PAN-KENG. VOL-TISG
vous n’êtes pas constamment vertueux, »(Le Chmir
king.)
Le ministre Y-yn, à force de soin et de vigueur, ramena le jeune souverain dans le bon chemin, et ce règne ne fut pas sans gloire.
Il y eut une longue suite de rois peu célèbres; Pàn-keng devînt enfin chef de Pèmpire (1401 av, J,-G*) et montra de la force et de la capacité. Sous ce règne il y eut une famine de sept ans.
Les grands s’amollissent; les rois se succèdent, et la corruption s’étend.
Von -ting règne en 1324 av, 11 désire le
bien, mais il n’est pas secondé : il ne peut trouver un seul appui dans les hautes classes, 11 lui faut cependant un bon ministre. Le roi connaissait un artisan capable et droit, il aurait voulu se Passoeier; mais comment le faire venir h la cour? 11 use de finesse : il a vu, dit-il, dans un songe, celui que le ciel destine à siéger à son côté. Ce rêve donne le change; on fait des recherches. Partisan -ministre est découvert; le roi le place à ses côtés sans que les grands en murmurent.
Le rot ayant dît à Fou-yué, son nouveau ministre, ne craignez pas de me redresser , Fou-yué lui répondit :
« C’est par ia règle et le cordeau que le bois devient droit; si le roi se conforme aux avis des sages, il pourra devenir parfait, u (Le Chou-king.)
On voit que le ministre-artisan n'avait pas oublié les termes de son premier état, mais sa simplicité
CHINOIS
ne nuisait en rien à sa haute intelligence, et ses bm conseils servirent le peuple et le roi. II disait à son souverain :
ut La paix et le trouble dépendent des mandarins de divers ordres. Les emplois ne doivent pas élre donnés à ceux qui ne suivent que leurs passions et leurs intérêts privés, mais à ceux qui ont de la capacité et qui ont en vue le bien public; les honneurs ne doivent pas être conférés aux méchants, maïs aux sages.
* Pensez au bien avant d'agîr, mais sachez choisir le temps pour le faire. » (Le Chou-kmg.)
Un autre ministre du même roi lui disait aussi:
« Ce n'est pas le ciel qui perd les hommes, les hommes se perdent eux-mêmes en transgressant ses lois éternelles. » (Le Chou-Ring*)
Mais que peuvent les leçons de quelques sages quand une dynastie veut se perdre?
Les rois succèdent aux rois, et le mal gagne toujours. Le peuple est négligé ; l'indolence, la débauche, F égoïsme, la cruauté siègent dans la cour ei dans les palais des grands, et le Chang-ti (ou Dieu suprême) abandonne les rois qui ont abandonné la vertu.
Le dernier roi de la dynastie de Yu, fut Kie; le dernier roi de la dynastie Chiûg-thang sera Cbeou^ sin.
Les nombreuses injustices de Cheou-sik avaient soulevé I indignation généralei le peuple murmura, et en même temps, T un des grands vassaux de l'empire, Weng-vang, agrandissait son État par des cou-
CHEQU-SliV ET WE.NG-VAflti, 31
quêtes p ut s’attachait le cœur dus populations. Tsou-y, un sage, saisi de frayeur, vint en hâte à la cour afin d’en avertir le roi ; il dît :
« Fils du ciel, le ciel a révoqué le mandat qu’il avait donné â notre dynastie Yn. Les hommes supérieurs et la grande tortue n’annoncent rien d'heureux. Ce n’est pas que les rois nos ancêtres uou salent aba n d o n n és, nous, le urs d es ce nda n ts ; c’est vous, roi, qui en vous livrant à toutes sortes d’excès, êtes la muse de notre ruine. Parce que le ciel nous a rejetés, nous ne vivons plus en paix, nous ne pensons pas à ce que la conscience dicte, et nous ne gardons aucune règle,
« Toutes les populations désirent notre destruction , et disent : Pourquoi le ciel ne détruit-il pas cette dynastie? Pourquoi ses grands décrets ne s’exécutent-ils pas par l’expulsion du roi que nous avons? Tel est l’état des choses,
« Le roi dit : hélas ! hélas ! ma vie n’est-elle pas déterminée dans les décrets du ciel ?
« Tsou-y se retira en disant : Hélas f hélas 1 avec des crimes si publics et si multipliés, peut-on espérer de conserver le mandat du ciel ? c’en est fait de la dynastie de Y n, elle est perdue ; tout ce qui sc passe annonce la ruine de votre royaume. » (Le Chou-king*)
Ouei-tse , frère du roi T frappé des dangers de la situation, exhale ainsi ses craintes et ses chagrins :
« Grands dignitaires, petits dignitaires, chefs de l’empire, la dynastie Yn ne peut plus gouverner les quatre parties de l'empire. Les grandes actions de