EXPÉDITION J) * ALE X AN DRE * S
avait laissé que les membres nécessaires pour l'exercice de leur état* La vue de tous ces malheureux, respectables par leur âge et par leurs souffrances, excita au plus haut degré la sympathie d'Alexandre, qui ne put retenir ses larmes* Tous supplièrent à grands cris Alexandre de les soulager de leurs maux* »
Le héros leur promit de les faire ramener dans leur patrie. Mais les victimes de la barbarie des despotes, craignant de devenir la risée des habitants de leur pays natal, vu leur difformité, déclarèrent, après s'être tous consultés, quiis désiraient ne point se séparer et finir leurs jours dans le lieu de leur exil, où ils se donnaient, dans leur infortune, des consolations mutuelles. Alexandre approuva leur résolution, leur fit distribuer de l’argent, des vêtements, des grains, du bétail, les exeinpLa de tout impôt, et ordonna aux gouverneurs de prendre d’eux le plus grand soin*
Alexandre pénètre dans Persépolis, et la signale a son armée comme la ville la plus ennemie des tirées ; il l'abandonne ensuite à l’épée, à la vengeance, à toutes les passions brutales des soldats. Cette métropole de l'empire des Perses, celte vîlte lapins riche qull y eût sous le soleil, subit toutes les horreurs de la guerre (8SÔ av. J* G*).
Après avoir à la fois célébré des fêtes et accompli des actes de destruction, Alexandre poursuit marche, il subjugue des villes, les unes par la force, les autres par sa seule présence. 11 se met sur les traces de Darius, le suit de près,
mais bientôt il apprenti la mort de ce roi* que Vm de ses satrapes avait égorgé. Alexandre rend à Darius tes Sonneurs funèbres. Le grand roi des Perses n’existait plus. Alexandre lui avait succédé par le droit de la force; il était au faîte de la puissance et de la gloire! que pouvait-il désirer encore?.,. Les soldats se croyaient au terme de leurs travaux, il rêvaient le retour dans la patrie, au sein du foyer domestique; mais il en était autrement dans l'esprit de leur chef. Alexandre rassemble ses braves, leur fait entendre sa parole, les émeut; bien des résolutions sont aussitôt changées : on le suivra dans des pays plus reculés. On marche en avant ; on traverse riiyrcame; la pins grande partie des serviteurs, des soldats de Darius font leur soumission au nouveau-maître, qui triomphe partout (3â9 avant ■L C*).
Au faîte des grandeurs, Alexandre faiblit; il sacrifie les mœurs de la patrie a celles des Perses; il sourit au luxe, à la magnificence des rois de l’Asie; sa cour se modèle sur celle du roi qu’il a vaincu; des courtisans Peotoiirent, rencensent, empoisonnent son esprit. Il possède un sérail ; trois cent soixante* six concubines eu fout 1 T ornement : c’est au milieu d’elles qu’Alexandre s’abandonne à la volupté, à l’orgie. Les soldats en murmurent; le chef les apaise par des présents; il les corrompt pour mieux les asservir.
Cependant des satrapes rassemblaient de noiu vetles troupes; ils faisaient entendre le cri de b guerre, Alexandre sort de son assoupissement, re*