Inq, de Touloiise. Miraval de Lauragais
Ainsi rhumanité déviait monstrueusement. La conscience se voilait de nuages ; Timagination se peuplait de fantômes. Des larves erraient dans ces ténèbres, et l'homme vit Satan assis sur le trône de Dieu. Les peuples fuyaient une terre, autrefois de félicité, maintenant de désolation. L'Italie était, depuis cent ans, Tunique refuge des proscrits occitaniens. « Que nous sert, disaient-ils, de rester dans notre pays? Les cathares n'y sont plus I Quel malheur que Ton chasse ainsi ces fidèles serviteurs du Christ! »— « Depuis que les frères prêcheurs et les frères mineurs, continuaient les autres, sont parmi nous, on ne voit que des orages, on n'entend que des tonnerres ! Du temps des parfaits, on ne voyait presque jamais de tempêtes ni de foudres I » — Et d'autres encore ajoutaient : « Les parfaits avaient des livres en langue vulgaire (ou bulgare?) dans lesquels ils voyaient le vent, la grêle, l'ouragan, avant qu'ils éclatassent dans le ciel * ! » Ainsi ces peuples exprimaient tristement leurs regrets, et les confondaient avec les troubles des éléments et les révolutions des cieux. Ils croyaient naïvement que le bouleversement du monde moral entraînait le bouleversement du monde physique. Cette perturbation des cieux commença en 1264, par l'apparition d'une comète. Cet astre échevelé qui vit l'agonie commençante du catharisme fut témoin, trois siècles après, de l'explosion du calvinisme. Après trois autres siècles révolus, l'astre voyageur va reparaître : que vient-il nous an-