‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 3 sur 44 · CHU · texte numérisé non relu

CHU

la

des »ia» et îles ÿ (ou des barbares). » Le Chou-king.)

Chun ajoute :

« O vous grands des quatre montagnes, si quelqu'un de vous est capable de bien gérer les affaires de l'empereur, je le mettrai ù la tête des ministres, afin que l’ordre et la subordination régnent en tous lieux. Tous lui présentèrent Pé-yu t qui était Se-kong (il dirigeait les constructions de digues et de canaux)* Alors l’empereur adressa la parole à Yu, et dît : en conséquence de ce que les grands proposent, je veux qu'outre la charge d’intendant des ouvrages pour la terre et pour les eaux, vous soyez le premier ministre de l'empire. Yu fit la révérence, en disant que ce poste convenait mieux ù Tsi, ou à Sie, ou à Kao-yao, L'empereur lui dit : Allez, obéissez. » (Le Chouking,)

L'empereur dit encore :

k Ki, vous voyez la misère et la famine que les peuples souffrent ; en qualité de heou-tsî (ministre de l r agri culture), faites semer toutes sortes de grains, suivant la saison.

w Sie, iunion n’est pas parmi les peuplés, et dans les cinq États il y a du désordre; en qualité de selon (ministre de la guerre), publiez avec soin les cinq instructions; soyez doux et indulgent,

Kao-yao, les étrangers excitent des troubles. Si parmi les sujets de Hia (la Chine), fi se trouve des voleurs, des homicides et des gens de mauvaises mœurs, vous. Kao-yao, en qualité déjugé (ministre de la justice)* employez les cinq règles pour punir

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les crimes par autant de peines qui leur soient proportionnées. » (Le Ghou-king*)

L’empereur, après avoir consulté Jes grands, nomme Choui à la direction des travaux d’art, bien qu'il s’en défende en disant que d’autres sont pins capables que lui, Chun le remercie de son obser¬

vation, et lui dit : Obéissez.

Ces travaux comprennent : t° l’art de travailler Je bois; 2° Fart de travailler le métal; 3° fart de travailler la pierre ; 4° l’art de travailler les peaux; 5° Fart de préparer et d’appliquer les couleurs; fi* part de façonner la terre pour eu faire des vases ou autres ustensiles. Après de nouvelles informations, Chun donne à V l’intendance des montagnes, des forêts, des lacs, des étangs, des plantes* des arbres, des oiseaux et des animaux : il donne à Pé-y la direction des cérémonies religieuses; et dit à Kouei :

(t Kouei, je vous nomme surintendant de la musique ; je veux que vous l’enseigni ez aux enfants des princes et des grands ; faites en sorte qu’ils soient sincères et affubles, induldents, complaisants ei

graves ; apprenez-leur à être fermes, sans être durs ni cruels; donnez-leur le discernement mais qu'ils ne soient point orgueilleux: expliquez-leur vos pensées dans dos vers, et composez-en des chansons entremêlées de divers tons et de divers sons, et aceordez-lës aux instruments de musique. Si les huit modulations sont gardées, et s’il n’y a aucune confusion dans les différents accords, les esprits cl les hommes seront unis, — Kouei répondit : quand

cnn.

quand je trappe ma pierre soit fortement , soit doucement, les animaux les plus féroces sautent de joie. » (Le ChoUrktftÿ *)

L’empereur dit a Long : « Lai une extrême aversion pour ceux qui ont une mauvaise langue; leurs discours sèment la discorde, et nuisent beaucoup à ce que font les gens de bien ; par les mouvements et les craintes qu'ils excitent, ils mettent le désordre dans le public. Vous donc, Long, je vous nomme na-yen de F empire (censeur général). Soit que vous transmettiez mes ordres et mes résolutions, soitquc vous me fassiez le rapport de ce que les autres disent; depuis le matin jusqu’au soir, n’ayez en vue que la droiture et la vérité* » (Le Chot/rf^fig *)

Après avoir nommé ses neuf ministres , L empereur dit :

« O vous qui êtes au nombre de vingt-deux, soyez attentifs, et traitez, selon les conjonctures des temps, les affaires de l'empire, » Le Chm-Ung ajoute : « Une fois tous les trois ans Cbun examinait la conduite des mandarins (les fonctionnaires publics). Il punissait les coupables, et récompensait ceux qui s’étaient bien comportés; parce moyen il n'y avait personne qui ne travaillât h se rendre digne de récompenses, »

« Ch un, dit encore le Chou-Idng, avaiL trente ans lorsqu'il fut appelé pour être employé à la direction des affaires de l'État; il resta dans ce poste pendant trente années; cinquante ans après il monta fort loin et mourut. »

C'est-à-dire qu’il était resté Imite ans dans la vie

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privée, qu’il fut trente ans premier ministre, cinquante ans empereur, et qu’ai nsi il mourut à l’âge de cent dix ans.

in.

Vu succéda à Cîmn en 22,'iü avant notre ère. A peine monté sur le trône , il publia les ordres et les instructions de l’empereur Cbun, ainsi que les entretiens que Chun avait eus dans les conseils avec ses ministres, et dans lesquels Yu avait luiméme souvent pris la parole. Ces entretiens déjà rédigés à l’avénement de Yu, et qu’il ne lit que rendre publics, sont fort beaux ; rarement les rois et leurs ministres raisonnent de la sorte ; et nous sentons le besoin de les faire passer sous les yeux de nos lecteurs, rien n’étant plus instructif et plus intéressant.

« Yu dit : Quand leprince peut surmonter les difficultés de son état; quand un ministre ou sujet peut également surmonter les difficultés de son état, l’empire est bien gouverné; les peuples marchent avant peu dans le chemin de la vertu.

« L’empereur Chun dit : Cola est juste, des discours si et si vnus no doivent pas être ciiches^ les pratiquer, ne pas laisser les gens sages dans les lieux déserts et inconnus, mettre l’union et la paix dans tous les pays, porter son attention sur tous les peuples, sacrifier ses lumières et ses vues à celles des autres, ne pas maltraiter ni rebuter ceux qui sont hors d’état de faire des plaintes, ne pas abandonner les pauvres et les malheureux ; voilà les

vertus que l'empereur Yao pratiquai (Le Chouking,)

Le ministre Y admire la vertu de Yao.

« Yu répondit : Celui qui garde la loi est heureux, celui qui la viole est malheureux ; c’est la même chose que l’ombre et l’écho.

<t Y dit : Hélas I il faut veiller sur soi-même, et ne cesser de se corriger : ne laissez point violer les lois et les CGutuinesdei’Étai; fuyez les amusements agréables ; ne vous livrez pas aux plaisirs des sens. Quand vous dormez des commissions aux gens sages et expérimentés, ne changez pas ce que vous leur avez dit. Ne balancez pas à éloigner de vous ceux qui ont des mœurs dépravées. Si dans les délibérations vous voyez des doutes et des points difficiles à déterminer, ne concluez rien d’abord; attendez que vous soyez intruit de l’état des choses; assurez-vous de la certitude de vos jugements par des réflexions mûres et prolongées. Ne vous opposez pas aux choses prescrites parla raison pour rechercher les louanges et les suffrages du peuple : tic vous opposez pas aux désirs du peuple pour suivre vos propres penchants. Si vous êtes appliqué aux affaires, les étrangers viendront de toutes parts se soumettre à vous avec obéissance.

(( Ah J s’écrie Yu avec transport, pri nce, pensez-y bien; la vertu est le fondement ou la base d’un bon gouvernement , et ce gouvernement consiste iVabord à procurer au peuple les choses nécessaires à sa subsistance et à sa conservation , c'est-à-dire. I ran, le feu , les métaux ? le bois* ta terre ou le soi et

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tes grains- U faut encore penser à le rendre vertueux, H ensuite à Myrocurer l'usage utile de toutes ces choses, M faut enfin le préserver fie ce qui peut nuire à sa santé et à sa vie. Voilà neuf objets qu'un prince doit avoir en vue pour se rendre utile et recommandable. Ces neuf points doivent être la matière des chants, Quand on enseigne on emploie les éloges ; quand on gouverne, on emploie l'autorité. Ces neuf sortes de chants servent à animer et h exhorter ; et c'est ainsi que l’on conserve le peuple.

« L’empereur Chun dit alors à Yu : l’approuvé ce que vous dites. Depuis que vous avez achevé les ouvrages pour remédier aux dégâts de l'inondation, le ciel peut procurer ce qu’on doit attendre de lui. Les six sortes de provisions et les trois affaires sont en état : on est en sûreté pour tous les âges; et c’est à vous, Yu, qu'on est redevable d'un si grand bien, n (Le Ckou king.)

Ce fut dans ceüe admirable conférence que Chun offrit à Yu la première charge de l'État, avec le dessein de lui laisser l’empire un jour. Poursuivons et laissons-Je encore parler :

0 L'empereur dit : Venez, Yu. Je règne depuis trente-trois ans; mon grand âge et ma faiblesse ne me permettent pas de donner aux affaires toute l'application convenable; je veux que vous ayez une autorité souveraine sur mes peuples; faites donc vos efforts pour vous acquitter dignement de cet emploi,

* Yu répondit : Ma vertu est insuffisante pour gouverner; le peuple ne m'obéirait pas. Il n'en est

pas de même de Kao-yao ; ses talents sont au-dessus de ceux des autres; le peuple les connaît, et son inclinât ion est pour lui; c’est à cela surtout que l'empereur doit réfléchir* Soit que je pense à la charge que vous m’offrez, soit que je la refuse, soit que j’en parle et que je tâche de dire nia pensée avec toute la droiture et la sincérité possible, j'en reviens toujours à Kao-yao t et je dis toujours que le choix doit tomber sur lui* Vous, qui êtes sur le tronc, pensez au mérite de chacun*

« L’empereur dit : Kao-yao, les mandarins et le peuple gardent les réglements que j’ai faits* Vous avez la charge déjugé; vous savez vous servir à propos des cinq supplices, et vous employez utilement les cinq instructions; ainsi l’empire est paisible; la crainte de ces supplices empêche de commettre beaucoup de fautes qu’il faudrait punir; le peuple tient un juste milieu, c’est it vos mérites qu’on le doit; ne devez-vous pas redoubler d’efforts ?

* Kao-yao répondit : Les vertus de T empereur ne sont pas ternies par des fautes* Dans le soin qu’il a de ses sujets, il fait voir beaucoup de modération ; et dans son gouvernement , la grandeur d’âme éclate. S'il faut punir, la punition ne passe pas des pères aux enfants ; mais s'il faut récompenser, les récompenses s'étendent jusqu'aux descendants. À l’égard des fautes involontaires, il les pardonne, sans rechercher si elles sont grandes ou petites.Les fautes commises volontairement, quoique petites en apparence, sont punies* Dans le cas de fautes dou-

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leuses, la peine est légère; mais s'il s'agit d'un service rendu, quoique douteux, la récompense est grande. Il aime mieux s’exposer a ne pas faire

OBSERVER LES LOIS CONTRE LES CRIMINELS, QUE DR FAIRE METTRE A MORT UN INNOCENT, Une VCrtU qui

sc plaît ainsi à conserver lu vie des sujets, gagne le cœur des peuples; et c'est pour cela qu’il est si exact à exécuter les ordres des magistrats.

« L empereur dit * Tout se passe d'une manière conforme à nies désirs; l’ordre est dans les quatre parties de l’empire; c’est un effet de votre bonne conduite.

« L’empereur dit : Venez, Vu. Quand nous eûmes à craindre de la grande inondation, vous travaillâtes avec ardeur et avec droiture; vous rendîtes les plus grands services, et vos talents ainsi que votre sagesse se manifestèrent dans tout rempire. Quoique dans votre famille vous ayez vécu avec modestie, quoique vous ayez servi l’État, vous n’avez pas cru que ce fût une raison pour vous dispenser de travailler; et ce n’est pas une vertu médiocre. Vous etes sans orgueil; il n’est personne dans Fempire qui, par ses bonnes qualités, soit au-dessus de vous. Nui n a fait de si grandes choses; et cependant vous ne laites pas valoir ce que vous faites. Personne, dans Fempire, ne peut vous le disputer en mérite. De là, quelle idée ne dois-je pas avoir de votre vertu ! Je ne puis me dispenser de louer vos services. Les nombres écrits dans le calendrier du ciel vous désignent pour monter à la dignité de prince de rEmpim. » fie Chou-kinip)

Yt,

Yu dit à F empereur que les ministres qui ont rendu de grands services doivent être examinés un a un; qu’il faut consulter les sorts, jeter les yeux sur la grande tortue, et choisir le plus digne. L'empereur répond qu’il a lait tout ce qu’il fallait* Yu fait la révérence en refusant toujours, g Alors l'empereur lui dît : Ne refuse/, pas; obéissez. » Et Yu fut adjoint à l’empire. A la mort de Chun, il régna en sa place.

Que d'intérêt dans cette conférence ! quels beaux préceptes de politique, de morale et de philosophie! Ils peuvent instruire les peuples et les gouvernants de tous les temps et de tous les pays...* Combien les ministres de nos prétendues royautés constitutionnelles et leurs chefs sont petits à coté de ces anciens Chinois !...

Yu avait été dans son emploi la providence du peuple. Voîci comment il rendait compte à Cbun de tous ses efforts ; reproduisons encore ces paroles, elles peignent l'homme de bien et les malheurs de son temps :

* Ah I empereurl que puîs-je vous dire, tous les jours je m’efforce de bien faire... Quand la grande inondation s’éle ra jusqu'au ciel ; q uand elle environna les montagnes et couvrit les lieux élevés, le peuple troublé fut submergé par les eaux ; alors je montai sur les quatre moyens de t ranspor t ( 1), je suivi aies mo ntagnes et je coupai les bois avec Y; je lis des provisions de grains et de chair d’animaux pour faire subsister

(1) Voitures, barbues, chevaux, Je ne sais quoi encore.

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les peuples* Dans les neuf parties de l'empire, je ménageai des lits pour les rivières, et je les fis couler vers les quatre mers fl j* Au milieu des campagnes, je creusai des canaux pou r communiquer avec les rivières* Àîdéde Tsi, j’ensemençai les terres,et, h force de travail, on en tira de quoi vivre* en joignit la chair des animaux aux poissons, et les peuples eurent de quoi subsister* Par mes représentations, je vins à bout de faire transporter des provisions dans les endroits qui en manquaient; et en ayant fait des amas, je fis Faire des échanges; ainsi Ton eut partout des grains* a Le Chon-king.)

Il y a des savants qui prétendent que cette grande inondation de la Chine est b même que celle dont la Bible nous parle*

On voit que Yu T dans son ministère, déploya de grands talents et un zèle a toute épreuve : il continua , dans sa charge d’empereur, de donner tous ses soins à son pays, et il le délivra en partie des maux qui Paflligeaienl.

Le peuple avait choisi Yao pour rélever à Peinpire. Yao nomma Chun pour lui succéder, bien qu’il fut le fils d’un père sans esprit, d’une mère méchante, et le frère d’un orgueilleux ;Cliun nomma Yu* Ces empereurs faisaient ainsi ces choix au préjudice de leurs propres enfants , qu’ils ne jugeaient pas capables et dignes de gouverner* Ils ne faisaient cas que du mérite,

(i) La Chine était alors entourée de mers qui se sont retirées depuis, ou se sont desséchées. Des coquillages restés sur le soi te prouvent.

vu.

Vu était le tils rte Rouen, le fonctionnaire prévaricateur. Le père avait été puni de ses fautes, te fils fut récompensé rte ses vertus; et cela prouve que Kaoyao, le ministre de ïa justice, ne mentait pas lorsqu'il disait à l'empereur : «La punition ne passe pas des pères aux, enfants. » Voilà quelque chose d'admirable, qui, malheureusement, ne devait pas se conserver longtemps dans sa pureté.

Yu, dans sa vieillesse, fidèle h f exempte de ses prédécesseurs, avait désigné le ministre Y pour lui succéder à l’empire; mais les grands ne tinrent nul compte de sa volonté. Ils proclamèrentKi, son fils, et à partir de ce jour l'hérédité fut consacrée dans les familles impériales.

Il y avait eu Cependant des dynasties avant Yao ; mais leshîstoriens ch i nois en tiennent peu do compte ; et ils regardent comme la première dynastie celle de Yu, connue sous le nom de dynastie Hiu ou Vu.

Nuçcesseii rü #le Tu ? ou dyiinitUe Uln.

Le règne de Ki fut un règne sans gloire (2197av. J.-C.J ; le règne de son fils f ai-kang, fut également nul (2188 av, J.-C,). Le Cfiourking nous parle en ces termes du petit-fils de Yu :

«11 était sur le trône comme un mannequin ; IV mour «lu plaisir lui avait fait abandonner le chemin de la vertu. Malgré fa version que les peuples avaient conçue contre lui, il no pensait qu’à satisfaire ses passions. Étant allé à la chasse, au-delà du Lo,cent jours se passèrent sans qu'il revînt.

« Alors les cinq frères du roi suivirent leur mère,

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et allèrent l'attendre à l'embouchure du Lo. Dans ïe chagrin ou étaient ces cinq fils, iis composèrent chacun un chant qui contenait les avis et les préceptes du grand Yu.

« Le premier d’entre eux dit :

« Voici ce qui est écrit dans les documents de notre auguste aïeul :

« Aver. de la tendresse pour le peuple; ne le méprisez pas; il est te fondement de l’Etat. Si ee fondement est terme, I empire est paisible. Si je considère bien l'état de 1 empire, un mari ignorant et grossier, et une femme ignorante et grossière, peuvent être au-dessus de moi.

« un homme tombe trois fois dans des fautes, attendra-t-il que les plaintes soient publiques pour penser à se corriger? Avant que cela soit, il faut être sur ses gardes. Ouand je me vois chargé de si innombrables populations je crains autant que si je voyais des rênes pourries employées pour atteler Six chevaux. Celui qui commande aux autres, ne doit-il pas toujours craindre.

« Le second d’entre eux dit :

« Selon les enseignements de notre auguste aïeul au dedans 1 amour excessif des femmes, au dehors, l’amour excessif de ces grandes chasses, la trop forte passion pour le vm, pour la musique déshonnête, pour les palais élevés, et pour les murailles ornées de peintures, sont sixdélauts dont un seul peut perdre un royaume. »

k Le troisième d’entre eux dit :

« Depuis la mort de Tao-tang (Yao), la demeure des rois a ete a Kl, et parce qu’ou n'a gardé ni sa doctrine, ni ses lots, le trouble s est mis dans son gouvernement, ou a perdu cette ville. *

« Le quatrième d'entre eux dit :

h Notre aïeul, par son application continuelle à la vertu devint célébré, et fut le maître de tous les États. Il a laissé des réglés invariables, et un vrai modèle de conduite à ses descendants. Cependant le Tchî, qui doit être partout en usage, et le Kiim, qui doit servir pour légalité, sont

TÀI-KÀNG.

renfermés dans le trésor (1). On a abandonné sa doctrine et ses lois. C'est pourquoi il n'y aplus de salle pour honorer les ancêtres, ni pour faire les cérémonies elles sacrifices.»

« Le cinquième d’entre eux dit :

Hélas! que puis-je faire? la tristesse m'accable; les populations me haïssent ! à qui donc puis-je avoir recours? Le repentir est dans mon cœur, la honte sur mon visage* Je me suis écarté de la vertu ; mais mon repentir peut-il réparer le passé? » (Le Chou+king.)

Ces plaintes des cinq frères réunis; ces reproches tantôt directs , tantôt indirects, produisirentils quelque changement sur la conduite du roi? On peut être convaincu du contraire. Mais des murmures plus terribles se faisaient entendre; le danger s'accroissait*

Y, seigneur de Kiong, profitant de l’indignation des peuples, avait fait garder les passages de la rivière pour empêcher son retour, » {Le Chou-king.)

Tai-kang perdit enfin le trône, et Tchong-kàng, son frère, fut mis a sa place (vers 2159 av. J.-G>). Mais les chefs de cette famille ne montrèrent plus que des faiblesses et des vices, et après une assez longue succession de rois, la dynastie fut renversée dans la personne de Kie, malgré l'affection que le peuple portait à la mémoire de Yu, son fondateur.

Dyiiadlle l ou l'n.

A la dynastie de Ilia, ou Yu, succéda la dynastie de Chang, aussi appelée Yn, qui s’éleva au trône dans la personne de Tching-lhang (1766 av. J.-C.).

« TcEisG-TnAXG, après avoir fait fuir Kïe-nantchao, craignant de ne pas avoir suivilesrëgles de la

Î) Le fcfri et le kinn sont les étalons des poids et mesurer

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vertu, dit : J'appréhende que dans les temps a venir on ne parle mal de ce que j’ai fait.» (Le Chou king ,)

Son ministre Tchong-hoei le rassure contre de telles craintes* et lui prouve que ce qui est utile au peuple est véritablement légitime. Le roi se rendit fa* cîlement àses raisons. Il consulta souvent les grands et le peuple, et son régne fut glorieux.

Il eut pour successeur son peti-fils TaJ~kia, qui, d'un caractère indolent, et adonné aux plaisirs, inspira de sérieuses craintes. Il eut un bon ministre, V-yn, qui l'encourageait h suivre les traces de son aïeul. Il lui disait :

« Prince, regardez avec crainte votre état de roi; si dans ce poste vous ne vous comportez pas en roi, vous déshonorez votre aïeul,

« La paix ou la bonne administration règne oü règne la vertu; si celle-ci manque, tout est dans le trouble et la confusion.

« Le roî, votre prédécesseur, travailla sans relâche à se rendre vertueux, et if put être comparé au souverain seigneur (le Chang-ti, ou Dieu suprême). Prince, puisque vous lui succédez, ayez les yeux attachés sur lui.,,

«Ne méprisez pas les occupations du peuple, considérez-en les difficultés; ne vous regardez pas hors de danger sur le trône, coneevez-en au contraire tout le péril.

« Hélasî on ne doit pas compter sur une faveur constante du ciel ; il peut révoquer son mandat. Si votre vertu subsiste constamment, vous conserverez le trône ; mais le trône est perdu pour vous, si

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