‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 9 sur 45 · EXPÉDITION D’ALEXANDRE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION D’ALEXANDRE

Darius, qui se mit alors en devoir de combattre : il fit partir des détachements pour contrarier la marche deson ennemi, Alexandre avança toutefois avec son armée, malgré îes obstacles que les hommes et la nature pouvaient lui opposer, et alla établir son camp à peu de distance de celui des Perses : il rangea ses troupes en bataille* Le soleil du lendemain devait éclairer la chute de F un de ces deux grands rois. Pendant la nuit, Alexandre « repassaitdans son esprit les forces des Perses, les dangers qui! courait et {-importance de la bataille qu'il allait livrer. Ce ne fut qu’à l’heure de la garde du matin qu’tï tomba dam un sommeil si profond que la lumière du jour ne put Véveille?'. » (Diodore).

Parménion donna les ordres nécessaires : les troupes furent rangées en bataille, et comme Alexandre continuait à dormir, on réveilla; jamais il n’avait goûté un sommeil plus tranquille. 11 se mit à haranguer ses troupes, les exhortant à déployer toute leur bravoure. Les armées en vinrent aux mains ; les Perses furent vaincus; Darius prit la fuite (33J avant J.-C.J.

Suivant Diodore, la bataille ü’àkiïelle avait coûté aux Perses quatre-vingt-dix mille hommes tués, aux Macédoniens cinq cents, sans compter les blessés, qui étaient en grand nombre, et, de plus, plusieurs généraux tombés dans Faction. Amen, et d’autres f 1 cr i va i n s, g ross i s sen 11 es perle s d es prem i e rs, a mo i n dmsent celles des seconds, mais je m’en tiens de préférence aux chiffres que je viens de donner. Diodore ne peut avoir diminué les avantages obtenus L VI. 2

par Alexandre. Darius chercha un refuge dans les 1 satrapies de l'Asie. II mit tout en œuvre pour fornier un e nouvel le armée,

Alexandre rend h ceux des siens qui avaient succombe les derniers devoirs ; et bientôt, pour éviter Vinfect)oa que la grande quantité des cadavres gisant sur le sol devait répandre dans l'air, lève son camp et marche vers Babylone. Il y arrive; les habitants de celle grande ville l'accueillent avec joie ; % il se repose, ainsi que son armée, de ses longues fatigues; tous les pays qu'il avait traversés, il se les était appropriés ; des gouverneurs, des satrapes, la régissaient en son nom. Alexandre adjoignit à ses troupes, jusque-là composées de Macédoniens et de Grecs, des Perses et d'autres Asiatiques, fl reçut aussi des renforts de l'Europe (331 av. J.-G.).

Alexandre, à la tête de sa vaillante armée, continué sa marche : il arrive dans î'éparchie de Sîttace, pénètre dans la Susiane, s'empare de Sùse : il laissé dans cette ville la mère, les filles et le fils de Darius. La femme de ce roi était morte depuis peu. Alexandre poursuit sa marche, traverse des pays divers, aucun obstacle ne peut l’arrêter : il était peu éloigné de Perse polis' ; la ; « le roi vit venir à sa rencontre, dit Diodore, huit cents Grecs en Habit dé suppliants : iis avaient été réduits à P esclavage par les prédécesseurs de Darius. Ces malheureux, pour la plupart avancés en üge, élaient tous mutilés: les uns avaient les mains coupées; les autres les pieds; d'autres les oreilles et le nez; à ceux qui savaient quelque métier ou quelque industrie, on ne leur

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