des autres conjurés en

Page 1