Voy. le touchant récit de Froissart
pour faire honneur au jeune monarque. Les Toulousains firent à Gaston une réception triomphale. Suivi de plus de six cents chevaliers pyrénéens, il entra dans la cité tête nue, les cheveux épars, car Une portait jamais de chaperon, et descendit au Castel Narbonnais où résidait le roi de France. Son escorte était composée entre autres de Roger d'Espagne, son cousin, vicomte de Gouseràns, d'Espanh ou Espagnolet du Lion ou d'Alion, descendant de la seconde Esclarmonde de Foix, vicomtesse de Quérigut, et de Jordan de Pérelha *, qui avait été Bayle du comte de Foix, pendant que Phébus voyageait enCourlande et en Laponie. C'est Tarrière-petit-fils du martyr de Montségur, et c'est la dernière fois que sa race apparaît dans l'histoire. Elle s'éteint avec la dynastie comtale à laquelle elle était attachée par quelque office héréditaire de domesticité chevaleresque. Le comte dîna avec le roi, et le monarque le lendemain serendit à l'hôtel du comte qui traita le duc de Touraine, le duc de Bourbon et toute la chevalerie de France. Après le festin, vinrent les esbattements : les Français et les Aquitains s'exercèrent jusqu'à la nuit au saut, à la lutte,^ au tir de l'arc. Le comte donna aux chevaliers et écuyers des princes plus de soixante coursiers, palefrois et mulets harnachés de ses haras pyrénéens. Il gratifia largement leurs hérauts et, prince troubadour, donna deux cents couronnes d'or aux ménétriers de France.
1. Le fils de Ramon de Pérelha s'appelait Jordan et avait transmis à ses descendants ce nom qu'il tenait de son aïeul maternel Jordan de Lantar.