‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 40 sur 311 · Ibid. pag. gSo. — Anglia sacra , pag · texte numérisé non relu

Ibid. pag. gSo. — Anglia sacra , pag

5o LF, ROI ÉTIENNi; EST FAIT PRISONNIER,

,i 4 o à découvert, et les os des morts dispersés'. ï^es prélats normands ne se faisaient aucun scrupule de prendre part à ces opérations militaires, et n 'étaient pas les moins.aclifs ni les moins occupés à torturer les Anglais pour leur faire donner rançon. On les voyait, comme dans les premiers temps de la conquête, montés sur des chevaux de bataille, couverts d’armes, la lance ou le bâton au poing , diriger les travaux et les attaques, oü tirer le butin au sort*.

L’évêque de Chester et celui de Lincoln se faisaient remarquer parmi les plus belliqueux. Ce ii4(. dernier rallia les troupes battues au camp d’Ely, et recomposa, sur la côte de l’est, une armée que le roi Etienne vint attaquer, mais avec moins de succès que la première; ses troupes , victorieuses à Ely, se débandèrent près de Lincoln : abandonné de ceux qui l’entouraient, le roi se défendit seul quelque temps; mais, à la fin, obligé de se rendre, il fut conduit à Glocester, aux quartiers de la comtesse d’Anjou, qui, de l’avis de son conseil de

1 . Cœmeterium in caslelli sustollebalur valluin, et corpora mortuoruni rétracta.... (Gest. Steph. reg. p.gSo.)

2. Ipsi cpiscopi Terro occiiicti.... prædas participare... pecuniosos cruciatibus exponerc... invehi equis... (Gesta Stephani , p. 962.)

MATHIU>E i5i,UF, REINE d’aNCEETERRE. 5t

guerre, renferma au donjon de Bristol'.'- Celte n4«* défaite ruina ia cause royale. IjCS Normands du parti d’Etienne, le voyant vaincu et captif, passèrent en foule du côté de Mathilde’. Son propre frère, Henry, évêque de Winchester, se déclara pour la faction victorieuse ; et les paysans saxons , qui haïssaient également les deux partis, profitèrent du désastre des vaincus pour. les dépouiller et les maltraiter dans leur déroute’.

La petite-fille de Guillaumerie-Conquérant fit son entrée triomphale dans la cité de Winchester : l’évêque Henry la reçut aux portes, à la tête du clergé de toutes les églises. Elle se mit en possession des ornements royaux, ainsi que du trésor d’Etienne*, et convoqua un grand conseil de prélats , de comtes , de barons et de chevaliers noi^ mands. L’assemblée décida que Mathilde prendrait le titre de reine, et l’évêque qui la présidait prononça la formule suivante : « Ayant invoqué pre- « mièrement , et comme il convient , l’aide de Dieu

i, Intnrri Bricstowensi. (GcsU Stepli. regis, p. 95a.)

a. Spontè ad comitissæ imperium ' conversis. ( Ibid.

3 . A simplici rusticorum plèbe in malura illius conjurante.... (Ibid.)

4. Regisque caslello et regni coronA, thesaurisque. (Ibid, pag 954.)

5a AnROGARCI! DK LA REINK MATHILDE.

i 4 i.« tout-puissant, nous élisons pour dame de l’An- « gieterre et de la Normandie la fille du glorieux, « riche, bon et pacifique roi Henry, et lui pro- « mettons foi et soutien *.• » Mais l’heureuse fortune de la reine Mathilde la rendit bientôt dédaigneuse et arrogante; elle cessa de prendre conseil de ses anciens amis, et traita peu gracieusement ceux d’entre ses adversaires qui voulaient se rapprocher d’elle *. Les auteurs de son élévation , s’ils lui faisaient quelque demande , essuyaient souvent des refus, et quand ils s’inclinaient devant elle, dit un vieil historien, elle ne se levait point pour eux'. Cette conduite refroidit 1« zèle de ses phis dévoués partisans, et la plupart s’éloignant d’elle, sans pourtant se déclarer pour le roi détrôné, attendirent en repos l’événement'.

De Winchester, la nouvelle reine se rendit à Londres. Elle était fille d’une Saxonne; les bour-

ï . Tnvocatâ primo , ut par est , in auxilium Divinitate , filiam.... in Angliæ Normanniæque dominain eligimus, eique tidem et manuteneraentum promittimus. ( Acta concilii Wint. ap. script, fr. t. XIlI, p. 28.)

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