‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 23 sur 45 · MIT · texte numérisé non relu

MIT

Thèûes avait relevé son gouvernement populaire: les Lacédémoniens veulent la replacer sous le joug de l'oligarchie. Le peuple thébain proteste el prend les amies. Thèmes et Sparte se combattent. Epahe nom)as et PÉLOPioASj deux hommes de génie, mi à la tête des premiers; et l'élan démocratiqueeit irrésistible. Sparte recule, s'affaisse, elle va succomber, celte orgueilleuse ville; elle pousse le cri de déLresse, et cette bonne Athènes, toujours si secourable, si sensible au malheur, elle qui avait déjà sau vé son étemelle ennemie des Messéniens et cte H ilotes révoltés» la protège contre les Thébains, et la sauve une seconde fois I....* Et quelle ville ne doit pas de la reconnaissance aux intrépides Athéniens?.**

Maintenant, forage gronde du côté de faJHWdaim : Philippe se lève, grandit, veut assujétiri Grèce. Démosthène et le peuple d'Athènes sont ensemble; ils sonnent l'alarme; ils veulent tirer b Grèce de son indolence, la pousser sur I f eiivafaisseiïï- L oligarchie, ayant Phocion en tète, veut partout h paix, refuse d'agir, les Athéniens et les Thébaias seuls osent combattre Philippe et son fils, deiw guerriers sans seconds. Ils sont vaincus; mais ils se sont montrés dignes de la victoire, de 'Findépflfr dance, de la liberté (IJ,

(I) Quand Philippe approcha de PA nique d'une manî&nJS subiic, si inattendue, les Athéniens avalent leurs troublé panducs dans différents pays, dans diverses garnisons, et # talent nullement en mesure de faire la guerre. Ils aitûèfÆ donc en toute hâte ce qu'ils avalent dans la ville de

Philippe meurt; Alexandre lui succède. Athènes et Thèbes poussent encore le cri de liberté. Aucun écho ne répond; Sparte et les autres Etats, dominés \m les grands, ont gardé le silence, Athènes est forcée de se soumettre; Thèbes est détruite; ses habitants sont tués, vendus ou mis en fuite,

Alexandre envoie demander à Athènes les dix orateurs patriotes qui avaient excité à la guerre contre son autorité. Une assemblée ayant été convoquée à celte occasion, PhocîOn y rappela, afin de happer plus vivement les esprits, le saccageaient de Thèbes, et dit ensuite que, pour Je salut d'Athènes, les orateurs devaient, d’eur-mêmdP, se livrer à leur ennemi pour subir leur sort. Mais le peuple , quel quesoîtson péril, couservesadignité; il chassa de rassemblée l'insensible, le dur Phoèion, et répondît au fils de Philippe qu’il ne livrerait point les orateurs ; qu’il se réservait le droit de les juger luîniÈme, et qu’il les punirait s'il les trouvait coupables; il poussa plus loin t il demanda au vainqueur imié la permission d’ottVir dans la ville d’Athènes l’hospüaliiéauxThébaîiis fugitifs. Tant de hardiesse, de courage, de générosité, ne fut point funeste aux Athéniens; Alexandre en fut touché, et accorda tout à uu peuple si brave, dont il désira conquérir l'estime,

de berane volonté, et allèrent combattre à Chéronée, L T année qifiis venaient irimpvovïser Tut battue, dispersée par des ennemis aguéris, expérimentés, préparés de longue main à cette agression; mais la gloire d'Athènes s'accroît encore de cette défaite.

Alexandre part pour l’Asie : îl avance, il combat, il conquiert, il meurt... Les Athéniens, instruits de sa mort, et craignant le joug macédonien, que les successeurs du héros imposaient et alourdissaient de toutes parts, se soulèvent encore, font un appel h la Grèce, et l’engagent à profiter des circonstances et à tenter un dernier effort pour reconquérir la 1Îberté. Cet appel eut peu d'écho ; Phocion et ses amis paralysèrent, autant qu’ils le purent, tout mouvement guerrier, tout espoir d'émancipation. Cependant les Thesmliem et les Etoliens firent cause commune avec les descendants des vainqueurs de Marathon : Léosthène commandait en chef ces forces réunies, àntipater part de la Macédoine, avance pour les combattre. Les deux armées sc rencontrent , les lances et les épées se croisent; les Macédoniens sont battus et puis encore battus, ils reculent, ils s'enferment dans la ville de Lamia, où les Grecs les assiègent. Léosthène périt, ses troupes remportent encore quelques avantages; maïs, abandonnés de leurs alliés , ne recevant de secours d’aucun côté, n’entendant que des paroles de découragement, les Athéniens perdent toutespoïr; ils déposent les armes, ils sont vaincus.

La réaction triomphe; P oligarchie se relève; Athènes, pour la première fois, reçoit une gamisûfl étrangère; la terreur modérée règne dans la ville; les démocrates, les patriotes subissent Poutrage, la torture, la spoliation, Pexil, la mort. Pnociox gou* verne sous le bon plaisir d’Aolipaler; il estfexécu* leur des hautes-œuvres de l'étranger et de Tolîgar-

chie : Démosthène f Hypéride, d’autres hommes de mérite sont sacrifiés.

Grâce aux discordes de Cassandre et de Polysfhehchon, ]a démocratie, secondée par celui-ci, se redresse un moment; elle punît Phocion, et bientôt elle retombe pour ne plus se relever,

Àh I si Lous les Etals grecs avaient répondu à rappel d Athènes 1 si les riches avaient aimé la patrie comme les pauvres! si ceux qui avaient su échapper au joug des Perses avaient voulu mettre cent mille hommes sur pied, et plus au besoin, car üs le pouvaient! ils auraient combattu, puis encore combattu; la Macedoîne eût recule, et le succès devait couronner leurs efforts* Alors la Grèce, loin de périr, se fût relevée dans P éclat de ses beaux jours*

Mais quand la démocratie excitait les courages et les nobles ardeurs, les oligarques entravaient son action et forgeaient les chaînes de la patrie : la Grèce devait donc succomber et succomba* Mais haccu- S011S pas le peuple d’Athènes, il lut grand* Ceux qui 1 ont attaqué dans son caractère, dans ses vertus, seuls ils furent, petits, seuls ils méritent les flétrissures de la postérité : les faits historiques sont là; ils parlent haut, et les calomnies elles malveillantes appréciations inspirées pal* l’aveugle esprit de parti doivent tomber devant la vérité.

Nous avons prouvé, par l’exemple d’Athènes, que le peuple, loin d’être inconstant et lâche, possède 1 extrême contraire des qualités qu’on s’est plu à lui attribuer ; il est brave, il est constant dans ses efforts, dans ses principes ; il va toujours droit vers son but ;

Page 1