‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 18 sur 45 · LES SUCCESSEURS U ALEXANDRE · texte numérisé non relu

LES SUCCESSEURS U ALEXANDRE

Perdiecas envoie Eutnène combattreÀnlipater, et lui-même il marche contre Piolémée- Les armées se rencontrent; guerre partout!.. Alexandre est obéi.*. Ses généraux se livrent un grand combat funèbre. Cratère, NéoptoIème,Perdiceas, sonL tués. Cè dernier avait régné trois ans. A près sa chute, ses amis sont massacrés (322 avant J.-C,).

À nt i pater se rend à Babylone, se fait déclarer régent. Il revêt à ce litre l'autorité suprême. Il fait un nouveau partage des satrapies; ses amis sont favorisés. il retourne en Macédoine avec les deux roi s. En leur absence, Antigone gouverne l'Asie (321 avant J.-C.)*

Anlipater* Antigone, Ptolémée, Lysimaque, gouvernent, l’un la Macédoine, l’autre Babylone et l'Asie, le troisième, l’Egypte etCyrène, le quatrième, la Thrace. Ces chefs, auxquels il ne manque plus que le litre de rois, se détestent, se combattent par eux-mêmes et parleurs amis, auxquels ils montrent en perspective des , richesses, des honneurs, des satrapies. Le sang coule à Ilots.

Eu Macédoine, Ànlipater meurt; Polyspherchon le remplace comme régent. Mars Gassandre est jaloux et murmure de ce .qu’il n’a point hérité de la place de son père, qu’il croyait lui être due. l/Àsie éprouve de nouveaux troubles ; chaque chef de satrapie veut se rendre indépendant. Antigone, qui gouverne h Babylone, intrigue. Il députe vers Eumène pour se l'attacher. Il veut expulser les anciens satrapes et les remplacer par ses amis, par ses créatures.

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Cassandre veut remplacer Polyspherchon, Il cens* pire, il cherche à s'attacher la Grèce, et à la faire 1 révolter en sa faveur (321 avant J.-C,).

Àntîpater avait institué des gouvernements oligarchiques, parce que les riches, à la tête desquels était Phocion, faisaient infiniment bon marché de l'indépendance de la patrie. Cassandre, son fils» s'appuyant sur le même parti, espère supplanta Polyspherchon. Celui-ci, pour tromper son attente, promet, par un décret royal, de rendre aux villes grecques le gouvernement populaire et l’indépendance, d’en retirer par conséquent les garnisons macédoniennes ; voici un fragment de ce décret; j

$ Nous vous honorons de notre ancienne affc a tion, et nous vous apportons la paix. Nous vois « rendons également les formes de gouvernement c dont vous avez joui sous Philippe et sous Âtexan- «dre, et nous vous confirmons dans le droit de « maintenir l'intégrité de leurs ordonnances. Nm « rappelons tous ceux qui ont été bannis par noi « généraux depuis l'époque qu Alexandre est pdssl « en Asie , et nous voulons que ces bannis , renlfh « dam leurs foyers, soient complètement amnislih « et déclarés capables de prendre part au gouvem- « ment ; que tout décret porté contre eux soit aboli v IL n'y aura d'exception qu’à l'égard des assassins < et des sacrilèges, bannis conformément aux lois.* (Diodore de Sicile.)

Une force étrangère dominait la ville. Nîcaû# occupait les fortifications d'Athènes avec ses troupes, U avait été placé la par Cassandre au moment

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de la mort d’Ànti pater son père, et avant qu'on lui eût désigné un successeur : ce chef, reconnaissant envers Cassandre, et contrariant les vues de Polyspherchon, refusa, malgré la teneur des décrets, de rendre aux Athéniens les forteresses dont il était en possession. Ceux-ci s'eu plaignirent; Polyspherchon envoya des troupes sous le commandement de son fils Alexandre. Le gouvernement démocratique fut relevé. Les exilés furent rappelés, les patriotes qui avaient souflèrl sous le gouvernement précédent, obtinrent les emplois- Les serviteurs de l'oligarchie, qui les avaient persécutés, proscrits, furent jugés, condamnés, les uns à la prison, d'autres à l'exil, d'autres it la mort, Phocios se trouvait parmi ces derniers. Le peuple fut sévère à son égard, mais lui-même, il avait été sévère à l'égard de beaucoup de ses adversaires politiques. Cet ennemi de Démosthène, de Léosthène, de tous les zélés serviteurs de la patrie, cet ami de l'étranger et de la paix à tout prix, n'avait pas les hautes qualités que les écrivains lui attribuent : ce n'était qu’un égoïste enveloppé dans des formes graves, compo sêes, et nous comprenons la haine du peuple h son égard. Pour les ami s de l'indépendance, il était coupable (320 avant L-C ).

Le fite de Polyspherehon avait repris toutes les forteresses, à l'exception d'un point inexpugnable, dont Nieanor restait encore mattre. Il pouvait toutefois retirer la garnison macédonienne, et laisser aux Athéniens la garde de leur ville; il n'en fit rien. Les réclamations adressées à cet égard par ceux-ci à T* vj, 4

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Polyspherclion furent de nul effet» L étranger, en dépit des plus belles promesses, était toujours le protecteur ou l’oppresseur d'Athènes, Le cœur des démocrates en souffrait, et leurs illusions se dissipaient* i

Plus tard, Nïcnnor, maître de la citadelle, parvint ii ouvrir à Cassandre, avec lequel il n’avait cessé d’entretenir des intelligences secrètes, le port èf Pirée* et de la il domina la ville.

Les Athéniens, qui n’avaient pu obtenir de Po* lyspherchon leurs ports, leurs forteresses, leur en* tîère indépendance, toutes choses qui leur avaient été promises, se soumettant à la rigueur des circoiistances, traitèrent avec Cassaudre, et reçurent de lui pour gouverneur Déihetuics de Phàlbre, harnais de mérite; ils se trouvèrent encore heureux tlî passer d’un semblant d’indépondauce à une servi* tude supportable (318 av. J.-C.)*

Antigone, Ptolémée, Polyspherehon, Cassandre, se livrent pendant des années entières, soit par eus* mêmes, soit par leurs généraux, des batailles sans nombre. Tous les chefs, tous les soldats, ont jadii marché sous les mêmes dru peaux ; ils se connais* sent réciproquement; aussi, n’ont ils point de répugnance les uns pour les autres; le nom de patm ils l’ont oublié; pour eux, il n’est point de foi, point de principes, point de devoirs : aussi, les trahisons sont-elles fréquentes* Ces hommes pussent sans scrupules du drapeau d’un prétendant sous le dra* peau de son rival. Chacun trahît dès qu’il croit irou* ver un avantage quelconque à le faire, Pion, jamais

LES StCCESSEtTOS 1*’ALEXANDRE.

Oïl ne vit tant d’intrigues, tant de luttes, tant d’avarie^ tant de prodigalité, tant de barbarie, tant de bassesse et de dégradation. Telles étaient les suites des exploits d'Alexandre, ee grand civilisateur !...

Antigone affermit son autorité en Asie, son lils Démétïîùs le seconde, Cassandre marche sur la Macédoine * s’en empare; il but mûttrv à moit Olymfias. mère d’Alexandre, le ni me toute souillée de crimes* Il tient enfermée Roxane et son dis: la royauté le tente, ii se rendra criminel f 31fi av* <1 C*).

Séleucus» pour éviter la mort que lui préparait Antigone* s’enfuit de Babylone, dont il était satrape, et se rend en Égypte (315 av. J.-G,).

Antigone affiche une extrême ambition: il cause de l’inquiélude à ses rivaux ; ils s’unissent: ils vont le combattre; le sang coule; la paix se lait enfin.

Cassaxdue gardera le commandement de l’armée en Europe jusqu’à la majorité du fils d Alexandie et de Roxane ; Lysïmaque garde la Thrace; Ptolémée, l'Égypte; Antigone, l’Asie: et la GafecE recouvrera son indépendance. Telles étaient les clauses du nouveau traité, mais la bonne foi était inconnue des contractants.

Cassai] dre fait êgorgev dans leur prison Roxane et son fils, et le voîfà roi de Macédoine. Ses rivaux se réjouissent dans le fond de Tàme de cet assassinat (311 If J -C.).

Ils n’ont plus à redouter les prétentions du fils de leur maître, au nom duquel ils avaient usé de la puissance jusque-là. Us sont rois désormais, el ils en prennent le titre : Cassas due est roi de Afacé-

douze ; Ltsihaque , roi de Thrace ; Ptolémée, roi d'Égypte ; Séleücüs, après une action hardie, se fait déclarer rot de Babylone ; Antigone est rai de l'Asie-

Antigone ne mettait point de frein h son arabi* tion; il voulait régner sur le monde entier. Une nouvelle coalition se forme contre lui. Les combats sur terre et sur mer recommencent avec un redoublement d’énergie. La lutte est longue. Le lîls d'Antigone, Démétrius, fait des prodiges de valeur;il chasse les garnisons étrangères des villes grecques, et rend successivement à Athènes, à Mégare, àTbk bes, à Sicyone, a Corinthe, a Buta, à Scyrum, etc.,

F indépendance et la liberté. Mais de tels trésors, pour qu’ils aient un prix réel, ne doivent pas nous être offerts par les mains d’un maître; non; nom devons les conquérir, et surtout être dignes de les posséder (303 av. J.-C*)*

La coalition des rois finit par triompher d'Antigone, qui fut vaincu et tué à la bataille d’Irsus. Ses vastes États furent déchirés, partagés entre les vainqueurs. Séleueus eut la plus forte part; il fut le plus puissant des rois, et ce fut dans la Syrie qu’il établit le siège de son empire. La Grèce retomba dans ïa servitude (301 av. J.-G.).

Le fils d’Antigone, Démétrius, se relève avec ! éclat. Il parvient a usurper le trône de Macédoiuf (294 av. J.-C.J.

Les ennemis naturels de son père et les siens si joignent à Pyrrhus, dit le Grand, roi d’Épire, elle 1 chassent. Il va mourir en Asie, dans les fers de

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ieucus (288 av. J.-C.). Ce même Séleucus détrôna et Lua son vieil ami Lîsymaque; il tomba bientôt sous le poignard de Ptolémée Cèraunus, que les Gaulois vainquirent et décapitèrent un peu plus tard.

Après la mort des illustres et sanguinaires lieutenants d’Alexandre, leurs enfants t leurs amis, leurs élèves, parmi lesquels se trouvait Pyrrhus, continuèrent leur œuvre de dévastation. La Grèce essaya vainement de se relever.

Que de combats sur terre et sur mer se livrèrent tous ces furieux! Combien de villes, combien de campagnes ils dévastèrent et détruisirent! quels flots de sang ils firent couler! Et ce sang ne devait fertiliser aucune idée, aucun principe d’avenir. Ils combattaient pour la puissance, pour la gloire, ils croyaient s’illustrer, les insensés, aux yeux de la postérité, et la postérité les a dédaignés ! Le peuple connaît les champs de bataille de Marathon, des Thermopyles, de Salami ne, de Platée* de M y cale, et son cœur bat à leur seul souvenir, parce qu’on y combattît pour la liberté; mais il ignore sur quels terrains se sont déchirés les lieutenants d’Alexandre. Le peuple sait les noms de Miltiade, de Léonidas, d’Aristide, de Thémistocle, de Thrasybule, parce qu’ils étaient les soldats d’une juste cause. Il n’a pas oublié les noms de Solon, de Socrate, de Diogène, de Démosthène, parce que ces hommes représentent des idées : mais que sont pour lui les PerdiccaSj les Antipater, les Ptolémée, les Séleueus, les Antigone, les Lîsymaque, les Cassandre,

les Démétrius et les Pyrrhus, malgré leur génie, leur courage, leurs faits d’armes extraordinaires! Des inconnus; et s’il sait leurs noms, c’est pour la mépriser L. Que cela prouve bien la solidité de son esprit, la moralité de ses sentiments ! Celui dûnc qui veut vivre éternellement dans la mémoire des peuples, dans leur cœur surtout, ce n'est pas apres la richesse, après la puissance, après la gloire qui! doit courir; non, mais il doit combattre pour la liberté, pour lu justice, pour rbumanité; et alors il obtiendra leur altèction, et lu gloire par surcroît* L'empire d'Alexandre s’évanouit aussi vite quil détail formé, et chacun de ses débris constitua m Etat indépendant, qui furent les royaumes de Macédoine, de Tuuack, d'E gypte, d'Epiuc, de IIithïnie, de Syrie, dePEnu a m e * de Pû n t , de CappadoOp d’AfiMÉME, d'HÉ raclée, de Paphlagonie, de Coj> cm de, d’iiîÉMiE, d’A lbanie, des Parthes, des Bact riens, etc,, etc*, et tous ces royaumes étaient dans de constantes guerres les uns contre les ail' très * Ykw I à q u e l lut *■ e n rés um é, le ré su I tat des gr uads travaux d’Alexandre et de ses illustres généraux* Athènes était épuisée; son oligarchie lui tenait autant que possible, le front dans la poussière; cependant la Grèce, bien que dégénérée, donna eucore un signe de vie : la ligue achéexxe, composée de P union de plusieurs villes gouvernées démoeiadquement, au nombre desquelles étaient Panas, Dyme, Pelîène, Àtgiurn, Phares, Bura, Hélice, Hhium , Sïcyone, combattit, sous le eommandemeal d'iRATes, les rois de Macédoine, et leur arracha

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