‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 89 sur 311 · ET LE CLERGÉ ANGLO-NORMAND · texte numérisé non relu

ET LE CLERGÉ ANGLO-NORMAND

plus longue union , quand il donna au corps ec- nS; clésiastique établi par la conquête un pouvoir inconnu en Angleterre. 11 croyait obtenir par ce moyen un accroissement de puissance pei-sonnelle; et peut-être eut-il raison pour lui-même, mais il eut tort pour ses successeurs'.

Le lecteur connaît le décret royal par lequel , détruisant l'ancienne responsabilité des prêtres devant les juges civils , et attribuant aux membres du haut clergé le privilège d’être juges, Guillaume avait institué des cours épiscopales, arbitres de certains procès des laïcs et de tous les procès intentés à des clercs. Les clercs normands , clercs de fortune, si l’on peut se servir de ce mot, ne tardèrent pas à étaler en Angleterre les mœurs les plus désordonnées: ils commirent des meurtres, des rapts, des brigandages ; et, comme ils n’étaient justiciables que de leur ordre, rarement ces crimes furent punis: circonstance qui les multiplia d’une manière effrayante. Dans les premières années du règne de Henry H, on comptait près de cent homicides commis p>ar des prêtres encore vivants.

Le seul moyeu d’arrêter et de punir ces désordres était d’abolir le privilège ecclésiastique établi par le conquérant, et dont la. nécessité temporaire

Voyez liv. VI.

l’indépendance du clergé

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iS-j avait cessé, puisque les rébellions des Anglais

“5, n’inspiraient plus beaucoup de crainte. C’était une réforme raisonnable ; et en outre , par un motif moins pur, pour l’agrandissement de leurs propres juridictions territoriales, les gens d’épée la désiraient, et blâmaient la loi votée par leurs aïeux dans le grand conseil du roi Guillaume I".

Dans l’intérêt de la puissance temporelle dont il était le souverain dépositaire, et aussi, on doit le croire, par des motifs de raison et de justice, Henry II songeait à exécuter cette réforme'; mais pour qu’elle s’opérât facilement et sans troubles, il fallait que la primatie de (^aiiterbury, cetleespèce de royauté ecclésiastique, tombât entre les mains d’un homme dévoué à la personne du roi, aux intérêts de la puissance royale et à la cause des barons contre les gens d’église. Il fallait en outre que cet homme fût peu sensible au plus ou au moins de souffrance des Anglais indigènes; car l’absurde loi de l’indépendance cléricale, autrefois dirigée spécialement contre la population vaincue, après lui avoir beaucoup nui lorsqu’elle résistait encore , lui était devenue favorable. Tout serf saxon

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