‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 872 sur 922 · Dama Clémença se vos platz · texte numérisé non relu

Dama Clémença se vos platz

2. J'ai ouï dire que dans les hautes cimes (à Rabat), le oui et le nani français sont encore inusités. On n'emploie que le oc et le no roman.

PI

décorée de cette flétrissure, et, dans sa dégradation, a consenti à n'être plus qu'un patoiiés, c'est-à-dire le jargon despatans et des galaupians, des serfs de la glèbe et des bandits de la forêt. Enfin un dernier mot survivant exprime cette longue agonie de l'Aquitaine : Endura. Il exprime le martyre volontaire de l'Albigeois, le pamt/e la tribulation, Veau de r Angoisse, la mort vivante, mais la fidélité à Dieu et l'espoir dans le ciel. C'est le mot douloureux que l'Albigisme lègue à tous les opprimés de l'avenir. Le xv« siècle fut employé par le catholicisme vainqueur à élever le monument de sa victoire. C'est dans la métropole même du vaincu qu'il dressa son superbe trophée. Cet arc de triomphe, c'est Sainte-Cécile d'Albi. Le catharisme avait nié le monde, supprimé le temple de pierre, inauguré le sanctuaire de l'Esprit succédant aux sanctuaires de Garizim et de Jérusalem. Le catholicisme romain attesta sa victoire sur l'Esprit par un magnifique temple matériel. Il mit cent cinquante ans à le construire ; il en chargea l'art italien et le génie des croisades. Sa tour carrée, massive, aux énormes contreforts, semblable à une citadelle, domine à l'ouest, la berge en précipice du Tarn. La basilique s'allonge comme une forteresse vers l'Orient, elle est en brique rouge, pétrie de la cendre et du sang d'un peuple, et cuite au feu des bûchers. Toutes les Églises de la croisade sont faites avec cette fang sanglante, comme si les Pyrénées, qui refusaient de pierres pour leurs cachots, n'en voulaient pomt fournir non plus pour leurs homicides temples. Son épaisse carapace, on le voit, est une armure de

Page 1