‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 9 sur 44 · LÀ O-TSE U . V · texte numérisé non relu

LÀ O-TSE U . V

par les masses, quand ou croit posséder la vertu eL qu'on veut es conduire au bien.

Lao-tseu combattait le mal, et le mal s'étendait toujours. Ayant vieilli, et se sentant pénétré de dégoûté au spectacle des misères de sa patrie, 11 se retira dans la solitude, vécut en anachorète, en ermite, et ne reparut plus dans le monde*

Après sa mort les écrits qu’il avait rédigés furent publiés, sa doctrine fut entièrement connue, et il eut alors des disciples et des sectateurs en grand nombre. Sa philosophie fui pour eux une religion.

Mais le mal loin de décroître étendait ses ravages; il fallait un nouvel athlète pour le combattre; Confucius parut.

C'onfuciiiH, ou KlioimK^TNca*

Confucius naquit en 551 avant notre ère, dans le petit royaumefeudataire de Lou, 53 ans après Laotseu. Un être si sage ne pouvait venir au monde sans avoir été annoncé par des prodiges. Aussi les historiens chinois disent-ils que sa mère eut des relations avec le Chang-ti ou souverain suprême. que Ki-lin, ranimai merveilleux, se montra dans le jardin de fa maison qu'habitait le père du philosophe, et qu'il fit sortir de son estomac une pierre sur laquelle on lisait ceci : Un enfant pur comme l'onde cristalline naîtra quand les Tchéou seront sur leur dé clin; il sera roi, mais sans aucun do maine* Les mêmes historiens ajoutent que : deux dragons furent vus dans les airs au-dessus de la maison paternelle

CHINOIS

au moment où naissait cel enfant du mir acte, eiqw cinq vieillards entrèrent ensemble dans iapparia ment de raccouchée. Enfin* disent-ils encore ; um musique harmonieuse se fit entendre dans les ain

et TOUT LE CIEL TRESSAILLIT DE JOIE A LA JfAlSSAME du saikt fils !..

Pour celui qu’on avait fait naître au milieu des prodiges, il fallait bien créer une haute origine « Confucius* disent les mêmes historiens chinois, descend de P empereur Hoang-ti; et plusieurs de ses ancêtres ont occupé des emplois considérables,** Ils ne donnent cependant de cela aucune preuve évidente.

Des écrivains chinois nous disent avec pompe que Chou-Iiang-ho , le père du philosophe, était (aï-fou* ou gouverneur de la ville de Tséou. Mais nous devons faire remarquer que cette ville n'était qu’un tout petit pays, de sorte que ht haute rmigis* trature du descendant des empereurs équivalait à la fonction de maire de village. Ce maire n’était point riche; son fils, le jeuneConfucius* eutàseUvrer à des travaux manuels; et c’est lui-même qui nous en instruira

Confucius était jeune lorsqu’il perdit son père, Sa mère en eut tous les soins alors, etl’envoya, dès qu’il eut atteint lïige de sept à huit ans , a l’école publique. L e petit Kiou (Confucius) fît de rapides progrès; il aida bien tût le maître en remplissant la ionction de moniteur auprès de ses jeunes cunia' rades.

Beaucoup d’historiens passent sous silence les

CONFUCIUS

misères de Confucius. Au sortir de Fécale. à les entendre, il n’a qu’à désirer des places pour les obtenir, et des moindres fonctions qu’ils lui attribuent ils ont la complaisance de faire des mandarinats considérables. Si Confucius connaît le peuple.il ne le devrait qu’à I 1 exercice de ses ministères fort étendus qui le mettaient en constantes relations avec la multitude.

D’autres écrivains pourtant nous apprennent que Confucius fut pauvre; qu’il travailla pour gagner sa vie; qu’il fut berger, charpentier ou menuisier.

À la bonne heure, ces biographes sont préférables aux écrivains qui donnent au philosophe une origine impériale , aussi fabuleuse que l’opération du Chang-ti, que le dragon merveilleux, que 3a pierre prophétique, et que la musique harmonieuse et aérienne, dont nous avons dit quelque chose une page plus haut.

Quelle fut l’éducation de Confucius! quels furent ses instituteurs? Réponse : Sa bonne nature d’abord; puis la petite école t ensuite ses misères et ses souffrances. Voilà les maîtres qui le firent philosophe.

Exposons comment I 1 éducation se faisait en Chine en ces vieux temps ; et à cet effet, laissons parler Tchou-hi, savant et vieux docteur de cette nation.

« Âpres l’extinction des trois premières dynasties, les institutions qu'elles avaient fondées s’étendirent graduellement. Ainsi, ü arriva par la suite (lue dam les palais des rois comme dans les grandes cilles et même jusque dans les pim petits villages, il

CHINOIS

ïü

riij avait aucun lieu où on m se livrât à l'élié Dès q ue les jeunes gens avaient atteint t'dge dehw am f quils fussent Ws fils des rois > des princes ou è la foule du peuple, ils entraient tous à ta petto école, et là on leur enseignait à arroser, à balayti à répondre promptement et avec soumission à ceuj qui les appelaient, ou les interrogaient; à entrent sortir selon les règles de la bienséance; à rec&m les hôtes avec politesse et à les reconduire de meine On leur enseignait aussi les usages du monde et k cérémonies , la musique, Vart de tancer la flèche, à diriger des chars, ainsi que celui d'écrire et è compter .

« Lorsqu’ils avaient atteint I’àge de quinze ans, alors, depuis l'héritier présomptif de la dignité impériale et tous les autres fiïs de l'empereur, jfr qu'aux fils des princes, des premiers ministres, dœ gouverneurs de province, des lettrés ou docteursdt l'empire promus à des dignités, ainsi que toikum d'entre les enfants du peuple qui brillaient par é talents supérieurs, entraient à la grande écoles on leur enseignait les moyens de pénétrer et d'ap* P ro fou d i r 1 es p r i n c i p es des ch oses, d e rect i fi er te mouvements de leur cœur T de se corriger, de * perfectionner eux-mêmes , et de gouverner te hommes, »

Tchou-hi ajoute ceci : « On ne demandait aum salaire aux enfants du peuple, et on ?ïexigeait f&n (Teux que et? dont ils avaient besoin pour vivre jour nettement. C'est pourquoi dans ces âges passés il si

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