LIVRE QUINZIÈME a
mettait l'Esprit, le pain de Vâme, Mais au-dessous de ce sacrement unique, ils avaient un autre rite primitif, l'Agape apostolique qui ài^ivihxjLdLiile pain du corps. Eh bien, dans l'esprit du peuple le symbole eucharistique se putréfiait aussi. « Amiel-Bernard, le jeune écolier, dit (aux inquisiteurs) que comme il passait dans une rue, il entendit deux truands discutant dans l'hôpital de Laurac. L'un de ces truands disait qu'il était aussi bon de communier avec une feuille d'arbre ou du crottin d'âne qu'avec le corpus Christi (l'hostie catholique). Seulement il fallait qu'il fût de bonne foi. L'autre truand reprenait son compagnon. Et ensuite le même témoin (l'écolier Amiel) entendit de l'enfant Pierre Adalbert, dans l'église de Miraval, que son père Joan Adalbert communiait avec la feuille d'une certaine herbe, quand le soleil mourut (ou fut éclipsé). Le même témoin raconta ces choses telles qu'il les avait entendues de la bouche des deux truands, immédiatement après, au clerc Estève, et aux écoliers Bernard Donat et Morgat*. » La superstition croissant, le peuple persécuté dut pratiquer dans les bois ces bizarres eucharisties, au fond desquelles se cache probablement une vague pensée panthéistique. La feuille d'arbre ou d'herbe semble une réminiscence du gui sacré des Druides. Et Joan Adalbert de Miraval voyait certainement, dans cette mort apparente du soleil, quelque symbolisme de la mort et de la résurrection du Christ. Il accomplissait un . acte religieux devant l'agonie de l'astre.