‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 85 sur 922 · GuUh, de Tudella · texte numérisé non relu

GuUh, de Tudella

dernières convulsions, l'agonie suprême de la nationalité romane. Banni de sa métropole, il errait à la suite de la croisade, et se reposait de ses chevauchjées dans l'abbaye de Grandselve, cloître célèbre de l'ordre de Cîteaux, au confluent de la Garonne et de la Save. Après les derniers ravages du sénéchal, l'évêque avait député l'abbé Hélie Guarin vers la reine et le légat pour leur annoncer que l'agonie approchait, l'heure suprême du Midi. Hélie revint, au grand étonnement de Foulques, avec Tordre, non d'exterminer, comme il l'attendait, mais de négocier, et de conclure nonseulement la paix mais encore une alliance matrimoniale entre la maison de France et la maison de Saint-Gélis. Quelle surprise pour le cruel et turbulent vieillard I Le cénobite se rend aussitôt vers le comte ; il ne le trouve pas à Toulouse ; il le suit à six lieues de là vers le levant, au château qui tire de ses bois le'nom ibère de Bazièges S fief patriotique des Baragnon, grande famille consulaire et chevaleresque. Ramon VII aurait dû se défier de ce négociateur inattendu qui, sous sa cagoule blanche et les suavités de son langage monastique, cachait, innocemment peut-être, les implacables calculs du légat italien et de la reine Castillane. Mais, vingt ans d'une guerre exterminatrice ont consterné le comte, désolé le peuple, bouleversé le pays. Ames et terres n'offraient plus que des ruines, et le plus grand de ces débris, c'était le prince lui-même. Ramon VII, neveu de Richard Cœur-de-Lion et

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