‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 35 sur 44 · DISCOURS DES SEPT CONJURES · texte numérisé non relu

DISCOURS DES SEPT CONJURES

« quand il est homme de bien . Un tel homme ne t peut manquer de gouverner ses sujets d'une mac nîère irrépréhensible* Les délibérations sont se- « crêtes ; les ennemis n'en ont aucune connais- «sanee* 11 n’en est pas ainsi de l’oligarchie : ce

# gouvernement étant composé de plusieurs perv sonnes, chacun veut primer* chacun veut que son « opinion prévale; de là des haines réciproques et « des séditions; des séditions on passe aux meuri très, et des meurtres on revient ordinairement à i la monarchie* Cela prouve combien le gouverneï ment d'un seul est préférable à celui de plusieurs. i D'un autre côté, quand le peuple commande, il *est impossible qu'il ne s’introduise beaucoup de t désordres dans un État- La corruption, une fois i établie dans la République, ne produit point de « haines entre les méchants : elle les unit au con- « traire par les liens d’une étroite amitié; car ceux

* qui perdent l’État agissent de concert et se sou- « tiennent mutuellement. 11$ continuent toujours à « faire le mal, jusqu’à ee qu'il s'élève quelque grand « personnage qui les réprime, en prenant autorité « sur le peuple..* Je conclus qu’il faut nous en tenir « au gouvernement d'un seul : d’ailleurs on ne doit « point renverser les lois de la patrie lorsqu’elles « sont sages ; cela serait dangereux. » (Hérodote.)

Telles furent les trois opinions émises. La dernière obtînt l’assentiment des quatre seigneurs qui n'avaîent pas encore opiné; et l'avis de Darius prévalut.

Le roi devait être choisi parmi les sept; mais

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PEASES,

Otanes, lui qui le premier avait formé le projet de détrôner le mage, 11 e voulut point entrer en concurrence avec eux, et demanda seulement pour lui et sa famille la faveur de jouir de lu liberté et de l'indépendance ; ce qui lui fut accordé par tes six autres seigneurs.

Des conventions furent laites entre les six compétiteurs; le roi, quel qu'il fût, ne devait prendre femme que dans la maison de l’un de ceux qui avaient concouru à détrôner le mage. Il fut enfin décidé de quelle manière le sort ferait connaître celui d'entre les six qui était appelé à régner sur 1rs peuples, Darius, lui qui avait parlé en faveur du pouvoir absolu, et pour cause, employa toutes les ressources de son esprit et mit à contribution le génie de son écuyer, qui ne fut pas le moins fertile en découvertes ingénieuses. Je n'entrerai pas dans les détails; que Ton sache seulement que le lendemain matin le cheval de Darius hennit le premier, et que cela devaiL obliger les cinq autres concurrents à se prosterner devant leur heureux rival; ce qulîs ne manquèrent pas de faire. Darius fui donc reconnu roi.

Diirlei'i, AU trUyAtnMpc.

<* Darius, fils d'Hystaspe, fut proclamé roi, dit Hérodote, et tous les peuples de l’Asie, qui avalent été subjugués par Cyrus, et ensuite par Cambyse, lui furent soumis, excepté les Arabes. Ceux-cï,en effet, n’ont jamais été esclaves des Perses, mais leurs alliés, »

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