‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 817 sur 922 · Viollet-Leduc · texte numérisé non relu

Viollet-Leduc

au LES ALBIGEOIS ET LlNQUlSITIOiN

espéré de Garcassonne, est mort. Lesjugfis le pressent, ils ne peuvent vaincre ses réticences, ils mandent Tofficial de Limoùs, Hugues de Badafeuille. et le chargent de mettre Bernard à la torture. L'official, toutefois, ne tortionnera pas le frôle vieillard jusqu'à lui rompre un membre ou lui arracher l'âme. Délicios est emmené ; des greffiers le suivent; le tourmenteur instrumente; le vieillard disloqué reste muet. Mais le lendemain, ramené sur son banc, les os brisés, Bernard fait de lui-môme, avec simplicité, avec sérénité, le récit de la conjuration : son entretien à Nîmes avec don Fernand, son accord à Garcassonne avec Patrie, son message vers rinfant à Pla-del-Cos. Il n'en est pas le chef, mais le mandataire tardif. Au surplus, il s'en est expliqué devant Philippe le Bel et Glément V. Il a été absous et par le monarque et par le pontife. Que prétend donc maintenant l'Inquisition *?

Quant au troisième chef d'accusation, l'empoisonnement de Benoît XI, Bernard le repousse avec indignation, avec horreur. Mis de nouveau à la torture, il n'avoua rien, ni avant, ni pendant, ni après les tourments. Son plus âpre tourment ne fut ni la tortion, ni Textortion. Les témoins sont appelés : ce sont ses anciens amis ; les consuls, les syndics, les citoyens dont vingt ans il fut le chef et l'oracle. Nous les connaissoQs tous : Garcia, Probi, Fransa, Delpech, Fenassa, Bauderia, Amat, les deux Marsend ; tous ses complices, sous la terreur, cherchent leur salut, en chargeant, hélas I le tribun et le mar-

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