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La preuve, c'est qu'Othon de Terridas, défenseur de

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chevaliers captifs et leur immense butin dans Montauban, et remontent la vallée du Tarn pour couvrir l'Albigeois des incursions d'Humbert qui reparaît vers Lavaur. Humbert recule, et renonçant au siège de Saint-Paul-sur-l'Agout, rétrograde hardiment sur Toulouse. Qui lui donne cette audace? L'arrivée d'une nouvelle croisade. Il s'arrête à Pech-Almari, à Test de la grande cité, où il opère sa jonction avec les archevêques d'Auch et de Bordeaux, et les évêques de l'ouest conduisant un nouvel ost recruté dans la Gascogne et sur les bords de l'Océan. Les chefs de la croisade tiennent conseil à Pech-Almari. La victoire de Montech les a exaspérés à la fois et terrifiés. Ils résolurent, à ce qu'il paraît, d'éviter les combats et de substituer la dévastation à la guerre. Ils réduiront Toulouse par famine, ne le pouvant par bataille. Ils forment le blocus et organisent régulièrement et systématiquement le ravage et l'incendie autour de la grande cité romane. Tous les matins les archevêques célèbrent la messe ; puis les bataillons, armés non plus seulement d'épées mais de pioches et de haches, se rendent jusquesaux glacis, conduits par l'évêque de Toulouse *. Puis, rétrogradant vers le camp, ils exécutent le dégât ; ils coupent les blés, arrachent les vignes, ravagent les vergers, brûlent les cabanes, abattent les tours et les châteaux. De Pech-Almari, Humbert transféra son camp à Montaudran, et après la ré-

Montech et prisonnier des Français, se retrouve, le 6 juillet, à Habastens, à la suite des comtes de Toulouse et de Foix. 1. Guil. de Puil.

gion orientale, il dévasta la région occidentale. Les Toulousains, de leurs remparts, voyaient la poussière et la fumée de leurs campagnes incendiées monter en tourbillons vers le ciel. Du haut des clochers, ils épiaient, ils imploraient le retour des princes libérateurs. Ramon et Roger- Bernard, retardés dans l'Albigeois à recevoir l'hommage de quelques châtelains rebelles ramenés par la victoire de Montech, accoururent au secours de la métropole. Par trois fois, ils fondirent sur les ravageurs, dispersèrent ces hordes et firent des pri-» sonniers et des morts. Toutefois, leurs généreux efforts ne purent empêcher la dévastation qui se prolongea jusqu'en automne. Les archevêques, après avoir puni le comte de Toulouse, voulurent étendre le châtiment sur le comté de Foix. Humbert remonta la vallée de l'Ariége, et mit tout à feu et à sang jusqu'au pas de la Barre, c'est-à-dire jusqu'aux portes mêmes de Foix. De là, il alla hiverner à Garcassonne. La plaine de Toulouse, une des plus fertiles du monde, naguère un jardin délicieux, n'est plus qu'un désert, un sol nu, brûlé, ravagé, bouleversé, comme par un ouragan ou une nuée de Tartares. Tel est le sort réservé au Midi tout entier, l'œuvre suprême de la croisade. Depuis vingt ans, un million d'Aquitains ont péri ! Deux générations ont succombé 1 Maintenant, on ne s'attaque plus seulement aux hommes ; on guerroie contre les troupeaux, on bataille contre les arbres, on dévore la terre. Rome ajoute à la croisade un horrible auxiliaire, la famine qui dévorera les vivants, en attendant l'inquisition qui dévorera les vivants et

ti

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les morts. Ainsi las et brisé, haletant, blessé au cœur, épuisé de force et de sang, le Midi combattait encore, triomphait môme, mais succombait enfin, comme un chevalier frappé dans la défense de ses foyers, et accablé par des brigands dans une forêt, expire sur un tronçon de lance et sous son coursier abattu, et sent vaguement dans l'ombre le souffle de la bête féroce et le vol de Toiseau de proie.

PROPOSITIONS DE PAIX. — l'aBBÉ DE GRANDSELVE NÉGOCIE AVEC RAMON TH. —LE COMTE CONSULTE LES CONSDLS ET SES ALLIÉS. — LE CÉNOBITE SE REND AUPRÈS DE LA REINE. — MÉDIATION DE THIBAUD, COMTE DE CHAM- PAGNE. — PRÉLIMINAIRES DU TRAITÉ. — DÉPART DU COMTE RAMON POUR PARIS.

Cependant Romain de Saint-Ange touchait au terme de sa légation. Rome l'avait envoyé pour exterminer TAlbigisme. Il avait lancé la croisade royale sur le Midi. Quels sont les résultats obtenus? La mort du roi ; le trépas de ses lieutenants, Gui de Montfort, Bouchard de Marly ; Tost décimé par Tépée etrépidémie ; une conquête contestée, des succès douteux, des ravages dans le Sud, des troubles dans le Nord. Grégoire IX, sans doute mécontent, voulut rappeler le cardinal. Mais Blanche réclama son légat ; Romain lui semblait seul capable d'achever la guerre des Albigeois *.

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