‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 807 sur 922 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

C'est l'abbé de Gaillac, les chanoines de Saint-Salvi, des moines et des prêtres d'Albi qui les dénoncent au pape comme les auteurs de toutes les infortunes de l'Albigeois. Clément V, ému, nomme les cardinaux Pierre de la Chapelle et Bérenger de Frédol pour recueillir les plaintes, réformer les abus, inspecter les prisons (12 mars). Les cardinaux se rendent d'abord à Carcassonne (1 5 août), ils visitent les tours, destituent les geôliers, donnent de nouveaux gardiens, adoucissent les tourments, musellent les inquisiteurs. Parmi les quarante et un détenus de Carcassonne, on remarque Lambert de Foisset(un petit rameau de Foix), Joan Bauderia, Guilhem Fenassa, parents des conjurés, et trois femmes, Méralda, Galharda et Marchésia. Plusieurs étaient infirmes, perclus de vieillesse. Ils dirent qu'ils étaient affaiblis par l'exiguité des cachots, le défaut de lits, la privation d'aliments et la rigueur des tortures, jusqu'à rendre Vesprit *. Ils font descendre un rayon d'espoir dans les cachots d'Albi, et suspendent TÉvêque, l'irascible Bernard de Castanet. Enfin, ils prononcent l'absolution du généreux et infortuné vidame d'Amiens. Cette justice tardive est le triomphe de Délicios, accompli par Bérenger de Frédol, ordonnée par Clément V.

Clément V inaugura son pontificat par ce grand acte réparateur. Cependant les conjurés albigeois vivaient cachés dans les déserts. Dès qu'ils apprirent l'élection d'un pape aquitain ils eurent un peu d'espoir ; quand ils connurent

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