‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 13 sur 44 · T1ISI H-CH I-H0ANG-TI · texte numérisé non relu

T1ISI H-CH I-H0ANG-TI

l’exila; acte encore plus surprenant en Chine que partout ailleurs. Les lettrés lui firent à ce sujet de perpétuelles remontrances. L’empereur leur défendit. sous peine de mort, de lui reparler de sa mère : la défense fut mal observée; ceux qui n’en avaient point tenu compte périrent.

Thsin-chi-hoang-ti se rendit tout puissant; tout tremblait à sa parole. Cette nature grande, terrible, ennemie de toute opposition et des mœurs efféminées, était cependant venue à propos. Hoang-ti fut à la fois le Louis XI et le Napoléon de son pays.

L’empire était déchiré par les princes vassaux; il tombait en dissolution, il touchait à sa fin. Hoangti combat les rois, les ducs, les princes qui méprisaient son autorité; les soumet, détruit leur puissance, et l’empire chinois se relève dans l’unité et reprend toute sa force.

Ces hommes extraordinaires, ces tyrans détestés, surtout des grands qu’ils abaissent, sont parfois les envoyés de la Providence et les sauveurs de la patrie.

Thsin-chi-hoang-ti substitua aux rois et aux ducs qui gouvernaient les diverses provinces de l’empire, des préfets et des gouverneurs : il voulut que les apanages, que les récompenses ne fussent jamais une cause de démembrement pour ses États. Il désarma les provinces qu’il avait soumises. Ensuite, il s’occupa du travail et des travailleurs.

Il fit agrandir, embellir sa capitale; ouvrir de grandes routes, jeter des ponts sur les torrents et les rivières, dessécher les lieux marécageux, con-

OfIKOlS.

struire la craxdk muraille sur la frontière de la Tartane. Des multitudes d’ouvriers travaillèrent et vécurent de ces travaux, et ainsi ils servirent l'État dans la paix comme ils rayaient servi daos b guerre* Celui que les lettrés, les grands, les richi appelèrent le tyran, le peuple le proclama son sauveur et son ami.

On peut le croire, quand de grandes tyranniesSf fondent, cest que le peuple souffre; c’est quel& lumières du siècle, c’est que les banalités morales des lettrés et des riches ne lui ont pas donné du travail et du pain ; c’est que, malgré une apparent de modération, de philanthropie, d’esprit de tolérance répandue de toutes parts, l’égoïsme est plafond, et que la situation du grand nombre est intolérable . Alors se fait sentir la nécessité des changements ; alors se manifeste l’en traînement du peuple vers les choses nouvelles, quelles qu’elles soient, rien n’étant pire à ses yeux que le slatu-quo, que le calme trompeur qui le tuent sans bruit et sans éclat.

Mais, cet empereur, que les historiographes de cour faisaient descendre du grand Hoang-ti, afin qu’on oubliât l’écuyer et la roture d’oii il était sorti; cet empereur qui avait fait do si grandes choses, en fit d’horribles aussi ; il lit brûler les livres, sans a excepter le Chtm-kinq y œuvre vénérée!... 0 prétendait par là faire oublier les dynasties qui l’avaient précédé, et rendre éternelle celle dont il était le chef.

Les lettrés protestèrent contre de tels actes: ils

TllSlPï-CUÏ-HOAWG-TI.

répandirent a profusion des remontrances et des pamphlets. L’empereur s’irrita davantage, et sa cruauté n’eut plus de borne : il fit tuer, en un seul jour, quatre cent soixante lettrés. Le fils aîné de l'empereur lut exilé de la cour pour avoir fait entendre à son père quelques observations.

Je ne m’étendrai pas davantage sur la vie et les actions de ce gigantesque usurpateur.

L’empereur étant décédé, celles de ses femmes qui n’avaiènt point eu d’enfant, ainsi que ses concubines, reçurent l’ordre de se donner la mort sur sa tombe : elles l’exécutèrent : Cei usage barbare était importé de la Tartane.

Des intrigants de cour placèrent sur le trône le jeune fils de l'empereur. Le fils aîné, ainsi que le général Moug-îim qui avai t consacré sa vie au service de l’empire,eurent ordre de se donner îa mort; et comme ils se trouvaient loin de la capitale et qu'ils ignoraient que l’empereur n’existait plus, ils se montrèrent obéissants. « Voilà donc, dît le

* brave général, la récompense de tous les succès « qui ont couronné mes travaux au service de trois « souverains de la famille de Thsin* Je n’ai rien tait

* jusqu’ici qui puisse mériter de justes reproches. « On connaît mes exploits; qu’on sache encore que « je meurs avec toute ma vertu. »

Le nouvel empereur, que nous ne prendrons pas la peine de nommer, avare et débauché, n’inspira que le mépris. Les provinces sc soulevèrent, des ambitions nouvelles se produisirent, des armées fortes de plusieurs centaines de mille hommes sc for-

CHINOIS

nièrent et se combattirent : la dynastie Thsin , i peine formée, cette dynastie que son fondateur avail cru rendre éternelle, fut emportée par le premier souille des révolutions.

Dynastie de* llan

La dynastie des Ban, fondée par Liêou-pam.

lomme sorti du peuple, à qui dix-sept grandes!* î tailles avaicm ouvert le trône, fut installée. Liée* pang régna glorieusement sous le nom de Kio.

tsou (202 av. J.-C.j. Les grands vassaux essayèrent de se relever, mais il lès dompta, et l’empire conserva son unité,

Kao-tsou eut plusieurs successeurs dignes de lui: Sous Hoeï-tj les décrets contre les livres sontrévoqués; ies lettrés sont remis en honneur (lj)4av. J.-C.). On fait de laborieuses recherches, et l’on retrouve des exemplaires ou de nombreux fragments des livres les plus précieux.

Sous \ kn-ti, les recherches continuent; des savants et des savantes se produisent (198 av. J.-C.); le Chou-king est retrouve tel que nous le possédons aujourd hui. bien n’est plus sage que les ordonnances et déclarations de ce parfait empereur ; nous en reproduirons quelques-unes ailleurs.

Sous Vou-ti, l’empire s'affermit encore et étend ses relations au loin (156 av. J.-C.J, Les études sa Tel évent, brillent, et Sse-nut-thsian, le grand liistfl* lien, 1 Hérodote de la Chine, paraît. Je ne cite pas - toutes les célébrités de cette époque.

Le successeur de Vou-ti fut Tchao-ti (67 av.

KÀO-TSOl!.

J.-C,). Ce prince, tout dévoué à rinlérêt public, tïï prélever sur les riches un emprunt forcé en grains, pour venir au secours des pauvres* Il conclut la | paix. avec les Tartares. Sa vie Fut très courte.

Siouen-ti le remplaça (73 av. Ce fut, <üt-

| on, un bon prince. Mais les grands faisaient souffrir le peuple.

L'audace des grands n’eut pas de frein sous Yocan-tï, prince très faible (Mî av. Aussi

Koung-yu, un sage du pays, se permit-il de lui adresser, à l'occasion (Tune mauvaise année, une remontrance fort remarquable et fort instructive, que nous nous faisons un plaisir de reproduire ici :

« bans Y antiquité tout était déterminé sur certaines règles; dans le palais de nos empereurs les femmes ne passaient pas le nombre de neuf; le nombre des chevaux it'allailqu'k Mut ; les murailles étaient propres et bien enduites, mais sans ornements; le bois en était luisante! poli, mais sans sculptures. La même simplicité s'observait dans leurs charriotset dans tous leurs meubles* Leur parc n'avait que quelques lieues d'élendm* T et l'entrée en était libre à toute sortes de personnes. On leur payait la (îtm# (ou le dixième du revenu) dos terres; c'est tout ce qu'ils en tiraient. Chaque famille fournissait par an trois journée d’homme; il n'y avait point d'autres corvées. Cent lieues de pays faisaient le domaine propre de l'empereur; il tjrail la d 1 me du resle de 1 %m pîre. Toute$ les t unii11es étaient à leur aise, et l'on célébrait à fenvi ces temps fortunés par des chants harmonieux.

« Dans des temps très voisins du notre, on a vu nos an- [êtres Kao-tsoc, Yen ti, Kîxi;-ti, imiter d'assez près l'an- | tiquité. Le nombre de leurs femmes n'était guère que de dt®; les chevaux de leurs écuries n allaient guère au-delà I rieM. L'empereur Vuf^n est celui qui a le plus appn> 1 riiè de la simplicité antique. Ses habits étaient d'etoffe 1 simple et grossière; su chaussure de cuir brut. Jamais or,

' argent, m sculptures ne couvrirentses meubles

CHINOIS

u Les choses ont bien changé depuis* Non-seu!eim& chaque empereur a enchéri en Tait de dépenses sur s-; prédécesseurs, mais le luxe a gagne tous les ordmk l’empire. C'est à qui sera le plus magnifiquement vêtn,li plus proprement chaussé, à qui aura la plus longue épi; ou le plus beau sabre, Enfin chacun use sans façon à w qui n'était autrefois propre qu’à l'empereur; aussi, parai! il pour dnnnerune audience, ou sort-il pour quelque draJ monie, si on ne Je connaît pas d’ailleurs, on a de lapeia à le distinguer. C’est en vérîLé un grand désordre ; eu qu’il y a de pis encore, c'est qu’on ne s’en aperçoit pL ;

Autrefois* comme aujourd’hui, c'était dans le rcyaor de Tsi qu’on fabriquait les étoffes et les habits [iourli cour. Il y avait trois officiers députés pour cet objet, çti suffisaient, car ces étoffes et ces habits ne formaient f dix grandes balles. Aujourd’hui (40 ans av. J.-C.) étoffes occupent dans le même royaume (ou province)d* officiers et des ouvriers sans nombre. Cette seule dépens mon te par an à quelques centaines de mille onces d’argent (Il C’est à Chou et à Kouang-han que se travaillent, pouit cour, les meubles d’or et d’argent, il en coûte pour é cinq millions d’onces d’argent par an (environ 3 d mMi® de francs). 11 faut cinquante 'millions d’onces d’argent pt an (330 millions de francs), pour entretenir à votre ex les intendants de vos ouvrages et les ouvriers qu’ils efr: ploient, soit pour vous, soit pour rimpératrice- Y* nourrissez dans vos écuries près de dix mille chevm ils consomment bien du grain. Il sort fréquemment! chez l'impératrice (je l'ai vu moi-même plus d’une fc des tables non-seulement riches et bien servies, mais dm gées de vaisselle d'or et d’argeut. Ce sont des présent qu’elle Tait aux uns et aux autres, et souvent à des p qu’il ne convient pas de traiter avec tant d'honneur. U dépenses de P impératrice sont très grandes.

le peuple est dans la misère. Un grand nombre de v-Q&f® très sujets meurent de faim ; jdimeurs deme urent sans * pulture, servent de curée aux chiens , el cela, pendant f vos écuries sont pleines de chcvaui nourris de grains, i gras et si fringants pour la plupart, que, soit pour If-

(1) L’once d'argem vaut en Chine un peu pins dé 7 notre monnaie*

YÜLURG-TI. - 77

I faire perdre de leur graisse, soit pour les dompter, on est obligé chaque jour de les promener pour les fatiguer un peu. Les choses doivent-elles donc se passer ainsi sous un prince que le ciel, en le mettant sur le trône, a établi le père et Ta mère du peuple? Ce ciel est-il donc aveugle?

« En ce qui concerne votre dynastie, c'est proprement 1 sons Vnu-îi qu'ont commencé les dépenses excessives. Il l fil chercher dans rempire le plus grand nombre qu'il put du belles jeunes filles, dont il remplit sort palais. L'on en J mmpl a jusqu’à plusieurs mille , Sous Tchao-ti, jeune et fai- ■ ble, le ministre llo-kouang eut toute l'autorité. Le ministre insensé, après avoir amassé dans le palais des mou- $ «èaitï d'or, d'argent et de bijoux, fit rechercher partout on grand nombre d'oiseaux, de poissons, de tortues, de bteufs et chevaux extraordinaires, de tigres, de léopards | et d’autres bêtes féroces, pour remplir des étangs et une ménagerie dans rinlérieor du palais, destinés à servir de divertissements aux femmes.

<* Depuis ce temps-là, le mal n'a fait que s'accroître.

Sous Siquan-ti, c f était d qui aurait te plus de femmes. Tel grand de Vempire en eut des centaines. Il en fut de même chez tous les gens riches. A Fin ter leur, c'étaient des femmes en grand nombre occupées à déplorer leur sort ; à Textetiour, une foule d'hommes fort inutiles. Un officier, par exemple, d'un rang médiocre, entretenait pour son plaisir quelques dizaines de comédiens. Le peuple cependant souffrait* Il mourait beaucoup de monde; et l*on eût dît que îon prenait à tâche inut à la fois de peupler les sépultures d de dépeupler l* univers. Le mat a commencé par ta cour, wtùs il est devenu presque général* Voilà où en soûl aujourd'hui les choses, et je n'y puis penser sans une profonde douleur.

“ Jiaconjure V, M. d'imiter les vertueux empereurs de antiquité, eiquelques-uns de vos ancêtres ; de retrancher les deux tiers des dépenses de votre cour, en meubles, en babils et en équipages. Le nombre des enfants que vous pouvez espérer ne dépend pas du grand nombre de vos j femmes. Vous pouvez en choisir sur ce nombre une ving- ' Urne des plus vertueuses, et renvoyer le reste chercher des maris. Quarante chevaux dans vos écuries, c'est assez. De tous ces parcs qui sont si vastes, réservez-eri un, si vous

i ^ Htl lez; DONNEZ TOUS LUS AUTRES A CULTIVE H AU PAUVRE PEU¬ PLE. Dans un temps de misère et de stérilité comme celui-

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* CIUSOEâ.

ci, k^jjjrtranchemeDtsq-ue je propose ue sont-iis indispensables? Pouvez-vous n'ètre pas sensible h. eeqie souffrent vos peuples, et né pas penser efficace meut à la soulager; serait-ce répondre au dessein du ciel ? Ce ciel, quand il fait naître des rois, c'est pour faire le bonheur de peuples. Son intention n'est pas de mettre un homme en éiai de se livrer à son gré à tous les plaisirs, « Ne présume « pas trop, cüL le Litre des vers a, ceux qui régnent, i <t ce que le ciel a fait en votre faveur ; il peut vous m « ver des revers fâcheux. Régner comme îi faut n*est va * chose facile. Le Souverain suprême vous examine deirt « près. »

La remontrance que nous venons de reproduira doit éclairer le lecteur sur beaucoup de points relativement à la Chine; elle prouve aussi que b rois, que les grands donnent l'exemple de tous la vices, et que leur luxe, leurs prodigalités,le raffiné ment de leurs jouissances, sont le signe certain de li misère du peuple. Excès de luxe, excès de misères, > montrent en même temps aux yeux des population

A la remontrance que nous avons soumise à noi lecteurs , et qui doit les faire réfléchir* ajoo tons un fragment de celle-ci, que l’on doit à un autre auteur, nommé Kouang-hûung, et qui s'adre$ également h. L'empereur Youax-ti ;

« Prince, voici quelles sont aujourd'hui les mœurs d* votre empire : on y fait grand cas des richesses, mais R» peu de ta vertu. Le désintéressement, la pudeur, la tempérance sont très rares, principalement à la cour. Leslo les plus naturelles et les plus communes y sont renversés L'alliance l'emporte sur le saug. Parmi vos ministres && officiers, le grand nombre est formé de gens qui ne p sent qu à profiter de vos faveurs pour s'enrichir, Ypi* ch sont les choses. Telle est la source des maux qui pigent T Etat Ç'esï à quoi il faut penser pour y remédier sans cela vos amnisties sont fort inutiles,

« La cour est communément la règle des mœurs m

YOUAN-TJ.

]'Etat, Que les grands soient charitables et libéraux, les larcins etl es violences cesseront. Que la justice, Ja ienijié- ' taace, la modestie, la douceur, soient à la cour, bientôt ru- | mm régnera parmi le peuple. Que si les vices régnent à I la cour, de lu ils se répandent dans tout l'empire avec tant I de facilité qu'il S corrompent tout. Si on voit des grands ofr fîciers abuser de leur faveur et trafiquer de l'autorité du j prince à son insu, bientôt ce ne sera parmi le peuple que ' vols et brigandages.

h Ouvrez uu large chemin aux remontrances; recherchez les hommes de mérité ; honorez surtout les gens désintéressés, droits et sincères ; et bannissez devolre cour tous les flatteurs. »

Toutes ces remontrances si pleines de vérités et d’enseignements furent sans effet sur l'esprit (le l’empereur, et le ma! ne fit que progresser.

Tching-ti succéda à Youan-ti (en 32 av.

il fui ivrogne et débauché, et l'empire s’affaiblit considérablement. Il fil périr les hommes courageux qui avaient osé lai faire dés remontrances. Il unissait en lui la faiblesse à la violence, deux qualités qui semblent s’exclure, et qui marchent presque toujours de compagnie.

Ensuite, règne Gat-ti, puis Hiào-pikg-ti, Celuici fut empoisonné par son régent, qui lui succéda sous le nom de Vang-hang, et fit naître la dynastie 5m,qui commença et finit dans la personne de l'usurpateur.

Les révolutions sont fréquentes dans l'ancienne Chine. On a vu le peuple renverser Ti-cm du trône et y élever Yao, son frère.

Tai-kang est renversé du trône par les grands, et Tchouk-kakg, son frère, le remplacé; Siakg est renversé par son ministre Y, qui s'impose au peuple ;

CHINOIS

niais le règne de celui-ci dure peu, il est assassin et son assassin se fait empereur; Kie, le Néron ih la Chine, est renversé par Tcïiing-tiiang ; Cnior par Vou-vàng, Les Tchêou disparaissent devait les Tksin , les Thsin devant les Han ; ceux-c devaient disparaître devant de nouvelles familles. Des oncles, des tuteurs, des régents , empoisonnent, assassinent leurs neveux, leurs pupilles, m dont ils doi vent défendre les intérêts, et s'emparent a travers le sang, les ruines elles misères publiques, de la suprême puissance.

Aux familles régnantes succèdent de nouvelle (amibes; aux dynasties qui croulent de nouvel^ dynasties : parfois l'empire s'affaisse, parfois il & relève; il y a alternative de bons et de nmufé règnes, de temps tolérable et d'époques calamiteuses.

Les guerres, les révolutions, font répandre 1 sang et verser d'abondantes larmes, et en ce seti: elles sont déplorables; et pourtant ou ne peut b condamner d'une manière radicale, absolue, Quanti ces fléaux éclatent, c'est souvent pour chasser de plu grands fléaux; c’estF éclair, c'est le tonnerre, c'eslk tempête enfin qui chasse les miasmes empestés, renouvelle l'air, et redonne aux êtres raction et U vie. Sans les révolutions, sans la substitution dü dj* nasties vigoureuses à des dynasties pourries, àe té généreux à des rois méprisables, du principe do bien au principe du mal qui s'était imposé pari» ruse et trônait dans l’ordure, dans la corruption ni la dégradation* le monde ne serait plus le moud?

nrvou m>\>.

les hommes auraient cessé d’être depuis longtemps. O f est régotsme, c’est rptgueil, ce sont les crimes, les péchés des hommes qui rendent les révolutions nécessaires; et ce sont les révolutions qui viennent sauver les hommes et leur ouvrir une nouvelle voie et de nouveaux horizons*

La religion des Chinois était imprégnée d’une philosophie toute populaire; ou plutôt, n’étant que la vraie philosophie elle-même, la multitude lui dut beaucoup. Mais la Chine était proche de l'Inde, la religion de Bouddha, des castes, de l'inégalité native devait y pénétrer, et jeter dans I esprit des populations la superstition, et quelque chose qui est l’opposé de la vie.

Nous sommes assez avancé dans l 1 histoire de la Chine; nous en avons parcouru les phases les plus diverses, et la poursuivre plus avant, ce serait vouloir nous répéter. Cependant , sans avoir à h reprendre et à la su ivre pas à pas, nous y reviendrons quand il en sera temps ; nous aurons à donner des détails sur son gouvernement, sur ses lois, sa religion, son industrie et son commerce; nous en tirerons des enseignements, d’utiles comparaisons, et nous serons aussi complet que la nature de cet ouvrage pourra nous le permettre.

Passons dans Plnde maintenant et disons cc que furent, dans ses premiers temps, son peuple et sa

civilisation.

INDIENS

jPrcmlorx temps.

Les Chinois des premiers temps, bien qu'ils ai* massent le merveilleux, les formes fantastiquesü les naissances miraculeuses, n’ont pas pour cela m> gli^é le côté positif des choses. Ils se sont occupa avec passion de l'agriculture, de l'industrie, des découvertes, des arts, des sciences, surtout de h science du gouvernement, et leur histoire, maigre les outrages d un empereur, est encore ce qu’il va de plus suivi et de plus instructif. Chez les Indien* il en est autrement.

Les Indiens ont négligé le mouvement pour demeurer en extase et en contemplation. Leurs qualités physiques cl agissantes ont été sacrifiées à 11magination et u la rêverie; et l’amour des agents célestes, de la nature, et de l'humanité divinisée et mal entendue, engendra l'idolâtrie, détruisit dm eux le nom, la force, l'activité, la puissance de l'individu : l’homme devait s'identifier en Dieu, s^tb*

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