‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 10 sur 48 · ORIGINE BES SOCIÉTÉS HUMAINES · texte numérisé non relu

ORIGINE BES SOCIÉTÉS HUMAINES

luttes entre peuples, des conventions furent stipulées; en outre, on sentit le besoin de transmettre à l'avenir les faits du présent : excités par la *nécessité, les hommes essayèrent de mille combinaisons, et récriture fut inventée.

Quelles furent les formes des premiers gouvernements? 11 est à présumer que ce fut, comme nous l'avons déjà dit, le patriarcat ; puis d'un autre côté, par suite de la guerre, le despotisme militaire ; et d'autre part, par T union de diverses tribus menacées, un gouvernement mixte, plus ou moins populaire. I! y eut dans les gouvernements des combinaisons et des variétés infinies, et le prêtre, inaperçu d'abord, devint bientôt une puissance dans l'Etat,

Les hommes, de brutes quils étaient, devinrent chasseurs sur les divers éléments ; de chasseurs ils devinrent bergers, de bergers cultivateurs et artisans ; le commerce naquit de réchange des objets de première nécessité entre les particuliers.

Le vent, en soufflant dans le feuillage des cèdres et des palmiers, produit un murmure confus et des soupirs prolongés qui saisissent l'homme au cœur, et l'excitent à la mélancolie et à la réflexion ; les oiseaux qui voltigent ou se posent dans le voisinage de nos demeures, et que le ciel a doués d'un gosier si sonore, modulent des sons doux, gracieux, que les échos répètent, et l'espace s’emplit d’harmonie. L'homme écoute, Î1 s’émeut, il chante à son tour, et il a trouvé l’art musical. Ü éprouve une nouvelle émotion ; Dieu, l'amour, la gloire agissent sur son être; des paroles enthousiastes sortent de son cœur, et la poésie, ce rayon divin, est descendue sur la terre.

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f Comment naquirent l’art fie !a peinture, celui de la sculpture? de l'esprit d'imitation sans doute, mais ce lut dans des temps bien moins reculés qu’ils purent atteindre à nuelque hauteur.

Ainsi donc, se nourrir il herbes, se blottir dans un antre, so couvrir d’une écorce, s’armer d’un bâton, fut le début de la vie humaine. Longtemps après, il n’y avait encore parmi les hommes qu’un seul métier, qui consistait à construire la hutte, à tresser des nattes, à préparer ses armes et son manger, et qui embrassait ainsi tous les objets dont ou faisait usage.

Un grossier tissage, une imparfaite boulangerie étant inventés, les" femmes s y livrèrent avec ar¬

deur.

Le forgeron battait l'enclume; il produisait les instruments du cultivateur, et l'arme offensive et défensive du guerrier.

Les constructeurs de cabanes coupaient les arbres au pied dans la forêt, les éqnarrissaieut, les transportaient, les enfonçaient dans la terre, dans des espaces mesurés, les croisaient de pièces moins fortes qu’ils garnissaient de broussailles et enduisaient de boue; ils posaient les combles et la couverture ; ils confectionnaient les portes et les meubles grossiers, qui consistaient en bancs, tables, berceaux. Mais ces constructeurs se divisèrent en plusieurs métiers. D'eux sortirent les maçons, les coupeurs de gros bois et les assembleurs. Ces métiers sc subdivisèrent encore, l'art s’enrichit et les architectes se recrutèrent parmi les artisans intelligents , et en furent comme les chefs élus. Avec de nouveaux besoins, de nouveaux métiers se manifestèrent.

QmS LIEUX FUHÉNT LFS FRÏMIBfiS HABITÉS. 31

Aü dire de plusieurs savants, le monde que nous habitons a subi de nombreuses révolutions physiifues ï on veut cjue !e noyau primitif de la terre n’ait d'abord recelé que des coquillages et des herbes marines ; que la couche qui Ton tou ra immédiatement n'ait jamais produit que des plantes et des arbres, et que CC ne fut que sur des couches plus hautes et plus neuves que Ton découvrit des traces de poissons, de molusqufcs et de quadrupèdes. L’homme léa pris sa place sur lu terre que beaucoup plus tard, i\ ce que nous disent ccs savants modernes.

Arrivons maintenant à de nouvelles hypothèses. Sur quelle partie de la terre les hommes ont-ils d'abord ouvert les yeux à îa lumière? Diodore de Sicile nous dît :

« Les Egyptiens disent que leur pays est le hert ceau du genre humain, h cause de la fertilité du 1 sol et de la nature du Nil. Ce fleuve fournît des f aliments appropriés aux nombreuses espèces « d'animaux qu’il renferme ; on y trouve, en effet,

* la racine du roseau , le lotus, la fève d’Egypte,

* le corséon et plusieurs autres produits qui peuf vent également servir de nourriture à l'espèce

* humaine. Ils essaient de démontrer la fertilité de « leur sol en racontant que l’on voit encore ati-

* lourd‘hui dans la Thébaïde une contrée où nais- 1 sent spontanément, dans de certains temps, des f rats si prodigieux par leur grosseur et leur 1 nombre que le spectateur en est frappé de sur-

* prise, et que plusieurs de ces animaux, formés ) seulement jusqu'à la poitrine et les pattes de de-

* vaut, se débattent, tandis que le reste du corps,

« encore informe et rudimentaire, demeure en-

INTRODUCTION

< gagé rlans le limon fécondant. Il est donc évi-

* dent, continuent-ils, qu’après la création du t inonde un sol aussi propice que celui d Egypte

< à dû produire les premiers hommes. En effet,

« nous ne voyons ailleurs rien de scmhlable à ce « qui se passe dans ce pays, où les animaux s faite gendrent d’une manière si extraordinaire; de « j il us, si le déluge de Deucalion a fait périr la <t plupart des animaux, il a dû épargner ceux qui « vivent dans le midi de l'Egypte, et qui est d’or- « dinaire exempt de pluie; et si ce déluge lésa t tous fait périr sans exception, ce n'est que dans « ce pays qu'ont pu s'engendrer des êtres nou- « veaux. Les grandes pluies, tempérées par la cha- « leur du climat, devaient rendre l’air très propre « à la génération primitive des animaux ; car nous <t voyons encore aujourd’hui quantité d êtres ani*

* niés se former dans le résidu des eaux qui inon- « dent une partie de l’Egypte. Au moment où ces « eaux se retirent, le soleil, qui dessèche la sur- « face du limon, produit, dit-on, des animaux dont « les uns sont achevés, tandis que les autres no « le sont qu'à moitié et demeurent adhérents 4 « la terre. *

Telles sont, d'après Diodore, les prétentions des Egyptiens; mais les Ethiopiens, les Athéniens, cl une foule d’autres peuples ont aussi des prétentions semblables; ils se disent autochtones, c’està-dire nés de la terre de leur patrie; et toutes ces prétentions, nous jeleraient dans un grand embarras, si noûs voulions y attacher une trop grande importance.

Sur quel point les premiers hommes sont-ilf

s'il T K PLUSIEURS EXCES ft*HOMMES* 35

nés? Faut-il admettre une donnée moderne d'après laquelle la terre les aurait formés sur trois grandes montagnes h la fois, qui sont : le mont Caucase, le mont Himalaya et le mont de la Lune. Avons-nous la race cmtçasimm, la race mongolienne et la race éthiopienne, dont lune est blanche , F autre jaune et la dernière noire? Ces trois races sontelles tou t-à-fait séparées* tout-à-fait distinctes?

Comment se sont-elles répandues sur la face de la terre? Quels ont été les pays les premiers peuplés? peut-on donner un délai! bien précis des premières migrations? P eut-on les suivre pas à pas sur la boule du monde? Est-il possible sur toutes ces choses de parler autrement que par hypothèses? Non.

le n'irai donc pas plus loin à ce sujet pour le moment. Toutefois, voila des questions, non suivies de réponses, que j'ai cru devoir présenter, parce que je traite de l'origine des peuples et de la marche des idées, et que tout ce qui, peut intéresser mon lecteur et le faire penser sur l'homme et l’humanité, doit au moins lui être soumis.

Pourquoi me suis-je appuyé sur Di adore de Sicile, écho d’Epicure et des Egyptiens, et en dernier lieu sur quelques données modernes, plutôt que sur la Bible? Parce qu’il m'a semblé qu'en commençant ainsi, je trouvais le moyen de présenter des probabilités qui ne sont pas dépourvues de tout intérêt: quant au livre par excellence, nous y arrivons,

Je nie suis adressé au commencement de cette introduction plusieurs questions sur Vâge du monde, questions qu’on ne peut résoudre d'une manière satisfaisante. A quoi bon donner au monde

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