‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 857 sur 922 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

rois, de ducs, de princes, de comtes et de hautes dames; mais je ne fus oncques en nulle qui mieux me plut, et ne vis aucunes qui fussent sur le fait d'armes réjouies plus que celle où le comte de Foix était. On voyait en la salle, en la chambre, en la cour, chevaliers et écuyers d'honneur aller et marcher, et les oyait-on parler d'armes et d'amour. Tout honneur était là dedans trouvé ; toute nouvelle, de quelque pays et de quelque royaume que ce fût, là dedans on y apprenait; car de tout pays pour la vaillance du Seigneur elles y venaient *. » Le comte Phébus mourut à la chasse de l'ours sur les Pyrénées. Il ne manque à ce prince qu'une chose, la gloire de son aïeul Ramon-Roger, la gloire souveraine de vivre et de mourir pour une cause immortelle, une idée éternelle du genre humain. La seconde race de Foix, passée par les femmes dans les maisons de Buch et d'Albret, ces princes des Landes, n'égala jamais la splendeur de la première, bien que brillante encore, et même devenue royale, avant de s'engloutir, comme Toulouse, dans cette dévorante dynastie capétienne.

Vers ce temps-là, maître Jehan Froissart, le chevalier errant de la chronique française, descendant du Nord par la vallée du Rhône, et se rendant à la cour du comte Gaston-Phébus, traversa Garcassonne, fumante du dernier bûcher albigeois. De Carcassonne à Pamiers, il parcourut le pays cathare, Montréal, Fanjaus, Laurac, Belpech, Mazères. De Pamiers, il gravit les rudes collines d'Es-

Page 1