‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 19 sur 45 · LES SUCCESSEURS ^ALEXANDRE · texte numérisé non relu

LES SUCCESSEURS ^ALEXANDRE

CûPïüt he (2W av. .L-C*), Cette ligue éprouva toutes les chances de la guerre. Mais, il faut le dire, sa co ml ni le ne fut pas toujours logique, toujours intelligente: le génie (f Athènes présida rarement à ses résolutions.

Un roi de Sparte, Agis, quatrième du nom, voulut relever sa patrie, que les richesses mal réparties ei les abus avaient pervertie. Les riches le firent mettre à mort. Son successeur, Cléomène, voulut donner suite à ses tentatives de réformes : il dut aller expirer sur la terre d’Égypte, Lacédémone eut pour dernier roi Nabis* qu'on nomme le Tyrani et sur lequel gu débite fi s histoires les plus monstrueuses; nous en parlerons en traitant des conquêtes de Rome, et là, on verra comment finit Sparte,

La ligue icHÉENisE, grossie de plusieurs villes du Péloponèse, fit un dernier effort en faveur de l'indépendance ! sous le commandement de Philopémex; mais elle devait succomber!... Que pouvaitelle quand la Grèce avait perdu les vertus qui avaient fait sa force, sa gloire, son bonheur? Philippe et Alexandre de Macédoine avaient blessé au cœur cette patrie des sciences et des arts, La Grèce devait donc être pour les Romains une facile proie. Nous ne nous étendrons pas davantage ici. En traitant du peuple le plus envahisseur, nous dirons comment chaque partie de ïa Grèce et plusieurs autres États allèrent s’engloutir dans la république romaine*

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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Nous avons terminé l 1 histoire de ïa Grèce; mm nous retournerons sur le passé de ce pays, afindf jeter quelque jour sur les points les plus importants de sa vie politique et morale. Nous tenons à laissai nos réflexions, nos pensées, nos sentiments dans kl conscience de nos lecteurs. Si nous nous répéteur parfois f on nous le pardonnera en faveur de min désir de nous rendre utile.

Quelles ont été les causes générales de ïa déc*\ dcnce, puis de la chute même de la Grèce f — LVl gueil des aristocrates, T égoïsme des riches, leur ei>P pidité et leur lâcheté. Ajoutons à cela les idées, te théories, les opinions anti-libérales, anti-sociale d‘une partie de ses écrivains., et surtout des philo* sophes académiques qu'on a le plus vantés. Ilsattaquaient le peuple, la démocratie, ses serviteurs b plus dévoués sous le nom de démagogues ; ils ni* valent d'amour que pour les monarchies, au sein desquelles ils n'auraient su vivre ; ils étaient les courtisans des Philippe, des Alexandre, des Denys etdfl bien d'autres rois; ils diffamaient, ridiculisaient te hommes les plus dévoués à la chose publique, te

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principes les plus salutaires aux populations, et c'élait là desservir la patrie, ruiner la Grèce et la liberté du monde. Mais si des poètes, si des historiens, sî des philosophes ont fait par leurs sarcasmes, par leurs calomnies, la guerre au peuple, qu ils appelaient la populace , il ne faudrait pas croire que nos modernes écrivains s T en soient fait le moindre scrupule quand ils ont eu à traiter les mêmes sujets : rien de plus doux pour beaucoup d'entre eux que d’aecuser la multitude. Donnons-en des preuves ms plus attendre.

Socrate.

M. de Pou que ville prononce, dans son Histoire delà Grèce , à propos de Socrate et du poète Aristophane! qui l’avait joué dans sa comédie des Nuées , tes paroles que voici :

u Les traits du poète licencieux souvent nièrent en passant par la bouche d'une populace envieuse d un homme de bien, etc., etc. m

Voilà done ta populace envenimant tes traits du ptrète le plus venimeux qui fut jamais; voilà la populace envieuse d’un homme de bien: et pourquoi, Parce qu'il était homme de bien... Pauvre populace î pauvre peuple 1 comme Ton le traite, comme Ton se plaît à t'injurier... Mais les calomniateurs, mais les accusateurs, mais les persécuteurs de Socrate, ce furent donc les pauvres ? ceux qu'on appelle la populace? — Non, non ; ce furent les riches, les puissauts, chacun le sait : les premiers traits furent lancés par Aristophane , l'ennemi passionné de la

démocratie, qui le traduisit sur la scène comiqtïej le tourna en ridicule, l'abreuva d'outrages, et fil tout ses efforts pour le perdre dans l’esprit du peuple, en l’accusant d'athéisme et de vol*

Les Grecs croyaient à Jupiter; c T était là leur divini Lé suprême* Aristophane fait dire à Socrate qu’il n'y a pas de Jupiter, qu'il n'y a pas d'autres divinités que les nuées* Donnons un exemple du savoir faire du poète*

St repsi ad e et Socrate s’entretiennent ensemble sur la scène* Pendant ce temps arrivent les nuits, qui forment le chœur de la pièce qui porte leur nom* Elles saluent Slrepsiade, qu’elles appellent l H omme des anciens jours, ardent à la poursuite di" la sagesse, puis elles s’adressent ainsi à Socrate :

*toi, pont fe âes niaiseries tes plus subtiles, dis-ooa ce que tu veus. Car de tous les sophistes qui lisent dam les astres, tu es, avec Prodicufs, celui que nous écoutntjsii plus volontiers : celui ci pour sa science et sa haute raison,} et loi pour fa démarche superbe, ton regard dêdaigneui,. ta patience h marcher nu pieds et ton air imposant.

« Strepsupe. — 0 terre, quelle voii 1 qu'elle est sainte, auguste, prodigieuseî

a Socrate* — Osl que seules elles sont déesses (ta nuëps ), tout te reste n’wst rien*

u STfiEpsiABE;, — Dis-moi* je te prie* Jupiter Olympia n’est il pa* dieu? P “ v

« Socrate — Quel Jupiter? Tu te moques ; il n’y a pai de Jupiter w

Ainsi Aristophane nous montre Socrate* Aprfc lavoir accusé d'athéisme, il va nous le faire voir exerçant, le vol. Voici comment il fait parler un diar ciple du philosophie :

« Hier au soir nous n’avions pas à souper, *> Uo pet*

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