‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 7 sur 45 · EXPÉDITION O'ALEXANDRE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION O'ALEXANDRE

est profond et mouvant, fond à chaque pas sous les pieds, de sorte qu'on a grand’peine à s'en tirer. »

Alexandre s'embarque bien accompagné, et descend au lac Marcotis, où il rencontre les ambassadeurs des Cyréntens, qui lui apportent des présents, lui demandent la paix, et le supplient de bien vouloir entrer dans leurs villes.

* Il reçut leurs présents, ajoute Quinte-Curce, et après avoir fait alliance avec eux, poursuivit son chemin. Pour la première et seconde journée, il n’y eut pas de quoi se plaindre, ni de quoi se décourager, parce que l'on n'était point encore entré dans ces grandes et affreuses solitudes, quoique la terre y fut déjà stérile et la nature comme toute languissante. Mais quand iis commencèrent h découvrir ces campagnes infinies toutes couvertes de sables d'une hauteur effroyable, et qu'ils se trouvèrent engagés là-dedans comme dans une vaste mer, ils regardaient de toutes parts s'ils ne verraient point la terre. Il n’y paraissait pas un seul arbre, ni la moindre marque de terre cultivée; l’eau même portée par les chameaux dans des peaux de bouc était faillie et H n'y en avait pas une goutte dans ce terroir aride et parmi ces brûlants sablons. Avec cela les corps étaient si brûles par l’ardeur du soleil, et l’air tellement enflammé, qu'on ne respirait qu'à peine, lorsque tout-à-coup, soit par une faveur toute spéciale des dieux, ou par une heureuse rencontre, les nuées venant à s’épandre et à s’épaissir de tous côtés, couvrirent le soleil, ce qui fut déjà un grand soulagement à ces pauvres langoureux,

bien qu'ils manquassent encore d'eau. Mais tarage s’étant incontinent déchargé par une grosse pluie, chacun se mit à en faire sa provision, et il y en eut de si pressés de la soif, qu'ils recevaient Teau à bouche béante comme elle tombait. On fut quatre jours a traverser ces déserts. »

Lorsqu'ils approchèrent du siège de Toracle } i Alexandre et sa troupe virent des corbeaux qui voltigeaient autour d'eux, et qui les accompagnaient et les dirigeaient dans leur marche. Eu tin, ils arrivèrent au temple sacré.

« C'est une chose incroyable qu'étant situé au milieu d'une vaste solitude* dit Quiute-Ciirce* il soit environné d'une forêt si épaisse et d'arbres si touffus, qu'à peine le soleil les peut-il percer de ses rayons. H est aussi abreuvé d'un si grand nombre de fontaines tTeau douce qui, coulantçà et là, nourrissent le bois et en conservent la verdure. Au reste, Pair y est si doux et si tempéré, que toute Tannée n'est qu'un continuel printemps. *>

J'ai donné la description du voyage d'Alexandre a travers les sables du désert et de Toasis dans lequel se trouvait construit le temple de Jupiter-Ain* mon, et cela pour faire connaître à mes lecteurs la nature d'un climat.et d'un territoire qui contrastent singulièrement avec ce qui frappe habituellement nos regards; mais je serai bref sur Lout le reste, Alexandre consulta Toracle, qui lui répondit favorablement. Le plus ancien des prêtres l'appela mou fUç, et lui assura que Jupiter lui-même lui donnait ce nom, Alexandre oublia qu'il était homme, se

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