‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 17 sur 44 · CRÉATION OL* MONDE · texte numérisé non relu

CRÉATION OL* MONDE

« Le souverain Maître produisit une multitude de dieux essentiellement agissants, doués d'une àme, et une troupe invisible de génies * et te sacrifice institué dès le cornmencemenL

ti 1S créa le temps et les divisions du temps, les constellations, les planètes, les fleuves, les mers, les montagnes, les plaines, tes terrains inégaux ; la dévotion austère, la parole, la volupté. In désir, la colère, et cette création, car il voulait donner l'existence à tous les êtres.

a Pour établir une différence entre les actions, il distingua le juste et l'injuste, et soumit ces créatures sensibles au plaisir et à la peine, w

Une multitude de dieux et de génies ont été créés; sous combien de formes diverses devra-t-on les adorer! Mais continuons; i! y a ici quelque chose de frappant ;

«Lorsque le souverain Maître a destiné d'abord tel ou tel être animé à une occupation quélconqu e, cet être ^accomplit <ie lui-même toutes les fois qu'il revient au monde. Quelle que soit la qualité qu'il lui ail donnée en partage au moment de la création, la méchanceté ou la bonté, la douceur ou la rudesse, la vertu ou le vice, la véracité ou la fausseté, celte qualité vient le retrouver spontanément dariiles naissances qui suivent.— De même que les saisons, dans leurs retours périodiques, reprennent naturellement leurs attributs spéciaux, dé même les créatures animées reprennent les occupations qui leur sont propres. 1 »

Ainsi, l’homme méchant rtc peut point se corriger? U conserve éternellement sa méchanceté. Il aieurt, il revit; les mêmes vices l’attendent pour se loger encore en lui; s’il a exercé une profession pénible, s'il a végété, souffert, il peut encore mourir et renaître, les mêmes souffrances lui sont fatalement, éternellement réservées. Par contre, l'homme de vertu , l’homme heureux ne peut déchoir; il retrouvera toujours sa vertu et son bon-

INDIENS

heur. Pour les uns, le bonheur toujours ; pour te autres, un malheur sans fin. Quelle loi L,. Mais celte loi n'est pas toute fois aussi absolue qu’on pourrait tt croire; nous le démontrerons ailleurs. Poursuivons;

« Cependant, |>t*ur 3a propagation tîe la race hmam de sa bouche , th $an , de sa cuisse et de son F mil

produisit le uraumane, le kcuatriva, le vaïsya elle soiima.»

Ce que nous venons de reproduire n’est qm l’argument ou le sommaire de la création; les details de cette création sont ensuite repris dès le commencement. Analysons :

Brahma sort de l’œuf, crée le ciel et la terre, t\ P atmosphère. Brahma se fait mâle et femelle, et engendre Viradj. Yiradj, le divin mâle , a produit Manou. Manou donne naissance à dix saints éminents, seigneurs des créatures. Ces saints crée ni sept autres Manous, les dieux et leurs demeures,^ des maharchîs doués d’un immense pouvoir.

Ils créent ensuite les gnomes, Les géants, te vampires, les nymphes, les Titans, les dragons ,h serpents, les différentes tribus des ancêtres divins, les éclairs, les foudres, les nuages, les arcs colorés d’indra, les météores, les trombes, les comètes,te étoiles de diverses grandeurs,..; les singes, les pote sons, les oiseaux, le bétail, les bêtes sauvages, te hommes, les animaux carnassiers, les vers, les sauterelles et tous les insectes.

Quand Brahma eut formé par lui-même ou psi ses créatures privilégiées cet univers, il se repoefy * remplaçant le temps de la création par le frflip* de fa dissolution. »

origine, attributions des classes*

Origine «les c1unn«§. Ltari atirlbutlou».

Malgré quelques paroles qui se contredisent, la création des hommes revient à Brahnm; laissons parler le texte sacré des Indiens :

« Pour ta conservation de cette création entière, 1 Cire souverainement glorieux assigna des occupations différentes àmix qu'il avait pmduïtàdesa bouche, de son bras, de sa cuisse et de son pied .

« [| donna en partage aux brahmanes (les prêtres) i étnde et renseignement des Yédàs (livres sacrés), 1 accmnplissement du suerilice, la direction des sacrifices offerts par d’autres, le droit de donner et celui de recevoir,

a 11 imposa pour devoir au kchatriva ( le guerrier ) de protéger le peuple, d'exercer la charité, de sacrifier, de lire les livres sacrés, et de ne pas s'abandonner aux plaisirs des sens,

« Soigner lçs bestiaux, donner Paumêne, saenher, étudier les livres saints, faire le commerce, prêter à intérêt, labourer la terre, sont les fonctions allouées au vaisva (le labo iireu r-co m m e rçan t).

« Mais le souverain Maître n'assigna au Sûedra (le prolétaire) qu’un seul office, celui de servir les classes précédée les, sam déprécier leur mérite. »

Le prêtre sort de la bouche de Dieu; le geerkier île son bras ; le commerçant ou maître laboureur de sa cume , et le prolétaire de son pied; comment ne serait-il pas éternellement écrasé sous les autres classes, celui dont la naissance est si basse? Pauvre prolétaire

Le prêtre a fait la loi ; rien de si grand que le prêtre! La loi dit :

* Pur son origine, qu'il tire du membre le plus noble, jmreo qu’il est né le premier, parce qu’il possède les saintes écritures, le brahmane (le prêtre] est de droit le seigneur de km Le cette création.**. L'in tel ligenea gouverne dans la l'er so nue du h ra h m an e .. Tout ce q ne I e m o n de re n le rm e

nrîmî! Jn U< ; ique 1° rte la l ,l '"P riélé du brahmane ; par a primogemture et par sa naissance éminente, il a droit i tout ce qui existe... Un brahmane parvenu au ternied« sac TY st 'e roi de cet univers... JtaSÏÏÏ;

jMrant, un brahmane est une puissante divinité , Li • bkaiimahe est le sejcseüb i>e toutes les classes. . '

Le prêtre fait cependant à côté de lui une place au guerrier. Manou dit :

le ™ÎÎT ,W ’ ls ?- sont / éc / arés Ia base * et les «nita le sommet du système des lois... Les kchatriyas ne m-

ne tinL Pr0S ^ rerSaDS les totoaum; les brahmanes ns wX ,2f f ?? rar . , f M « kchatriyas ; en s unissant, k

£ü* «*SS&*ï militaire s ' élèvmt dm<, \

Les prêtres et les guerriers gouvernèrent; h; troisième classe, celle des vaïsyas, sorte de tiers: état, n eut aucune part a la direction des aflaira publiques , et voici quelles furent ses attribution

hir^^, VA * S j AH> a P r êsavoir reçu Je sacrement de l'investih u cor dun sacre, et après avoir épousé une fmmtè

d»îtî^ C asSe F*J™* doiL toujours s'occuper avec m 'v n e profession et de l'entretien des bestiaux. ïoc w eI etî 1^ Seigneur des créatures, après avoir cm en confia le soin au vaisya, et «top kdmtr%a aCe kuimim sou * la mdh du bimane d à

« Qu'i! ne prenne jamais à un vaisya la fantaisie de Ai/*? ™'veuœ plus avoir soin des bestiauœ ; et lorscoü est disposé à s en occuper, aucun autre mortel ne deilp niais en prendre soin,

? Qu il soit bien informé de la hausse ou delà baissé du L™ pi T res Précieuses, des perles, du corail, du fer, a tissus, des parfums et des assaisonnements ; qu'l! / ( ie ? de la manière dont il faut semer les graines,

et des bonnes m mauvaises qualités des terrains; qm connaisse aussi narlaitemeut le système complet dès msures et des poids, la honte et les défauts des marchai dises, les avantages et les désavantages des ■ différente loritrees, les bénéfices ou la perte probable sur h rcnt*

attributions i>es classes

des objets, et le moyen d'augmenter le nombre des bestiaux.

« H doit connaître les gages qu'il faut donner aux domotiques et les différents langages des hommes, les meilleures précautions à prendre pour conserver les marchandises^ et tout ce qui concerne Tâchât et la vente* Qu'il fasse les plus grands efforts pour augmenter sa fortune d'une manière légale, et qu'il ait soin de donner la nourrilure à toutes les créatures animées. i>

On voit que le vaisya devait posséder de grandes connaissances ; il était l'agriculteur, le commerçant, et la société n'était alimentée que par ses soins.

Au-dessous de ragricuïteur-commerçant, il y avait la quatrième classe, la classe servile, méprisée, et voici remploi que la loi lui assigne :

« Une obéissance aveugle aux ordres des brahmanes versés dans la connaissance des saints livres, maîtres de maison et renommés pour leur vertu, est le principal devoir d'un soumia , et lui procure le bonheur après sa mort. Un soudra pur d'esprit et de corps, soumis aux volontés des classes supérieures, doux en son langage, exempt d'arrogance, et tf attachant principalement au# hrahmaneSyoltient une naissance pltis relevée* „.\}n somuuquï ne trouve pas Poccaskm de servir des dwîdjas (des membres des trois premières classes), peut se livrer, pour vivre, aux travaux des artisans, si sa femme et ses enfants sont dans le besoin ; qu'il exerce,de préférence les métiers corame celui de charpentier et les différents arts, comme la peinture, parle moyen desquels il peut servir aux dwidjas.*-.

a Un sot.-on a qui désire se procurer sa subsistance, et ne trouve pas l'occasion de s'attacher à un brahmane, peut servir un kchatrlya, ou bien, à défaut de celui-ci, qn il se procure des moyens d'existence en se mettant au service dira riche vaisya* . t

& Qu'il serve un brahmane dans F espoir d obtenir le ciel, ou pour le double motif de se procurer sa su bsisl an ce tin ce monde, et la félicité dans l'autre; celui qui est tiosigné comme le serviteur d'un brahmane, parvient au but de ses désirs-

fi'

I MH EN S*

« Servir un brahmane est déclaré raclion la plus louable pour un sou (Ira ; toute autre chose qu'il peut faire est pour lui sans récompense.

« Le reste du riz apprêté doit lui être donné, ainsi que les vêtements uses, le rebut des grains et les vieux meubles.

« Un soudra ne doit pas amasser des richesses superflues, même lorsqu'il en a le pouvoir ; car un soudra, torsqu'il a acquis de la fortune f vexe ks brahmanes par son insolence,..

a Un soudra T acheté ou non acheté , doit remplir des fm& lions serviles; car il a été créé pour le service des urautiANES par l’être existant par lui-même.

« On soudra. bien qu’affranchi par son maître, n'est pas délivré de l'état de servitude; car, eet état lui étant naturel, qui pourrait l’en exempter?»

Cependant le soudra, bien qu’indignemeat traité, n'est pas complètement esclave : il se marie, il devient père, U dispose de ses enfants, qui liériteni - de lui, il peut s'attachera qui bon Jui semble, il peul se faire artisan; mais son état est bien pénible;il doit vivre méprisé, et le caprice de ses tyrans peul lui faire éprouver tous les maux.

Les brahmanes, les kchatrïvàs et les vaisyas avaient reçus le baptême, la tonsure et Yinitiatie/n, et formaient les classes privilégiées. Les soudras, repoussés des principaux sacrements, étaient la classe non régénérée. Cependant, des trois autres classes, deux seulement étaient parfaitement unie&c’étaieni celle des prêtres et celle des guerriers- La classé commerçante subissait le dédain, et on la rejetait parfois vers la classe servile, Manou dit :

« Que le roi mette tous scs soins à obliger les vaistasêI les soudras à remplir leurs devoirs; car si ces hommes s t car t aient de leurs devoirs , ils seraient capables m BOULE¬ VERSER LE MONDE »

Page 1