DARIUS* ÉTENDUE DE SON EMPIRE
Darius, monté sur le trône en 522 avant Jésus- Clirist, épousa Atosse et Artyslonc, filles de Cyrus ; ponnys, fille de Smerdis. frère de Cambysc. ÇlPhédvnie', fille d’Otanes. Son autorité étant affermie, il se lit dresser une statue équestre. C’était là violer de la manière la plus manifeste les lois de Zoroastre, puisqu'elles proscrivaient également les statues et les quadruples mariages, Mais, qu’on le remarque, les rois de Perse 11 e prirent de la religion que 1 C (i qui pouvait favoriser leur puissance, leurs penchants , leurs désirs. Darius partagea ses Etals eu vingt gouvernements ou satrapies ; régla les intnùts, et chaque province de l’empire dut lui fournir un tribut déterminé et forcé, ce qui mécontenta les Perses, vu qu’avant ce règne les rois n’avaient reçu i que des dons gratuits. Les charges s’étant alourdies, les Perses dirent que Darius était un marc/iand.
Les peuples qui composaient ces vingt gouvernements; ces peuples qui couvraient toute 1 Asie et une partie de l'Afrique, étaient les Ioniens, les Éoliens, les Cariens, les Lvcicns, les Lydiens, les Phrygiens, IesThraces d’Asie, les Syriens, ceux de la Phénicie, de (a Palestine, les Egyptiens, les Lyhiens, les Babyloniens, les Assyriens, les Caspiens,
| les Bactriens, les Modes, les Arméniens, les Sogdiens, les Partîtes, les Saces, les Ariens, les Indiens, les Arabes et beaucoup d’autres. Ils payaient le tribut à Darius, soit en argent, soi ton or, soit en chevaux ou de toute autre manière. On n’avait jamais vu jusque-là un empire aussi puissant que celui de ce monarque.
PERSES
Les rois modes avaient fait leur capitale d'Ecbalanes: mais Cyrus eut quatre capitales, une ponr chaque saison de l'année; ce furent, outre Echatanes, Suses, Persépolis et BabyJonc.
Rabylone se révolta; Darius eut à en faire le siège, et il en triompha (510 av. J.-C. ). Il se dirigea ensuite vers d’autres lieux avec une armée de six cent mille homme .
Il passe le Bosphore, conquiert la Thrace, et il elève partout sur son passage des colonnes à sa louange : il entre dans la Scythie.—Venger Cyrus, et surtout soumettre ce pays, était le but de son expédition. Il avance, les Scythes reculent; il avance encore, les Scythes s’enfoncent toujours plus avant dans leurs déserts; ils ne laissent que la dévastation derrière eux. L armée de Darius manque de vivres; les maladies lu déciment; le roi des Perses comprend alors la taetiqne de ses ennemis : il recule i son tour. Les Scythes le poursuivent. Darius parvient enfin à regagner la Thrace ; il passe de là à Sardes, de Sardes à Suses. Il avait toutefois laissé des troupes dans les pays eonquîs; dans la Thrace et la Macédoine.
PERSIÎS ET GRECS.
! Artapherne, le gouverneur de Sardes, avait de fréquenta démêlés avec les villes de P Ionie, qui ne pouvaient s’habituer à vivre dans 3a dépendance* Les combats recommençaient sans cesse, mais la puissance perse écrasait toujours ces colons grecs* L'un des chefs de Tune de ces villes, Àristagoras de Milet, se rendit à Sparte et demanda des secours; ce fut en vain * il passa dès-lors a Athènes, et il lut la plus heureux. Les Athéniens se rappelèrent que les Ioniens étaient Grecs; d’autre part ils avaient à se plaindre des Perses, qui voulaient leur imposer Hippias, qu'ils avaient chassé, et qui intriguait constamment contre sa patrie* Aussi envoyèrent-ils le secours qu’on leur demandait (505 av J.-C*)- Unis aux Ioniens, les Athéniens surprirent la ville de Sardes, la pillèrent, la brûlèrent, et firent ensuite une prompte retraite*Darius, ayant appris cette nouvelle, en fut outré, et jura de se venger des Athéniens (50V av. J*-C*).
PEfiSBS ET GHECS.
Mardonius, gendre de Darius, étant resté en Europe, subjugua ceux d’entre les Thraces et les Macédoniens qui avaient jusque-là conservé leur indépendance.
Darius envoya des hérauts ou ambassadeurs dans les divers États de Ja Grèce, pour demander la terre et Veau ; c’est-à-dire une soumission entière à son autorité. Plusieurs peuples se soumirent , et entre autres les Éginètes, voisins des Athéniens, ils devaient en être punis. Demande, P un des deux rois de Sparte, fut chassé par son collègue et ses concitoyens, qui avaient à se plaindre de lui, et il passa chez les Perses, ainsi que Pavait fait Hippias. Ces deux chefs détrônés poussaient à Passorvisseinent de leurs patries. Le héraut qui était allé à Athènes demander la ferre et Veau, au nom du grand roi, fut jeté dans un puits.
L’expédition commence (496 av. Datis et
Àrtapherne, généraux de Darius, conduisent une armée de six cent mille hommes t et une Hotte composée de six cents vaisseaux ; pendant que Mardonius les attendait en Europe. Ils avaient ordre de brûler Erétrie et Athènes. Cette armée répandait la terreur sur son passage. Erétrie trahie par les hommes les plus riches et les plus puissants, fut prise, pillée et brûlée ; ses habitants furent réduits en esclavage. Les Ferres réservaient à Athènes le môme sort. Étant arrivés sur les côtes de PÀtiiqne, Hippias les fil débarquer h Marathon. Les Perses foulaient le sol de la Grèee. Le bruit s’en était répandu : les Athéniens y arrivèrent en toute hâte;
bataiuæ de marathon.
jültiade les commandait avec plusieurs autres généraux (490 av.L-C.J.
Les deux armées ennemies se rangèrent en balaille. D’entre tous les alliés des Athéniens, les Plains seuls arrivèrent assez tOt pour prendre part à cette première lutte des Grecs contre les Perses. Les uns étaient une poignée d’hommes, les autres des multitudes. Les deux armées étaient donc en présence et peu éloignées l’une de 1 autre.
«Les Athéniens, dit Hérodote, franchirent en , courant cet espace. Les Perses, les voyant accourir, se disposèrent à les recevoir; mais renia rk quant que, malgré leur petit nombre et le défaut » de cavalerie et de gens de traits, ils se pressaient , dans leur marche, ils les prirent pour des insensés «qui couraient A une mort certaine. Les Barbares « (les Perses J s’en faisaient cette idée; niais les Athéniens les ayant joints, leurs rangs serrés, lireul „ dos actions mémo raides. Ce sont, autant que nous * avons pu ie savoir, les premiers de tous les Grecs « qui aient été à l’ennemi en courant, qui aient cn- « visagé sans effroi l'habillement des Mèdes, et qui « aient soutenu la vue de leurs soldats, quoiqtu u jusqu’alors le seul nom de Mùde eût inspiré de tt ia terreur uux Grecs.
« Après un combat long et opiniâtre, les Perses « et les Sa ces, qui composaient le centre de l’armée « ennemie, enfoncèrent celui des Athéniens, etpro- « filant de leur avantage, ils poursuivirent les vain- » eus du côté des terres. Cependant les Athéniens « ai les Platéens remportèrent la victoire aux deux
perses et grecs.
<r ailes; mais laissant fuir les Barbares, ils réunirent «f en un seul corps Tune et l'autre aile, attaquèrent « les Perses et les Suces qui avaient rompu le cen~ cf Ire de leur armée, et les battirent. Les Perses « ayant pris la fuite, les Athéniens les poursuivirent a tuant et taillant en pièces tous ceux qu’lis rencon- * trèrent, jusqu'à ce qu’étant arrivés au bord de la « mer, ils demandèrent du feu et s'emparèrent de a quelques vaisseaux..,
a II périt à la journée de Marathon environ six « mille quatre cents hommes du côté des Barbares, « et cent quatre-vingts du côté des Athéniens. » Après cette déroute Uélrissaule dans laquelle Hippias laissa la vie, les Perses retournèrent en Asie, Ils entraînèrent avec eux les Êrétriens et d'autres peuples vaincus, qu'ils dispersèrent dans leurs vastes contrées.
« L invasion de Sardes, dit Hérodote, avait déjà fort irrité Darius, fds d'Hystaspe, contre les Athéniens; mais la nouvelle de la bataille de Marathon I aigrit encore davantage, et il n'en fut que plus animé à porter la guerre en Grèce, »
Il lova de nouvelles troupes, prit de vastes mesures, et était prêt pour son expédition quand la mort vint le surprendre {486 av. Son lils Xerxès,
qu il avait désigné pour son successeur, hérita de son trône, de sa passion pour la vengeance et de ses vastes projets : ce fut sous lui que l'Asie se précipita de nouveau sur l'Europe, avec des forces qui semblaient devoir l'écraser et la réduire en servitude.