DEJOCES SE FAIT ROI DES NÉ DES. 1Ï
, refusa dès-lors de monter sur son tribunal, se plaignant do ce qu’il était obligé de négliger ses propres .ïfMres pour aplanir les différends d’autrui. Les i brigandages et l’anarchie troublèrent les bourgades. Les Modes s’assemblèrent alors; ils tinrent conseil sur leur état actuel. Les amis de Déjocès jparlèrent sur la nécessité de nommer un roi, et les Mèdes se laissèrent persuader. On délibéra sur le choix à faire, et tous les suffrages se réunirent en faveur de Déjocès : h Il fut élu roi, dit HérodoLe, <Tun consentement unanime (710 av. JL-C.). »
Déjocès commanda qu’on lui construisît un palais conforme a sa dignité, et qu on lui donnât des gardes pour la sûreté de sa personne. Il eut tout ce qu’il désirait.
Il ordonna qu on lui bâtît une ville, et Bouta* es, avec ses sept * murs concentriques renfermés l’un 1 f dans l’autre, et construits de manière que chaque « enceinte ne surpasse F enceinte suivante que de la i hauteur des créneaux *, s’éleva comme par enhautement. Hérodote ajoute :
* Les créneaux de la première sont peints en
* blanc ,ceux de la seconde en noir, ceux de la troin sîème en pourpre , ceux de la quatrième en bleu,
* ceux de la cinquième sont d’un rouge orangé .
, vQuant aux deux dernières, les créneaux de l’une
* sont argentés , et ceux de F autre dorés, »
Déjocès se renferma dans son palais, institua un
cérémonial imposant, et rendit sévèrement la justice.
* Il avait dans ses États des émissaires qui veillaient | 'f sur les actions et les discours de ses sujets. » Hé-
PERSES
rodote dit encore : <t Déjocès rassembla tous [es a Modes en un seul corps et régna sur eux* Celle « nation comprend plusieurs peuples, les Buses, les a Parétacénïens, les Struchates, les Arigantes, les « Budiens, les Mages* w
Ces Mages ne peuvent être que les premiers convertis à la religion de Zoroastre, ou plutôt les Bactriens et les Ariens*
Déjocès mourut après un règne de 53 ans* Son fils Pu a aorte lui succéda* Il était ambitieux : il attaqua et soumis les Perses, ou habitants du Peim Ayant ainsi augmenté ses forces, il marcha de conquêtes en conquêtes. Mais il alla se briser contre Ninive. Il avait régné 22 ans.
Ctaxares, son fils et son successeur, leva de nombreuses troupes et marcha contre Ninive i il allait venger la mort de son père. Pendant qu'il en faisait le siège, il fut assailli par une armée de Scythes, qui le culbutèrent et le vainquirent ( G5Sav. J*-C*).Ces Scythes s'étendirent sur l'Asie comme une mer, et la tinrent, au dire d'Hérodote, vingt-huit ans sous leur domination* « Ils ruinèrent! put, dit a le même auteur, par leur violence et leur négîî- « gence* » Mais leurs désordres les perdirent . CyaiaresetlesMèdesse relevèrent : les Scythes furent repoussés, dispersés, détruits. Enfin, Ninive fut prise et l’Assyrie ravagée* Cyaxares mourut après avoir exercé l'autorité pendant quarante ans,
w àstyage* son fils, lui succéda (595 av. J.-C.}. « Il naquit à ce prince une fille qu'il nomma Man-
ASTVAGE. MAN DAN E. CVRL-S.
i daue. » Hérodote ajoute qu'Astyage fit un songe, iju’il consulta les Mages, et qu’il en reçu des explicitons qui lui inspirèrent quelque crainte du côté de l'enfant qui naîtrait un jour de sa fille.
Astyage ne voulut pas marier Man dan e avec un aède-, « mais il lui fit épouser, dit Hérodote, un , Perse nommé Cambyse, qu’il connaissait pour un « homme d’une grande maison et de mœurs douces tel tranquilles, parce qu’il le regardait comme . bien inférieur è un Mède de médiocre condiition.»
Le mariage était accompli ; les époux s étaient retirés dans le Persis.Astyage eut un autre songe. Les liages, qu’il consulta de nouveau, lui dirent que l'enfant que sa fille portait en son sein régnerait à sa place. Astyage eut peur, appela, sous divers prétextes , sa fille enceinte auprès de lui. Dès quelle eut mit au monde son enfant, Astyage, au lieu de l’envoyer en nourrice, le remit à Harpage, son parent, qui l’emporta dans sa maison. Celui-ci avait l’ordre de faire mourir le nouveau-né; mais il n’en eut pas le courage
Harpage manda auprès de lui Mîtradate, l’un des bouviers et bergers du roi. 11 lui donna l’enfant en lui disant : « Astyage te commande de prendre cet (v enfant et de l’exposer sur la montagne la plus dé-
a serte, afin qu’il périsse promptement.Il veut
« encore que je sache par moi-mëme si tu as exposé u cet enfant. Aussitôt Mîtradate prit l’enfant et rei tourna dans sa cabane par le même chemin.Tandis i qu’il allait à la ville, sa femme, qui n’attendait de
loâ
PERSES
« jour en jour que le moment d’accoucher, mit au « monde un fils, par une permission particulière « des dieux, » (Hérodote.)
Mitra date étant arrivé auprès de son épouse, ils s’éclairent réciproquement. Le berger avait eu, en route, sur des indices, quelque soupçon de la vérité, quand un domestique vint lui confirmer que Tenfaot qu’on lui avait remis était vraiment celui do Mandane. Mitradate et son épouse étaient tristes : le mari ne savait que faire, Spaco, sa femme, lui dit qu’îl ne fallait pas faire mourir cet enfant. N ayant pu décider Mitradate, elle ajouta :
te Fais au moins ce que je vais te dire : je suis accouchée (Fun enfant mort, vas le porter sur la montagne et nourrissons celui de la fille d’Astyagc, comme s 5 il était à nous. Par ce moyen, on ne pouro te convaincre d avoir offensé tes maîtres, et nous aurons pris un bon parti : notre enlant mort aura une sépulture royale, et celui qui reste ne perdra pas la vie... Le bouvier sentit que, dans cette conjoncture, sa femme avait raison, et sur-le-champ il : suivit son conseil. 11 lui remet l’en faut qui! avait apporté pour le faire mourir, prend le sien qui était mort, le met dans le berceau du jeune prince avec tous ses ornements, et va l’exposer sur la montagne ; la plus déserte. » (Hérodote.)
Trois jours après, Mitradate se rend chez Har- i page; il lui dit qu’il était prêt à montrer le corps mort de l’enfant. Harpage envoie ses gardes, et fait donner la sépulture au fils du bouvier, que l'on prit sans difficulté pour le jeune prince. Pendant cc
CYRÜG.
i.ia
Mips, Spaco soignait le tilsde Mandane el du l'erse üunbyse. Cel enfant grandissait. Il fut connu dans la suite sous le nom de Cyrus.
Cynii»-
Le jeune Cyrus était intrépide, plein d’intelligence. Dans ses jeux avec ses jeunes camarades, il mariait toujours à leur tête : ceux-ci le proclamaient
souvent leur chef, leur roi.
On rapporte que, dans ses jeux, le prétendu (ils I Ju bouvier, avait maltraité le fils d un noble; que le noble s’en plaignit au roi; que le roi manda le petit Cyrus, qu’il réprimanda; que l'enfant répondit si noblement que le roi eu fut surpris, et que, dès lors, il soupçonna une partie de la vérité... Cette vérité, il la connut bientôt entièrement. Alors il blâma Harpage de ce qu’il s’était mal acquitté de la commission dont il l'avait chargé. Mais il feignit et parut æ réjouir de ce que le jeune prince était encore «ivant. Un peu après, le roi dit a Harpage : <i hn-
, voyez-moi votre fils pour tenir compagnie au jeune .prince nouvellement arrivé, et ne manquez pas < de venir souper avec moi. » (Hérodote.)
Harpage envoya son fils au palais du roi.
Dès qu’il y fut arrivé, « Astyage, dit Hérodote,
« le fit égorger; on le coupa ensuite par morceaux, . dont les uns furent rôtis et les autres bouillis; ou * les apprêta de diverses manières, et on tint le tout » prêt pour être servi... L'heure du repas etau. .venue, les convives s’y rendirent, el Harpage « avec eux. On servit à Astyage et aux autres sei-
PERSES p
« gneurs du mouton f et h Harpage le corps de son
* fils, excepté la tête et les extrémités des mainseï « des piedsLorsqu'il parut avoir assez man^ê,
* le roi lui demanda s'il était coulent de ce repas! « — Très content, lui répondit Harpage* » Aussitôt on lui montra les restes de son fils* Harpage secon* tint, et dît que tout ce que faisait son roi lui était agréable. H se retira en emportant les os et les chairs cuites de son fils pour leur donner la sépulture: et son cœur criait vengeance*
Àstyage consulta de nouveau les Mages pour sa* voir ce qu'il avait à faire relativement à son petit-fili. Ils lui répondirent que l'enfant avait été élu roi par les enfants du village qui Tarait vu grandir; qui! avait régné sur eux, etqu'ainsi le songe avait eu son accomplissement : cpTtl n’y avait donc plus rien à craindre*
De nouveau pressés de répondre sans détour, les Mages ajoutèrent :
« Seigneur, la stabilité et la prospérité de vûlre règne nous importent beaucoup. Car, enfin, la paissance souveraine venant à tomber à cet enfant, qui est Perse, passerait a une autre nation ; et les Perses, nous regardant comme des étrangers, n’aurai eut pour nous aucune considération et nous traiteraient en esclaves. Mais vous, seigneur, qui êtes notre compatriote, tant que vous occuperez le trône, vous nous comblerez de faveurs, et nous régnerons en partie avec vous. Ainsi, notre intérêt nous oblige,à tous égards, h pourvoir à votre sûreté et à celle de I empire. Si nous pressentions maintenant quelque