A5TÏÀGE. LES MAGES- CYRUS
jauger, nous aurions grand soin de vous en avertir; ps puisque l’issue de votre songe est frivole, nous m rassurons, et nous vous exhortons à vous tranquilliser de même ; éloignez de vous cet enfant et tenvoyez-le en Perse à ceux dont il tient le jour* »
-Hérodote.)
Ou voit par les paroles ci-dessus, tirées d’Hérope, que les Mages, prêtres de la religion de lo~ joastre, étaient avec lesMèdes, et qu’ils considéraient b Perses comme leurs ennemis; enfin, comme d’une autre religion que la leur. Comment am pu faire d’un roi Perse, du père de Xerxès, le protecteur du inagisme naissant? C’est là mal étudier et mal rendre Vhîstoire.
Àstyage manda Cyrus, lui dit que ses parents tfoient autres qull les croyait, et il le fit partir pour 4 Perse bien escorté. En route, Cyms reçut des relations ; il connut le mystère de sa naissance. En urivant auprès de Cambyse et de Mandane, il se fit connaître ; ceux-ci P embrassèrent et le reçurent aec une joie inexprimable : ils le croyaient mort jaiurellement peu de jours après sa naissance, ainsi ^ii’on le leur avait dit.
Cyrus, parvenu à l T &ge viril, étonna par ses hautes
qualités*
Harpage, resté a Ecbatanes, conspirait contre Âsjtjage. lï voulait se venger; il employait tous les moyens pour tourner le cœur des grands vers le jeune Cyrus, avec lequel 11 entretenait des relations [fûmes.
! Cyrus convoqua les principales tribus des Perses;
PERSES-
« savoir : les Pasargades, les Maraphiens et les Mas- « piens. Les Pasargades sont les plus illustres ; h « Àchémémdes, d'où descendent les rois de Perse, a en sont une branche. Les Panthialéens, les Déru « siéens, les Germaniens, sont tous laboureurs. Les * autres, savoir : les Dacns, les Mardes, les Dropi- « ques et les Salariions sont nomades t et ne s’oc-
eu pont que de leurs troupeaux. » (Hérodote.)
Cyrus donna des festins à tous ces peuples et \m promit de les retirer de leurs travaux pénibles, et de les faire jouir d'une condition plus douce et plus heureuse. On remarque ces mots dans l’une de ses harangues :
« Devenez donc libres en m’obéissant, car il sera* « ble que je sots né, par un effet particulier de la « bonté des dieux, pour vous faire jouir de ces avau- « tages; et d'ailleurs, je ne vous crois nullement in* c férieurs aux Mèdes, soit dans ce qui concerne la « guerre, soit en toute autre chose. Secouez doue « au plus tôt le joug sous lequel Àstyage voua tient « asservis. » (Hérodote.)
Les Perses se soulevèrent à la voix de Cyrus, el marchèrent vers Ecbatanes, Àstyage, ayant fiât prendre les armes aux Mèdes, en composa une nom* breuse armée à laquelle il donna pour chef Harpage, son ennemi secret. Les deux peuples, s’étant ren* contrés, en vinrent aux mains, et les Perses triomphèrent sans peine. Dès qu’Àstyage eut appris cette déroute il fit mettre en croix les Mages qui lui avaient conseillé de renvoyer Cyrus. Il leva ensuite tout ce qui! put de Mèdes, marcha en personne
ASTVAGE. CYRUS.
a11l lre Cyrus et Harpage ; leur livra bataille ; mais il i [ut vaincu et tomba entre les mains de ses ennemis. Harpage rappela au roi déchu l’abominable repas q U ’il lui avait fait servir, et s’en vengea par d’amères rJÉsries.
Astyage perdit la couronne après avoir régné mtc-cinq ans. Cyrus r4pa(5Güav , J.-€.)XesMèdes ! passèrent sous la domination desFerses, qui nepoupaient les traiter en ennemis, vu que ces Metles ^ieat eux-mêmes désiré la chute d T un roi qui s e- . lait fait détester.
Outre le récit d’Hérodotfc que fai suivi, il y a deux salves histoires de Cyrus, ce sont celle de Ctésms et celle de Xéftophom Celui-ci traite, d’une manière simple et naturelle, dePenfancéde Cyrus et des voies qu'il prit pour arriver^ T empire. Sur ce point, il peut être, à quelques égards, préféré k Hérodote. Ms la suite de son récit, maïs les aventures et les raisonnements qu’il prête à son héros, sont d un vrai romanesque, et, tout considéré, j’ai dû adapter la narration d’Hérodote. Hérodote nous fait concevoir sans effort comment ïa Média eut des relations avec les Bactriens; comment elle devint un royaume, comment les Mages se trouvaient en son sein et lui étaient attachés; pourquoi les Mages redoutaient 3es Perses , dont la croyance n était pas la lein • comment enfin les Perses se substituèrent aux Modes vi parvinrent u lu toute-puissance. Tout cela n’est point sans importance.
Les sujets de Cyrus, avant d’avoir envahi la Médie. vivaient sobrement dans la Perse, ou le Porsis, petit
PERSES
pays très éloigné, montagneux, rude. Ces Perses se livraient au labourage, etàlagarde des troupeaux, ainsi que les Arabes : ils ignoraient le luxe. C&s ! hommes apportèrent à Ecbatanes leur énergie et i leur simplicité ; les Mèdes, en se mêlant à eux, se retrempèrent, se fortifièrent. Les institutions des vaincus furent respectées; la religion des Muge* p ré va lut; le costume des Modes, ain si que k p j u pan de leurs usages, devint celui des Perses.
Astyage, le roi détrôné, était, suivant Hérodote, 1 le beau-frère de Cbésus, roi de Lydie, pays sur le- ; quel avait régné, au temps de la guerre de Troie, le brave Surpédon. Ce Crésus, auquel Solon avait lait visite, possédait des richesses immenses; etce* pendant il ne manquait pas de bravoure. Il leva une armée , il s’attacha , autant qui! le put, les Grecs habitants des villes de l’Ionie. 11 se mit en marche dans l’espoir de venger Astÿàge, et sans doute aussi pour agrandir sa puissance, s’il Je pouvait. Il passe des fleuves, il prend des villes : de leurs habitants, il fait des esclaves.
C'y ru», roi de Pcraev 9vi guerre».
L’empire des Perses commence ici.
Cyrus rassemble son armée, marche au devant du Crésus. Ces deux chefs et leurs troupes se micoib trent, se combattent : l'avantage reste du côté des Perses* Crésus recule en appelant k son secours lus Égyptiens et les Babyloniens. Mais Cyrus le suit de près, et va enfin camper devant Sardes, la capitale de son adversaire; un nouveau combat se livre dans
CYRllS. PRISE DE SARDES. 1ÎW
a plaine; les Lydiens sont forcés de se réfugier L s les murs de Sardes, où les Perses les assiègent, jades succombe après quatorze jours de siège; CyniB la livre au pillage (548 av. J.-C.) : Crésus mmba vivant entre les mains des Perses, qui le menèrent devant Cyrus.
«Celui-ci, dit Hérodote, te fit monter, chargé de itrs et entouré de quatorze jeunes Lydiens, sur un -rond bûcher dressé exprès, soit pour sacrifier à Quelques dieux ces prémices de la victoire, soit pour accomplir un vœu, soit enfin pour éprouver si Grésils, dont ou vantait la piété, serait garanti des «animes par quelque divinité. »
Sur le bûclier, Crésus se rappela les paroles de Jalon; il comprit alors que l’homme, dans toutes Iîs conditions de la vie, doit être modeste; qu’il 11 e doit point compter sur un bonheur inaltérable, et ail s’écria avec exaltation : Solon 1 Solon I Solon 1
Cyrus, frappé de ce nom, fit demander par ses m- Mprèles quel était celui qu’on invoquait ainsi. Crésus parla de Solon et des sages conseils que, dans un lerups meilleurs il en avait reçus, sans vouloir y ajouter foi. Le roi des Perses se mita réfléchir : il pensa queloule puissance est périssable, et se relâcha de sa rigueur envers le roi de Sardes et ses compagnons d'infortune. Le bûcher fut éteint, quinze victimes lurent sauvées. Crésus eut, des ce jour, a suivre Cy rus dans toutes ses expéditions; et Sardes et la Lydie ippartinrent aux Perses, qui furent de dangereux voisins pour ïcs Grecs»
Beaucoup de Lydiens s’enfuirent de leur pays.
PEKSES,
prirent le nom de Tyrrhémeus, d’un Tyrrhénus qui les conduisait, et allèrent fonder des villes en Qmbrîe, sur les côtes de l'Italie, à ce que prétend Hérodote; mais, pour moi, j'ai une autre opinion sur l’origine des Tyrrhénîens de ['Italie, dont je parlerai ailleurs, et que je croîs plutôt originaires de Tyr que de toute autre contrée*
Les villes grecques de PAsie-Mineuro, Milei, Myonte, Pryène, Éphùse, Colophon, Lébédos,Té4& Clazomène t Phocée , Smyrne, Érythres, Cym Néon-Tichos, Larisses, etc,, qui avaient soutenu Crésus malgré les représentations du roi de Perse, voulurent faire leur soumission; mais Cyrus, dans sa colère, les repoussa : il y eut une seule exception en faveur de Milet. Ces villes ne pensèrent plus alors qu’à se fort! lier, et appelèrent le secours de ïa Grèc<?. La haine des Perses et des Grecs part de là; qu'üfi remarque bien ce point important,
Cyms donna le gouvernement de Sardes à Tubal us, envoya en Perse les trésors de Crésus et des autres Lydiens, et remit à Harpage le soin de châtier et de soumettre les villes grecqnesde l'Asie-Minern Pour lui, il marcha vers l'Asie-Supérieure. U soumit en passant la grande Phrygie, la Palestine, h Syrie, quelques peuplades arabes, laCappadoce; força 1Égvpte à lui payer tribut: et partout il levait des troupes. Il arriva en tin devant üabykme: Il vainquis l'armée qui lui fut opposée, et commença les operations du siège. Après de longs 1 nivaux de terrassements et de digues, qui lui permirent de détourner les eaux de l'Euphrate, il fit passer son armée dans
CYRÜ5* SES CONQUÊTES.
fe lit desséché du fleuve, pénétra dans la ville et s'en rendit maître {538ans av. II donna la liberté
m juifs que Nabuchodonosor y avait amenés captifs.
Après qu'il eut subjugué cette nation et réglé les affaires de ses États, it marcha contre les Message tes, nation scythique ; mais son entreprise eut des chances diverses, et il périt enfin dans un combat, loin d’Eo batanes, sa capitale : il avait régné vingt-neuf ans,
Cyaxares est l’Àssuérus du temps de Tobie, Aslyage est PAssuérus qui épousa Esther. Pour Cyrus, nous le répétons, il fut le libérateur des juifs captifs à Babylone. Ce fut sous lui que les royaumes de Nmive, de Babylone, tous deux composés d'Assyriens, et le royaume des Mèdes, tombèrent sous la même autorité, et quais formèrent, avec différents attires États, la monarchie des Perses, la plus étendue de toutes celles qu’on avait connues jusque-là, La puissance des Assyriens avait été grande, celle des Perses le fut davantage,
CambyAC, Bis de f y ru»,
Cambyse, fils de Cyrus, monta sur le trône à la mort de son père (529 av. Il porta ses armes
dans rÈthiopic; soumit les Égyptiens qui venaient de perdre leur roi Amasis, et étendit ses États, Cambyse fut un tyran des plus farouches, îî épousa ses deux sœurs, et tua finie avec la plus grande brutalité. Craignant que son frère Smerdis ne s'emparât du trône pendant son absence, il ordonna sa mort, et ce prince fut secrètement égorgé, Cambyse T ni. 10
PEttSES.
tm
se livra à toutes les orgies, a toutes les cruàfctés qu’il put imaginer. Sa barbarie ne lut porta pas bonheur; il apprit bientôt que son trône lui avait été ravi, Il voulut retourner en toute Mte dans sa capitale, mais il fit une chute de cheval qui causa sa mort. Il avait régné six ans, U ne laissait point d’enfants.
§incrdfM, le mAgc*
L'usurpateur du trône du barbare Cambyse était un mage nommé Smerdîs foââ av. L-C.J. À l'aide de ce nom et de certains traits de sa figure, Ü avait réussi à se faire passer pour le Smerdis frère du roi. 11 régna sept mois paisiblement.
« Pendant ce temps, dit Hérodote, il combla tom « scs siijets de bienfaits / de sorte qu’a près sa mort u il fut regretté de toute l’Asie , excepté des Per- « ses. » On voit constamment que les Perses étaient tes ennemis des mages*
Ayant découvert, par des moyens divers, que!
était en réalité le roi régnant, sept seigneurs pers es . Ota ne s , As pathjneS, Gobïuàs , Int api i kb s e , Mégabyse, Hïdarnès et Darius, se liguent entre eux, délibèrent secrètement, pénètrent clans le palais sous prétexte qu’ils ont à parler au roi, et regorgent. Iis frappèrent également les gardes, les eunuques, les mages qui avaient voulu le défendre.
« Les Perses, dit Hérodote, instruits do l’action des sept conjures , et de la fourberie des mages, crurent, devoir les imiter; et, mettant l’épée h la main, if* tuèrent Oms (es mages qu'ils rencontre vent.