LAO-TSEU
rain » on tient de la nature divine; tenant de la nature divine, on parvient à être identifié avec le Tao ou la raison universelle suprême; étant identifié avec la raison suprême, on subsiste éternellement ; le corps même, étant mis à mort , on n’a a craindre aucun anéantissement* »
Voilà comment Lao-tseu lie la créature au Créateur et la rend éternelle dans son retour à Dieu*On com pr e n d Fin ten l ion d e ce s gr an d es ver i tés *
Le philosophe veut que rhonume s'étudie luimême. Il diL :
« Celui qui connaît les hommes est instruit ; celui qui se connaît soi-mème est vraiment éclairé. Celui qui subjugue les hommes est puissant; celui qui se dompte lui-même est véritablement forLCehriqui possède le suffisant est riche; celui qui accomplit des œuvres difficiles et méritoires laisse un souvenir durable dans la mémoire des hommes. Celui qui ne dissipe point sa vie est impérissable; celui qui meurt et n'est point oublié, a une vie éternelle, »
Après avoir encouragé les hommes à s’étudieretà se dévouer au bien, Lao-tseu cherche à leur inspirer de la sympathie, non-seulement pour ceux qui marchent dans la bonne voie, mais encore pour les malheureux qui s’égarent; et sans doute îl sous-entend qiuî faut faire tout ce qu’on peut pour les éclairer et les ramener au bien. Laissons-lo parler:
« Le saint homme n’a pas un cœur inexorable : il fait son cœur selon le cœur de tous les hommes. L'homme vertueux, nous devons le traiter comme un homme vertueux. L'homme vicieux, nous devons également le traiter commeun homme vertueux. Voilà la sagesse et la vertu.
« Le saint homme vit dans le monde, tranquille et cahne. C'est seulement à cause du monde, pour le bonheur des hommes , que son mur éprouve: de l’inquiétude, p
Lao-tseu veryaitles misères qui accablaient le peuple ; et il les déplore en ces termes :
« Si le peuple soutire delà faim, c’est que de trop
kb caurois*
grands impôts pèsent sur IuL Voila la cause de sa miüèiï,
« Si le peuple est difficilement gouve* né t c'est qv'jl m SURCHARGÉ DE TROP GRANDS TRAVAUX? Voilà la cause de SM
insuliordinatiûn.
« Si le peuple voit arriver la mort avec insouciant, cest qu'il a trop de peine à se procurer sa vie, VoiÜtpDiir quoi il meurt avec si peu de regrets.
Yoieî d’autres vérités destinées surtout à être entendues des grands :
f Le souverain qui se sert du Tao ou de la raison suprême, absolue, pour gouverner les hommes* ne recourt pas a 1 emploi des armes afin d'opprimer son empire. Ses actions soi H récompensées avec reconnaissance,
« Là ou les grandes armées font leur demeure, croissent bientôt les ronces et les épines. Après le départ ût ces grandes armées, il survient nécessairement des années de calamités.
« L'homme vertueux remplit ses devoirs et reste là ;it ne recourt pas a I emploi de la violence. 11 remplit sesdV voirs et il ne présume pas trop de lui-mèrae,
dT remplit ses devoirs et il ne se livre pas aux exccsdr la vanite ; il remplit devoirs et il ne s’abandonne pas a un insolent orgueil. Il remplit ses devoirs et il ueccsSû pas de les remplir. U remplit ses devoirs cl il ne recourt pas à la violence; car les choses violentes ne durent pas. Le sont elles que l’on nomme opposées à la raison suprême absolue ; étant opposées à ta raison suprême absolue, el{& nont que la durée d'un matin.
Ces nobles paroles, proférées il y a deux mille et quatre cents ans, sortaient de la bouche d’un enfant du peuple, que le peuple aimait : mais il fut modeste, excessivement modeste, et cette modestie, qui ressemble à de la timidité, avait sa source, nous le croyons, dans une erreur de système, que nous déplorons r car celte erreur a dû nuire à son influence, à son action sur le peuple. Non, Il ne faut pas craindre de se faire entendre, de se faire suivre