Froissart, Chron
i . Froissart, Chron.
cosse et de Larmissa, se dirigeant par Artigat, le Caria, Daumazan, Montesquieu, vers le Commenges et le Bigorre. Mais ni les tours de Garcassonne, ni l'abbaye de Bolbone,nileGastellar de Paraiers, ni les châteaux de Montagut, de Palhers, de Durfort, de Massabrac, qu'il laissait à sa droite et à sa gauche, sur leurs monticules, ne lui rappelaient les grands souvenirs de la chevalerie cathare. Le chevalier du Lion qu'il prit à Pamiers, à l'hôtel de la Lune, et qui chevauchait à ses côtés, n'eut à raconter au chroniqueur flamand que des histoires de bandits . et de sorciers qui n'étaient probablement que les derniers Albigeois étrangement déchus et entourés d'un renom sinistre et fabuleux. Espanh du Lion lui-même, favori de Gaston-Phébus, ignore ou se garde bien de dire qu'il descend de Bernard de Sô, et delà seconde Esclarmonde de Foix, protectrice, après son illustre tante, de Montségur.Un siècle auparavant, l'ingénieux chevalier eût de colline en colline cadencé, au pas de leurs chevaux, les strophes de l'épopée cathare de Guilhem, l'Homère de la maison de Foix. Deux siècles auparavant, Froissart eût rencontré des troubadours montant, la harpe sur le dos, vers des châteaux hospitaliers où la poésie et la chronique eussent jouté devant la noble dame pyrénéenne. Maintenant plus de troubadours, plus de châteaux poétiques, plus de poésie romane. Foix était désert.; le Castellar de Pamiers, abandonné; le comte tenait sa cour dans le Béarn. A la cour du comte Phébus, poëte comme ses ancêtres, Froissart trouva des ménétriers, mais plus de troubadours. Il trouva la musique, la chronique