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en disant qu'ils sont nés pour ne pas connaître ïe repos et pour le ravir aux autres, w
Le portrait que voilà n’est certainement pas Hatté* mais il ne faut pas oublier qu’il est l’œuvre d’un ennemi; cependant, tel qull est, il ne laisse pas que de plaire. Nous venons de montrer les Athéniens dans la guerre ; Plutarque nous les peint ici d’une manière plus intime :
<t Le peuple d'Athènes, dit-il, est naturellement colère, mais sensible à la pîiîé; prompt à juger sur de simples soupçons, plutôt que de S'instruire lentement do la vérité des faits; empressé à protéger les citoyens obscurs; aimant les plaisanteries et les bons mots, vivement affecté des louanges qu’on lui donne, il ne s'offense point des railleries; redoutable à ses magistrats, il est humain pour ses ennemis même- »
Ouï, le peuplé d’Athènes était colère, maïs sensible; il était prompt à juger, et son instinct était sûr; il protégeait les citoyens obscurs, parce que c’étaient ceux-îà qui avaient le plus besoin de protection ; il aimait la plaisanterie, les bons mots, parce qull était plein d’à-propos et d’esprit; la louange digne le chatouillait, parce qu’iî était sensible à l’honneur et k la gloire; il ne s’offensait point des railleries, il était humain pour ses ennemis même, parce qu’il avait, un grand bon sens et une excessive générosité- Ajoutons qu’il assistait aux représentations des comédies d'Aristophane, qui le raillait et le calomniait; qu'il laissait les philosophes exposer librement leurs systèmes, émettre toutes les idées, attaquer même la forme et les actes du gouvernement qui leur donnait asile et protection, sans s’en
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émouvoir» ce qui prouve en faveur de sa tolérance et de son amour vrai de la liberté.
Athènes était la viîle de la loi, du droit» de !a législation, et l’accusé trouvait là des garanties positives.
tt Les Athéniens, dit Pauw, avaient vin penchant inné pour P ordre et la législation. La ville d Al heu es était le foyer de la lumière politique qui éclairait le reste du ] monde. »
a Nulle part au monde la vigilance de IWmintafrafipil ne fut portée à un pi lie haut degré d’activité et de sollicitude que dans PAtiique, w (Pauw.}
«Les peuples sont grands ou petits, selon qu'ils sont 1 bien ou mai gouvernés, elles Athéniens ne devinrent la première nation du monde que par l'excelle□ ce de leurs ! lois et La force de leur éducation.» (Pauw.)
st Parfaitement libres entre eu£* dît Lysias, on les vit tou* jours récompenser les bons et punir les méchants selon la loi. Ils pensaient qu'il n'appartient qu'aux animaux farouches d'employer la force, mais qu'il est réservé à l'Immoie de fixer le dro i1 par la loi et de le faire goü ter par la raison, »
Athènes était bonne pour tous ; l'etranger, Farti- ! san, l'esclave, trouvaient dans son sein ce qu'ils ne I pouvaient rencontrer nulle autre part.
« De tout temps, ditDémosthène, Athènes fut le séjour de la liberté : et pour cette raison vous avez voulu que f étranger qui habite dans vos murs, cl même les esclaves, partageassent avec vous le privilège de parler librement: aussi les esclaves chez vous s'expliquent-ils avec plus de hardiesse que les citoyens ne le font ailleurs.»
<( À Athènes on punissait sévèrement v quelquefois même de la mort, dit Montesquieu, celui qui avait maltraité resefoue d'u n autre : la loi d'Athènes, avec raison, ne voulait poïut ajouter la perte de la sûreté à la perte de l* liberté, »
, tt Les hommes s'accoutument à tout, et à la servitude
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Blême, pourvu que le maître ne soit pas plus dur que la servitude. Les Athéniens traitaient leurs esclaves avec une grande douceur : on ne voit point qu'ils aient troublé l'Etat à Athènes, comme ils ébranlèrent celui de Lacédémone,» (Montesquieu,}
Cette liberté chérie, que Bémosthène comprenait si bien, et dont il voulait que chacun pût avoir sa par I., n ’ éta i t pas d u goû t de p 1 us d ’un gra n d p en seur,
& L'abus le plus intolérable que ïa liberté introduise dans le gouvernement démocratique, dit Platon, c'estque tes esclaves de Vun et Vautre seæe sont aussi libres que ceux qui les ont achetés. J'allais presque oublier de dire à quel point de liberté pt d’égalité vont les relations entr& les hommes et les femmes On aurait peine à croire,à moins de l'avoir vu T combien les animaux qui sont à l'usage des hommes sont plus libres que partout ailleurs; les chevaux et les ânes, accoutumés à marcher tête levée et sans se gêner, heurtent tous ceux qu’ils reucontrent si on ne leur cède le passage. Enfui tout y jouit d'une entière liberté. »
« À Athènes, dît Xënopbon, les esclaves et les étrangers domiciliés vivent dans une licence incroyable ; il n’est point permis de k s frapper : un esclave vous disputera le pas... Il n'y a rien, soit dans le maintien,soit dans Etafollement, qui distingue le citoyen de l'étranger ou d* l'esclave, »
Ce que Platon etXénophon signalent comme des abus intolérables, nous le considérons, nous , comme un grand bienfaitI.., II est glorieux pour Athènes et la démocratie d'avoir fait place à la femme dans la société, accueilli l'étranger avec bienveillance, adouci le sort de l’esclave et porté sa sollicitude jusque sur les animaux. Ce n'est qu'un gouvernemeut véritablement populaire qui peut Être sensiblu aux peines d'en bas t sur lesquelles l'aristocratie in daigne pomtitbaisser ses orgueilleux regards.
Athènes était le séjour des philosophes, des pen- | seurs.
<t Les philosophes grecs, dit Pauw, aimaient la ville d'Athenes plus qu'aucune autre ville de l'Europe et de i l'Asie; et ils préféraient encore le gouvernement des Àihétnetis à tous les gouvernements connus, (détail, disaient-ils, le seul point de la terre habitable où Ton pût construire le temple des sciences et des arts sur une base mêbranlabfe* »
« ALbènes seule, dit le même auteur, eut des écoles de philosophie; et elle seule sut les conserver. Quand on en érigeait ailleurs, elles tombaient bientôt en ruine, comme des édifices sans fondements ; et la génération qui les avait vues naître les voyait aussi mourir* »
A Athènes les écoles, ajoute encore Pauw, étaient absolument libres, absolument indépendantes du magistrat; on y discutait tous les systèmes politiques, la nature j de toutes les lois, Pe&p ri t de tou s les guu veru ements ; et on n'y faisait sa cuur a. personne. D un l'on peut inférer qu'aucune forme de gouvernement n'est plus favorable à la culture des arts et des sciences que la constitution popu- , laire ou démocratique. ?»
Athènes était le séjour des talents, le foyer des lumières. Dans son sein naquirent Solon, Thespis, Eschyle, Sophocle , Euripide, Ari stop liane, Thucydide, Socrate, Xéno piton, Platon, Autisthène, Isocrate, Démosthèue, Phidias, Métoo, Apollotlore, Epi- | cure, et une fouie d’autres hommes de génie ; et si Hérodote, Anaxagore, Aristote, Théophraste,Bémocrite, Zenon, Diogène, Appelle,ZeuxiS, Polygnote, Sont venus au monde dans d’autres parties de ia Grèce ou ailleurs, ils doivent néanmoins ù celle cité un bon accueil, des encouragemeiiLs, des secours*.,
Athènes fut leur mère nourricière et spirituelle :
Athènes ouvrit pour eux le Lycée, l’Académie, le Por*
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tique, le Palladium, rOdéum. C’était là que les sa-
vants T que les philosophes,que Iesartistes, se voyaient, discutaient, s'éclairaient mutuellement, et cela par les soins et la prévoyance de cette Jbonne ville. Les écrivains anciens et modernes ont été trop injustes envers Athènes, cependant la force de la vérité leur arrache parfois de précieux aveux.
« Athènes, diL Plutarque, fut la mère et la nourrice bienfaisante dus arts* Elle inventa et Et naître les uns, elle contribua à Peu cou rageaient et au progrès des autres. »
« Athènes, dit l'abbé B art hélerai, est moins le berceau que le séjour des talents. Ses richesses la mettent en état de les employer, et ses lumières de les apprécier : T éclat de ses fêtes, la douceur de ses lois, le nombre et le caractère facile de St.s habitants, suffiraient pour fixer dans son enceinte le* hommes avides de gloire, et auxquels it faut un théâtre, des rivaux eldesjugeî», »
« Les Athéniens, dit Voltaire, furent guerriers cgibûïê les Saks es et polis comme les Parisien ^ l’ont été sous Louis XIV ■ ils ont réus>i dans tous les arts qui demandent le génie et la main, comme les Florentins du Lumps des Medicis ; fis ont ëié les imdires des Humains dans lusscieuces et dans Téioquence, du temps même de Cicéron.»
Si Athènes fut sî grande dans les sciences et les arls, elle eut encore Thon neuf, la gloire sans seconde, de cultiver avec un soin extrême l'agriculture, l'industrie, et le commerce, a Si las Athéniens, dit Pauw, ne furent pas les inven* leurs de Yagricuilître, au moins faut-il avouer qu'ila furent les plus grands cultivateurs de la Grèce* v « Les Athéniens, dit-il ailleurs, étaient les première négociants et les premiers manufacturiers de la Grèce,*
Mais on reproche à ces hommes, qui savaient sa livrer à la oulture des champs, au commerce, à ift
LES ATHÈJfïEWS. SOT
navigation, à l'industrie, âla législation, aux sciences, aux arEs, à la guerre, leur théâtre; on prétend que ce théâtre les ruinait, les écrasait, Pauw est d*un sentiment contraire, et s’exprime ainsi :
« Quel qu’ait pu être le luie du théâtre d'ÂlhèiKs, ce I ifeti est pas moins une exagération de prétendre mie la représentation des tragédies de Sophocle et d'Euripide I coûta plus à la république que la guerre du Peloponese, j dont il est impossible de calculer les frais et les pertes* tandis que l'on conçoit facile me nique la grande célébrité j des poètes et des acteurs if Athènes y attirait tant d'étrangers de toutes les parties de l'Europe et de J Asie, que souvent la célébration des bacchanales augmentait la somme de l'argent, loin de k diminuer, »
Et en effet, ce théâtre, contre lequel on a tant déclamé, était Tune des richesses d’Athènes, et non une cause de mine.
On accuse le théâtre, les fêtes; on traite souvent d’oisif le peuple d’Athènes; et cependant, on doit h ce peuple, qui cultivait le commerce, l'industrie, ^agriculture, sans négliger les hautes scieneeset les ans, plus qu’à tous les autres peuples du monde; il faut donc qui! n’aie pas croupi dans la paresse.
Le peuple d'Athènes savait travail b r et s'artmij nïslrer; il n’était pas toujours obéré, endetté, comme tant de nations qui abandonnaient leur destinée au bon plaisir de q uelques hommes qui se prétendent d’une nature privilégiée, et qui font leurs affaires ûti détriment de celles de leurs administrés, qu'ils appellent sujets, et plus souvent serfs ou esclaves.
« Athènes, dit Pauw^vaitassez heureusement échappé a la nécessité iis contracter des dettes nationales,Jusqu’au moment où elle se vit subjuguée par les trente tyrans que