Villani, X
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d'une grande réputation d'habileté, de science et de vertu, qui prit le nom de Nicolas V. Le joachimisme trôna un moment dans IRome (1328). Mais bientôt Louis de Bavière se réconcilie avec le saintsiége. L'antipape Nicolas vient tomber aux pieds de son rival, Jean XXII. Et les inquisiteurs traquent partout, comme des bêtes fauves, les infortunés disciples du céleste Amour.
Le pape Jean XXII fît faire main basse sur les olivistes. Un grand nombre furent brûlés en 1319, 1 320, 1 321 et 1 322, à Narbonne, Gapestang, Lodève, Lunel, Pézénas etPamiers, et leurs bûchers se mêlèrent avec les bûchers de leurs frères les cathares. L'un des olivistes brûlés à Pamiers (août 1321) révéla que Pierre Trencabel, de Béziers, Béguin du Tiers-Ordre, était comme le chef des Spirituels, qu'il avait ramassé des trésors pour s'enfuir|en Grèce et à Jérusalem, et dérober son Ordre aux orages qui devaient prochainement anéantir Rome et la France*. Quel était ce Trencabel ? Évidemment le petit-fils du dernier vicomte de Carcassonne odieusement spolié par saint Louis. 11 s'était retiré à Béziers, antique domaine de ses aïeux, et populaire par son nom dans la tragique cité, il était devenu, en s' affiliant à leur Tiers-Ordre, le chef laïque des olivistes septimaniens. C'est lui probablement qui recueillit son cousin le vieux Délicios, et chassa les franciscains asservis au pape, de leurs couvents de Béziers. Ainsi le dernier des héroïques vicomtes de Carcassonne combattait encore, à la tête des Joa-