‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 34 sur 44 · DISCOURS DES SEPT CONJURÉS* H · texte numérisé non relu

DISCOURS DES SEPT CONJURÉS* H

dsi la nuit n’eût arrêté le carnage, il ne s’en serait pas échappé un seul.

« Les Perses célèbrent, avec beaucoup de solennité, celle journée : cette fête, l’une de leurs plus grandes, s'appelle Magophonie (massacre des mages). Ce jour là, il n’est pas permis aux mages de paraître en public, ils restent chez eux. »

On voit encore, par les paroles ci-dessus d’Hérodote, qull s’en fallait de beaucoup que les Perses et Darius fussent les protecteurs des mages.

Cinq jours après la mort de Smerdîs, les sept conjurés tinrent conseil sur ce qu’ils avaient à faire pour l'institution d’un nouveau gouvernement. Otaxbs parla le premier,et proposa de ne plus confier la direction des affaires à la volonté d’un seul homme.

« Vous savez, dit-il, à quel point d’insolence en ! « était venu Cambyse, et vous avez éprouvé vousn mêmes celle du mage. Comment, en effet, la mo- « narchie pourrait-elle être uu bon gouvernement ? « Le monarque fait ce qu’il veut, sans rendre j « de compte de sa conduite : l’homme le plus ver- < lueux, élevé à cette haute dignité, perdrait bîen- ! « lot toutes ses bonnes qualités... Un tyran devrait « être exempt d’envie, du moins parce qu’il jouit de i toutes sortes de biens; mais c’est le contraire, et « ses sujets ne le savent que trop par expérience.

Il hait les plus honnêtes gens:... il n’est bien a qu’avec les méchants. 11 prête l’orèille à la caïom- «i nie; il accueille les délateurs...11 renverse les lois « de la patrie : il attaque l'honneur des femmes et

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ft faitmourirqui bon luisemblo^awso&smwauctt^ ff formalité II iven est pas de même du gouverne- « ment démocratique,,. Je suis donc d’avis d’abolir « le gouvernement monarchique, et d’établir le nie « mocbatïqije . parce que tout $û trouve dam k « peuple. » ( Hérodote.)

Mégabyse parla le second, et conseilla d’instituer F oligarchie :

ff Bien, dit-iî, de plus insensé et de plus insolent « qu’une multitude pernicieuse; en voulant éviter « rînsolencc d’un tyran, on tombe sous la tyrannie

* d’un peuple effréné. Y a-t-il rien de plus'ïnsup- « portable? Si un roi forme quelque entreprise, c’est

* avec connaissance. Le peuple, au contraire , na <ï ni intelligence, ni raison. Eh!comment enaurüitft il f lui qui n'a jamais reçu aucune instruction, et qui « ne connaît ni le beau et l'honnête, ni le décent?.,. a Puissent les ennemis des Perses user de la démô- « eratie ? Pour nous, faisons choix des hommes les a plus vertueux ; mettons leur la puissance entre a les mains ; fions serons nous-mêmes du nombre ; « et, selon toute apparence, des hommes sages H « éclairés ne donneront que d’excellents conseils.» (Hérodote.)

Darius parla le troisième, et s’exprima en ces termes :

« L’avis de Mégabyse contre la démocratie me a paraît juste et plein de sens;-il n T en est pas de « même de ce qu’il a avancé en faveur de Foli- « garchie... Il est constant qu'il n’y a rien de mcii- « leur que le gouvernement d'un seul homme ,

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