‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 823 sur 922 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

riosam ecclesiam (1318). Il écrivit à Fédérigo, roi de Sicile, de les expulser de son île. Ceux qui furent pris furent jetés dans les basses-fosses des franciscains orthodoxes ; les fugitifs se dispersèrent en Afrique et en Asie. Cette mysticité joachimite, d'origine cathare, achevait de s'évaporer dans la rêverie germanique. Les inquisiteurs allemands découvrirent une colonie de Spirituels à Crems en Autriche. Comme lesBogomiles et les Albigeois, ils avaient douze apôtres, mais au lieu d'un seul patriarche, ils en avaient deux, qui prétendaient recevoir leur ordination de Dieu même. Ils prétendaient encore que Satan, injustement banni, serait rétabli, avec ses compagnons, dans le ciel. « Si Marie est restée vierge, elle n'a pas enfanté un homme, mais un ange. Pour les Parfaits, plus de Christ terrestre, plus de sacerdoce, plus de sacrements, plus de culte, plus déjeune, plus de prières, mais l'amour pur, l'adoration mystique, éthérée. A quoi bon ces rites cérémoniels par lesquels l'âme débile, comme un oiseau mouillé, montait de branche en branche vers le ciel? Maintenant elle plane dans la lumière, elle possède l'impeccabilité, la pleine béatitude, la vision même de Dieu. Toute perfection comme toute félicité sont contenues dans la possession duParaclet*. » C'était, on le voit, une transformation de l'albigisme, des réminiscences d'Origène et des pressentiments lointains de Fénelon. Un patriarche fut brûlé à Vienne, d'autres à Passau, à Crems. Ils étaient plus de huit mille en Autriche.

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