‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 871 sur 922 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

albigeois, dégénéré et dénaturé, dut se fondre dans le brigandage immense des grandes compagnies qui, par de justes représailles, rançonnèrent les papes d'Avignon, et passant les Pyrénées, allèrent, à la suite de Dugueslin, s'abattre, comme une nuée de sauterelles, sur les plaines delà Castille, d'oà était venue l'inquisition, rendant la barbarie à la barbarie. Un poète fait à Dama Clémença le dénombrement des guerriers Mundis qui suivirent le héros Breton. On y retrouve les Roaïx, les Lautrec, les Barravi, les Morlanos» tous les noms des paladins du Paraclet *.

Notre langue conserve encore des traces de l'asservissement aquitain et du despotisme français. De nos jours encore, oc et no s'emploient familièrement, entre amis et compagnons : ils expriment la liberté, l'égalité, la fraternité des républiques méridionales. La croisade apporta le oui et le nani des Normands : ces fermes impliquent le respect, la sujétion ; ils ne se donnent que de l'inférieur au supérieur, du serviteur au maître ; ils sont le signe de la conquête et de la domination étrangère. De plus, le oc et le no entraînent le tu républicain, tandis que le owiet le nani exigent le vous féodal et monarchique. Ces monosyllabes donnent l'attitude humiliée du roman conquis devant le conquérant français 2. La langue, proscrite elle-même comme hérétique, s'est

Page 1