‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 16 sur 44 · LES SEPT CLASSES. COMMUNAUTÉ DE BIENS · texte numérisé non relu

LES SEPT CLASSES. COMMUNAUTÉ DE BIENS

méats nécessaires à l'agriculture et h d'autres usages de la vie*. *

« La cinquième classe est celle des militaires, elle est la seconde pour le nombre* Dans les temps de paix, ils s'abandonnent à l'oisiveté et an jeu. Tous les soldats, ainsi que les chevaux et les éléphants de guerre, sont nourris aux frais du trésor royal.

ü La sixième classe comprend les éfhores (sorte de commis); ce sont des hommes chargés d’inspecter et de surveiller tout ce qui se passe dans l’inde, et d’en faire un rapport au roi ou aux magistrats, si l'Etat n'est pas monarchique *

« La septième classe est cette des sénateurs qui délibèrent en conseil sur les affaires publiques; c'est la classe la moins nombreuse, mais la plus distinguée par la noblesse de son origine et par sa sagesse, Les uns sont les conseillers des rois, les autres, tes administrateurs de l'État et les chefs des tribunaux; enfin, c’est parmi eux que sont choisis les gouverneurs et les magistrats suprêmes*

« Telle est à peu près la division de l’état politique des Indiens, Il est défendu à chacun de se marier en dehors de sa classe, de changer de profession ou d'exercer deux métiers à la fois . De telle sorte qu'un soldat ne peut labourer la terre, ni un artisün enseigner la philosophie. »

Joutes les terres appartiennent au roi ou à lÉtat; le travailleur ne peut rien posséder; £[ paie pour les terres une redevance» et verse en plus, dans les magasins publics, le quart de la récolte P il a faite* C'est l'Étal qui doit nourrir tous les lu, 6

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guerriers, presque aussi nombreux que les cultivateurs; il doit aussi nourrir toutes les autres classa qui travaillent pour lui. C’est aux laboureurs ^appartient d’activer les productions et de remplir h greniers de l’Etat, qui sont les greniers de tous, Chacun doit rester dans sa classe ; les enfants doivent toujours faire ce qu’ont fait leur père. Il faut qu’un magistrat reste magistrat, qu’un pMIosopl reste philosophe; et si un artisan d'une haute capscité etd*un cœur généreux veut raisonner, la loi punira; car on ne doit pas sortir dos attribution* que le hasard de la naissance impose à tous.

Les philosophes indiens appelaient cet arrangtment social, cette communauté singulière, un esoâfitf sans esclaves, nne société où chacun vit en liber!et dans l’égalité; et Diodore, un savant auteur,» laissant prendre à des mots, trouve cela fort extraordinaire et par trop sublime.

Dans les premiers temps de l’Inde, la division pü classes n’existait certainement pas; et lorsque ce£!e division, que Ton doit aux prêtres, fut réalisée, fi vit encore, malgré mille entraves, des hommes du peuple se manifester, relever la race soüdfft, b classe pauvre; régir avec gloire de vastes Étatstl élever de grands monuments. Ce fut dans les époque les plus reculées, et sous l’administration dôS&üfr dras, qu’eut lieu la construction du temple iïï loua , creusé dans les montagnes et dans le roc, et deplusieurs autres édifices dont on vante les béante en tous genres. Ces monuments sont maintenu attribués aux dieux, et cela prouve que les Indien-

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actuels tic se sentent nullement capables défaire des œuvres aussi belles.

Du temps d'Hérodote, les Indiens avaient déjà perdu de leur puissance; du temps de Biodore , encore plus, quelles que fussent les prétentions de leurs sages, qui n'étaient autres que les brahmanes. La division par classes existait; le peuple était devenu un bétail; ïï ne lui était pas permis de mêler son sang au sang des classes gouvernantes, et Diction* était bien renseigné sur beaucoup de points, mais il était incomplet sur plusieurs autres ; il ignorait les principes essentiels du gouvernement. Comme nous possédons des matériaux que les anriens ne connurent pas; comme les Lois de manou, antique et précieux monument, sont arrivées de l'Inde en Europe à travers les océans, faisons connaître k nos lecteurs l’esprit de ces lots, dans lesquelles la sublimité de la forme et la perversité du fond éclatent souvent au même degré,

Manou est le Moïse des Indiens; personne tfa Imité, après le législateur des Hébreux f avec autant d’élévation de Dieu et de la création. Ainsi que Moïse, Manou reçoit ses lois de Dieu, et les transmet aux hommes. Mais Moïse est toujours populaire; l’égalité entre tous les hommes sert de fondement h sa doctrine, Manou, après un beau début, arrive à la multiplicité des dieux, à la diversité des races, d'oii naîtront les superstitions et les ténèbres. Toutefois, iï est bon de prêter à un tel sujet toute notre attention.

IjmiENS*

Voici comment parle Manou fi J:

« Ce monde était plongé dans l'obscurité; imperccnti* Lie, dépourvu de tout attribut distinctif 1 ne pouvanl n être découvert parle raisonnement, ni être révélé; il semblait entièrement livré au sommeil.

u Quand la durée de la dissolution fut à son terme, alun le Seigneur existant par lui-mème , et qui n'est pas à fî portée des sens externes, rendant perceptible ce rnA avec les cinq éléments et les autres principes, resplendi* sant de l‘éclat le plus pur, parut et dissipa l'obscurité, c'est-à-dire développa la nature.

« Celui que l’esprit seul peut percevoir, (pii echapp aux organes des sens, qui est sans parties visibles, életml, ràmé de tous les êtres, que nul ne peut comprendre, déploya sa propre splendeur

« Ayant résolu, dans sa pensée, de faire émaner de si substance les diverses créatures, il produisit d'abord te eaux, dans lesquelles il déposa un germe.

« Ce germe devint un neuf brillant comme l'or, eue éclatant que l’astre aux mille rayons, et dans lequel Itlit suprême naquit lui-même sous la forme de Bhàilka, Ym de tous les êtres.

« Après avoir demeuré dans cet œuf une année ï< Brahma, le Seigneur, par sa seule pensée , sépara cetflBflf en deux parts, et, de ces deux parts, il forma le ciel cl lï terre; au milieu il plaça P atmosphère, les huit régions c* lestes (2), et le réservoir permanent des eaux,

a 11 exprima de S'âme suprême le sentiment...... d

avant îe sentiment et la conscience, il produisît le grand principe intellectuel, etc.

« L'Etre suprême assigna aussi, dès le principe,àdiaqfc créature eu particulier, un nom, des actes, et unemanp de vivre, d'après les paroles du Véda.

(I) Les Lois de Afanou se divisent en douze livres f etelb forment un travail considérable. La traduction dont je me «ft est celle tic M. Loiseleur Deslongchamps,

(S) Les ■quatre points cardinaux et les quatre points intcnnidtalres.

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