‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 38 sur 45 · DÉMOCRATIE ET ARISTOCRATIE · texte numérisé non relu

DÉMOCRATIE ET ARISTOCRATIE

démnniens étaient alors nos maîtres* et qu'après que les exilés » de retour dans leur patrie , eurent combattu pour la liberté, et que Conon eut remporté une victoire navale, tes mêmes Lacédémoniens envoyèrent des députés à Athènes pour nous céder le commandement sur mer- Qui de met contemporains ne se rappelle que * sous te gouvernement démocratique^ .ht ville était ornée de si beaux édifices sacré- et profanes , qu'à présent même les étrangers qu'elle attire la jugent digne de commander, non-seulement aux Grecs , mais à tons les ne aptes de la terre ; tandis que les tyrans , parmi ces édifices, ont négligé les uns, dépouillé les autres , et vendu pour trois talents la démoli lion des arsenaux 'le là marine qui mi avaient coulé mille à construire..., Pourrai l mi avancer que le gouvernement des Trente fut plus doux que la démocratie? Après s'être emparés do ta république en vertu d'un décret, les Trente firent mourir saris Les juger quinze cents citoyens, et en forcèrent plus de cm 7 mille k se retirer au Pirée. Ceux-ci, après avoir vaincu les tyrans et reconquis leur patrie, se contentèrent du châtiment des plus coupables; et agissant avec les autres dans un esprit de douceur et if équité, ils associèrent à tous leurs droits Ceux par qui Us avaient été bannis,

« Les Lacédémoniens qui, durant notre oligarchie, nous imposaient presque tous les jours des loi?, vinrent emménies, sous l'empire de la démocratie, nous supplier de ne pas les abandonner à la merci desTÎèbains.^En un mot, voici en quoi différaient les partisans des deux constitutions : les uns voulaient commander à leurs coudloyeus et obéir aux ennemis; les autres désiraient commander aux ennemis, et n'ètre que les égaux de leurs concitoyens* » (Isocrate.)

« Ces hommes injustes et méchants (les trente tyran~) s'annonçaient d'abord comme devant purger la ville des plus mauvais citoyens et porter les autres à la venu; voilà ce qu'ils promettaient et ce qu'ils n'exécutèrent pas*.*. Que de citoyens leur cruauté tyrannique n'a-t-elle pas obligés de chercher un asile chez ferme mi! combien ifen ont-ils pas fait mourir injustement et laissés sans sépulture? combien n'en ont-ils pas privés, contre toute règle, des droits et des privilèges communs! combien de filles près d'être mariées n'ont-iis pas frustrées d'un

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établissement convenable l..., Ils viendront peut-être vous dire qu'ils sont d'excellents guerriers,.qu'étant commandants de vaisseaux ils en ont pris plusieurs aux ennemis, qu'ïls ont amené à votre parti des villes qui vous étaient contraires. Mais ont-ils détruit autunL d'ennemis que de citoyens? ont-ils prb à l'ennemi autant de vaisseaux qu’ils lui en ont livré? une seule des villes amenées à votre parti valait-elle la vôtre, qu'ils ont réduite en servitude!... Ont-ils dont enlevé aux ennemis autaïrt d'armes qu'ils vous en ont ôté à vous-mêmes? les murs qu'ils ont forcés valent-ils donc ceux de leur patrie qu’ils ont abattus?... y> (Lysias.)

« Autrefois les Lacédémoniens protégeaient le peuple et chassaient les tyrans; aujourd’hui, quel contraste! ils se déclarent les ennemis des républicains et les protecteurs de la tyrannie. On les a vus, au mépris de la paix, renverser la ville de Mantinêe, s'emparer de la citadelle de Thèbes ; on les voit a présent faire la guerre aux Olynthiens et aux PhLiasiens, seconder , dans leurs projets d ambition, Amyntas , roi de Macédoine, Denys, tyran de Sicile, et le monarque barbare, despote de toute l'Asie.» (bocrate.)

Philippe,acquit l'amitié et l'estime de Platon, d’ïsoerate et d Aristote; et les liaisons qu’il euL avec ce que la Grèce avait de personnages illustres con tri huèrent ati succès des desseins qu’il exécuta dans la suite. » (Pouqueville.)

Cest dans son Histoire de la Grèce que M. de Pouqueyille a inséré les quelques lignes que voilà; il ne se doute pas qu’il accuse de haute trahison Platon, Isocraie, Aristote, et les personnages illustres dont il parle, mais il ne dît que trop vrai, la Grèce était vendue par une partie de ses philosophes, ses riches et sa noblesse. Quant à Isoerate, il revint de son eirgoûment pour Philippe, et se le reprocha ; il confessa son erreur ; il fit preuve de vertus civiques.

Presque toute la Grèce était soumise aux puis-

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