‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 2 sur 45 · LA JEUNESSE ^ALEXANDRE. THÈEES · texte numérisé non relu

LA JEUNESSE ^ALEXANDRE. THÈEES

sous le poignard de Pausanîas, et, paroles terribles! des historiens insinuent que l’épouse et le fils de ce roi ne lurent pas étrangers à sa fin prématurée (336 avant J,-G,}*

A peine la mort de Philippe fut-elle connue, qu’il y eht des révoltes dans la Th race, dans ITIlyrie, dans I a T h essa lie, À1 exa nd r e fondit sur ces p : j y s et les soumit de nouveau au joug de la Macédoine. Plusieurs Etats grecs, et les Athéniens et les Thébains en tête, crurent pouvoir profiter de la jeunesse et de réloîgnement du fils rie Philippe pour faire un soulèvement et reprendre leur indépendance; mais Alexandre accourut en loute hâte, surprit les Athéniens, et lés contraignit à la paix. Ensuite, il avança contre Thèbes, ayant sous scs ordres une armée de trente-trois mille hommes; il l’investit, et lui fit des propositions d’accommodement. Les Thé bai ns T que soutenait le souvenir d’Epaminondas, l'un de leurs héros, ne déposèrent point les armes, la ville dut soutenir un siège. L’attaque fut vigoureuse, la défense ne le fut pas moins. Cependant, malgré la bravoure des assiégés, Alexandre finît par l’emporter; Thèbes tomba en son pouvoir et souffrit toutes Iis calamités, toutes les horreurs qu’un féroce vainqueur peut faire endurer h une ville prise d’assaut.

Diodore de Sicile fait du siège rie Thèbes le tableau le plus animé, que nous ne mettrons pas sous les yeux de nos lecteurs; cependant, voici sa conclusion : « La ville entière fut bouleversée; les enfants, les jeunes filles, invoquant le nom de leurs in-

GBÈCE,

fortunées mères, furent arrachés de leurs retraites; en un mot, les maisons, avec loutesles familles qu'elles renfermaient, devin rentla proie des Macédoniens, et toute la population de la ville fut réduite à l'esclavage. Quelques Thébains, couverts de blessures et près d'expirer, s’attachèrent aux corps de leurs ennemis et, les étreignant dans leurs bras, ils se donnaient la mort à eux-mêmes ainsi qu a leurs meurtriers. D’autres se défendaient avec des fragments de lances et combattaient avec désespoir, estimant la liberté plus que la vie. Le massacre fut grand; toute la ville était jonchée de cadavres.... Les Thébains perdirent plus de six mille hommes et plus de trente mille furent faits prisonniers, sans compter les richesses immenses qui tombèrent au pouvoir du vainqueur. »

Plutarque rend compte ainsi des mêmes faits :

« La ville fut prise, livrée au pillage, et détruite de fond en comble. Alexandre crut que cet exemple de rigueur jetterait l’étonnement et V effroi parmi les autres peuples de la Grèce et les obligerait à vivre en paix; mais aussi, pour donner un prétexte spécieux à cette cruelle exécution, il dit qu'il n’avait pu la refuser aux plaintes de ses alliés ; il est vrai que les peuples de la Phocide et. de Platée faisaient de grands reproches aux Thébains. Alexandre n'ex, cepta de la proscription générale que les prêtres, ceux des Thébains qui étaient unis avec les Macédoniens par les nœuds de l'hospitalité, les descendants de PimiHE, et ceux qui s'étaient opposés à la rébellion. 11 vendit tous les autres au nombre de

ALEXANDRE. THERES* ATHÈNES, 0

trente nulle , fit il en avait péri plus de six mille dans Je combat [333 avant J,-C.)»»

Après la destruction de Thèbes, « Alexandre, dit Dîodore de Si cile, envoya une députation a Athènes, pour demander qu’tro lui livrât les dix orateurs qui s étaient déclarés contre lui , et parmi lesquels les plus illustres étaient Déiîîosthène et Lycurgue. Une assemblée lut convoquée ; les envoyés furent introduits et exposèrent l’objet de leur mission. Dès que le peuple en eut pris connaissance* il fut aussi alarmé qu embarrasse : d’un côté, il désirait sauver l'honneur de la cité, d’un autre, à l’aspect des ruines de Thèbes, il était saisi d’épouvante et redoutait de s exposer aux mêmes infortunes que ses voisins» Plusieurs discours furent prononcés dans rassemblée, Enfin, Phocion, surnommé le Probe, qui avait toujours été opposé à la conduite poUiique de Démoslhène, se leva et dit que ceux dont on demandait ^extradition devaient imiter l’exemple des filles de Léos et des Hyacîntliides, en subissant volontairemmt ta mort pour prévenir le danger irrémédiable qui menaçait la patrie : il reprocha aux orateurs comme une lâcheté et une couardise de ne pas vouloir mourir pour le salut de VEtaL Mais le peuple, indigné de celte harangue f chassa tumultueusement l'orateur de rassemblée . »

Demosthène prit enfin la parole et fît entendre un discours très habile» Démnde, son ennemi naturel, 1 appuya en une circonstance si grave, ce qui surprit extrêmement, et proposa l'adoption d’un décret qui portait : « que ces orateurs ne seraient pas

livrés, wais qu'ils seraient juqés confann émeut aux

lois Et CONDAMNAS ^ILSÉTAIETïTCOCPACLES.BBiodore

poursuit ainsi :

« Le peuple adopta la proposition de Démade et Tenvoya avec quelques autres députés auprès do roi pour faire agréer le décret* Démade tut en outre chargé de solliciter <1 Alexandre d accorder au peuple athénien te droit de recevoir chez lui les Thébains fugitifs. Ôêmade s’acquitta rie sa mission ; il réussit par son éloquence à dncîtîcr Alexandre de se désister dés poursuites dirigées contre les dix orateurs, et d’accorder toutee que les Athéniens lui demandaient*

Athènes, malgré ses malheurs, n'abandonnait pas les droits de Inhospitalité, de l’humanité. De combien le peu [de, le pauvre peuple, ne l'emportalt-il pas en dignité, en bravoure, en générosité, sur la faction aristocratique, et surtout sur ce Phoeîon, surnommé le Probe, qui, dans une situation si périlleuse, n’eut que des paroles de récrimination contre les patriotes, et particulièrement contre Démosthène, son rival politique? Disons que ce fut dans ce temps-là, après le sac de Thèbes, après rtnimîdation d'Athènes, lorsque l'aristocratie était dans la joie, que le cupide Eschîne intenta contre Démosthène le procès dont nous avons parlé, et qui devait se terminer à la gloire de celui-ci, à la honte de celui-là. Ainsi le peuple d’Athènes, après tout ses malheurs, se maintenait digne : il refusait à Alexandre les dix orateurs, il lui demandait qu’il lui fth permis d’accueillir les fugitifs de Thèbes, il associait encore à la politique deDémostbène, îl frappait

ALEXANDRE» THÈBES, ÀfftÈNlS. DIOGÈNE» Il

cPexiï ses calomniateurs, les amis de Penhéim, sous Ifes yeux mairie d’Alexandre. ïiîen de plus admirable qu’une telle conduite, et le fils de Philippe eu fut lui-même émerveillé»

Après la destruction de Thèbes et la soumission d'Athènes, Alexandre n'eut plus rien à redouter de la Grèce. Jï se rendit à Corinthe, parla de l'expédition projetée par son père contre ta Perse, et les Grecs assemblés dans l'isthme arrêtèrent qu'ils joindraient leurs forces à celles de la Macédoine. Alexandre « fu( nommé chef de cette expédition, dit Plutarque, et reçut la visite d'un grand nombre d’hommes d'Htat et de philosophes, qui vinrent le féliciter sur son éjection. » 11 ajoute: « Il se liai ta que Diogène, qui était alors à Corinlhe, lui rendrait aussi sa visite; maïs voyantque ce philosophe faisait peu de cas de lui et qu’il se tenait tranquillement dans son faubourg, il alïa lui-même le voir, Diogène était couché au soleil, et lorsqu’il vit venir à lui une foule si nombreuse, il se souleva un peu et fixa ses regards sur Alexandre* Ce prince, après l'avoir salué, lui demanda s’il avait besoin de quelque chose : Oui, lui répondit Diogène, ôte-toi un peu de mon soleil. Alexandre, frappé de cette réponse et du mépris que Diogène lui témoignait, admira sa grandeur d'âme; et comme ses officiers* en se retournant, se moquaient de Diogène : Pour moi, leur àit ce prince, si je n 1 étais pas Alexandre, je voudrais être Diogène (335 avant J.-C.).*

Alexandre se rendit de là à Belphe, ensuite en Macédoine, où il termina ses préparatifs de guerre.

L’heure du départ allait sonner; son armée* que Ton porte à environ quarante mille hommes , était prête à se mettre en marche.

Donnons maintenant un coupd’œil sur Tétât de la Perse*

Le« roi* de i'erwc.

Nous avons parlé en son lieu de Déjocès, de Phraorte,de Cyaxares, d’Astyage* rois des Modes; de Cyrus, qui s’empara de leur autorité et fonda la puissance des Perses; de Cambyse, du mage S merci is | de Darius , le vaincu de Marathon ; de Xerxès, son fils, qui, après avoir envahi la Grèce, dut la fuir avec tant de précipitation.

À partir de là la Grèce n’eut plus à subir d'invasion. Cependant la Perse continua d’être la grande nation, et son roi fut encore le grand roi.

Nous avons donné quelques détails sur le retour de Xerxès dans sa capitale après sa fatale expédition ; nous avons parlé de ses amours, des vengeances de sa femme, la cruelle Àmeslris* Nous avons dit quelle fureur ranimait contre son fils Darius, et comment celui-ci échappa aux coups du père pour tomber sous ceux de son frère Arlaxerxès Longue-Main.

Ce fut à la cour de ce même Arlaxerxès que se rendit Thémîstocle après sa disgrâce; ce fut ce roi qui l'accueillit si généreusement et vouluL ensuite le pousser contre Cimon et les Grecs; ce fut ce roi qui, après maint échec, fut réduit à accepter des Athéniens le traité de paix le plus humiliant po U

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