‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 8 sur 45 · EXPÉDITION D'ALEXANDRE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION D'ALEXANDRE

crut te fils de Dieu, et se persuada sans peine qui! devait régner sur Tunivers. Les flatteries, les adulations, Les promesses exagérées des prêtres tombèrent dmis un esprit merveilleusement disposé pour les recevoir : non-seulement Alexandre se crut fils de Dieu, Ü se crut Dieu lui-mème (33-2 avant J.-C j.

Alexandre retourne en Egypte là, des envoyés de la Grèce lui apportent des couronnes elle félicitent de ses victoires ; des peuples nombreux de la Libye déposent à ses pieds des présents et sollicitent son id fiance et son amitié. Après avoir joui des hommages des populations au milieu des fêtes et des concerts; après avoir fondé la ville qui porte son nom, Alexandrie, ville qui devait être un jour des plus importantes, des plus célèbres de Lun i vers ; après avoir donné un gouverneur à cette nouvelle capitale; après avoir distribué des garnisons dans les villes de Memphis, Péluse, et réglé toutes les affaires de là contrée, le héros s’éloigne de l’Egypte avec son armée et reparaît dans la Syrie.

Darius, instruit de sa marche, part de Babylone avec des forces considérables (on parle de huit cent mille hommes d'infanterie et deux cent mille cavaliers), se dirige entre l'Euphrate et h Tigre, et va à la rencontre des Macédoniens. « 11 avait hâte, dit Üiodore, de livrer bataille dans les belles plaines de Ninive, ou il pouvait facilement déployer sa puissante armée. Il vint camper près du village dàrbelles. »

Toutefois, avant de commencer l'attaque, Darius expédia vers Alexandre des parlementaires, et voici

quelles furent, d’après Diodore, ses dernières propositions :

« Les deux rois se considéreraient comme amis; « Alexandre aurait tout le pays en deçà de i’Eu- « pbrate ; il recevrait trois mille talents d’argent et a Darius lui donnerait sa seconde fille en mariage; « enfin Alexandre, devenu gendre du roi des Per- « ses, prendrait le rang d’un fils et serait associé « dans le gouvernement de tout l’empire.»

Alexandre réunit ses amis en conseil, leur communiqua les propositions qu’il avait reçues, et les invita à émettre franchement chacun son avis. Personne n’osait répondre à cause de l’importance de la question. Parménion se leva pourtant et dit : «Si « j’étais Alexandre, j’accepterais ces propositions « et je signerais le traité. — Et moi aussi, répondit «le roi, si j’étais Parménion.» Alexandre développa ses projets dans le langage le plus fier; il fit ensuite aux envoyés de Darius la réponse que voici:

« De même quenEcx soleils troubleraientl’ordre « et l’harmonie de l'univers, de même aussi deui « rois ne pourraient pas à la fois tenir te scepi tre de la terre, sans occasionner des troubles « et des désordres. Allez dire à Darius que s’il lient « à être le premier souverain, il aura à me disputer k ta monarchie universelle; mais si, au contraire, « méprisant la gloire, il préfère vivre au sein du « luxe et des plaisirs, qu’il reconnaisse Alexandre « pour maîire, qui permettra alors à Darius de réc gner ailleurs comme son vassal. » (Diodore).

Les envoyés portèrent cette désolante réponse!

Page 1