Archives d'Albi; Gompayré, Mèl hist,, note
3t4 LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
ramnistie, ils sortirent des bois et des rochers. Probi, réfugié en Gascogne près du sénéchal Reynauld de Pecquigny, fils de l'illustre vidame, accourut à Avignon pour obtenir son pardon du Pape. Il y trouva réunis pour le même objet ses anciens compagnons, Garcia, Castanet> Fransa, Joan de Caraman et d'autres chefs d'Albi, de Limons et de Carcassonne. Mais pour arriver jusqu'au Pontife, ils durent s'adresser aux cardinaux, et compter d'avance à Ramon de Goth, neveu de Clément V, 2,000 livres, à Pierre Colonna 500 florins, autant aux autres dignitaires de la cour pontificale. Us n'obtinrent rien de tous ces prélats gascons et italiens, et ils revinrent dans l'Abigeois s'abandonner à toutes les exigences des inquisiteurs. Pendant la négociation Clément a changé : il désavoue Bérenger de Frédol, rétablit l'évêque d'Albi, et lâche la chaîne aux dominicains. Les menaces des inquisiteurs, la joie des peuples aquitains, avaient sans doute effrayé le faible Pontife. Le catharisme s'agitait des deux côtés des Alpes. Le frémissement des Albigeois répondait au soulèvement des Lombards. Les Italiens, insurgés par Dolcino, livrèrent bataille dans les plaines de Novarre. L'inquisition ultramontaine fit main basse sur les vaincus, et les flammes dévorèrent leur chef infortuné. De là sans doute les alarmes de Philippe le Bel et de Clément V*.
Les conjurés retombèrent donc des griffes des cardinaux aux serres des inquisiteurs. Rançonnés