‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 864 sur 922 · Glementia de ipsâ Aura · texte numérisé non relu

Glementia de ipsâ Aura

K>é8IB VULGAIRE. — LE CHANT DU BERGER, LE CHANT DU BOUVIER, LA MORT DE JOAMA. — SIGNES DE DBCHÉANCB TIRÉS DE LA LANGUE ROMANB. — LA CATBÉDRALE D'ALBI.

Ainsi, la poésie romane, réfugiée au delà des Alpes, avait constitué pour son héritier et son vengeur le terrible chantre de l'Enfer. Pétrarque aussi fest l'amoureux élève des troubadours. Mais quand l'amant de Laure vint à Avignon, cette héroïque cité, devenue la sentine et la Babylone des papes, il ne trouva plus aux bords du Rhône, ni à Narbonne, ni à Toulouse, un seul poète roman. L'inquisition avait détruit la chevalerie et la poésie, ces deux sœurs. De ce monde poétique et chevaleresque, il ne restait qu'un nom, symbole de l'idéal : romanesque ^\

Mais si la poésie savante, cette ingénieuse et délicate fleur de la civilisation romane, avait disparu avec les cours de Toulouse, de Carcassonne et de Narbonne, il restait dans les villages une poésie vulgaire, rustique, et d'un doux parfum sauvage. Si le châtelain asservi était muet dans son manoir, le faidit indépendant chantait dans les bois, le bouvier solitaire soupirait timidement dans les champs. Le peuple avait gardé sa foi, n'avait point vendu

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