ORIGINE DES SOCIÉTÉS HUMAINES
autres; les troupeaux sont formés; l’homme les prend sous son commandement. Il a maintenant chaque jour sous sa main le lait, la chair et la toison d’où il tire de chauds vêtements.
L'homme, qui dans sa sauvagerie n’avait vécu que d’herbe et de fruits» et ensuite des produits de sa chasse, connaît maintenant la vie pastorale. Il connaît aussi les plantes nourrissantes; il les a vues dans leur maturité; il a vu des grains s'en détacher, tomber à terre, et tout autour de la tigemère s'élever une multitude de nouvelles tiges ; tl sait comment les plantes, comment les arbres peuvent se reproduire, et se multiplier à l’infini, par les soins qu'il dépend de lui de leur donner ; de la le travail des champs*
Les hommes sont d'abord sauvages, puis chasseurs rustiques, ensuite bergers et cultivateurs. Mais il reste d’autres progrès à tenter,
0 leur faut* a eux, des liai litatiousplusgracïcuses, à leurs troupeaux de chauds abris ; et un commencement d’architecture se manifeste* Il leur faut des vêtements plus commodes et mieux conditionnés, et après avoir lait quelques grossières nattes, on arrive au tissage, l'un des premiers métier*; ou a découvert des métaux, il faut les mettre en œuvre ; car on a besoin de la bêche pour remuer la terre, de la serpette pour tailler les arbres ou cueillir les fruits» et d'armes guerrières, et voila que te forgeron paraît à la vie* Ainsi commence l'industrie, ainsi se forme la classe des artisans.
Les premiers hommes proférèrent des sons rauques et inarticulés: mais leurs langues se délient insensiblement» et les idiomes finissent par se former par rechange mutuel do paroles entre les
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coup!es et entre les enfants et ceux qui les ont mis au jour*
Le père de la famille en est le chef naturel* Les familles se multiplient, et les chefs des plus anciennes familles deviennent tes chefs des premières tributs: ainsi nous sommes arrivés à l'état patriarcal.
Iles germes de discorde apparaissent entre des tribus voisines; les hostilités commencent: ries combats à outrance se livrent : ci de là ressort la nécessité des armées et de créer des chefs à divers degrés* Les guerres se renouvellent, on commit le pillage, le meurtre sur une grande échelle, et bientôt on connaîtra l'esclavage.
Une tribu a conquis une tribu, puis un grand nombre de tribus, et la voilà devenue une nation. D'autres tribus, par crainte, s'associent volontairement, elles forment un état fédératif*
II faut des généraux à l'armée ; il faut des chefs au civil, on en eut; on voit de bonnes actions, on en voit de mauvaises, il faut donc des rétributions et des punitions, une justice enfin : de là les juges et leurs magistratures. Mais il existe des crimes, il existe des vertus qui échappent aux regarife des hommes, et cependant rien ne doit rester impuni ou in récompensé ; il est un Dieu, il est un juge au-dessus de nos tètes, que la création atteste et que rien ne peut tromper, il fut invoqué et les lois furent placées sous sa protection : de là le prêtre et son puissant ministère, de là le sacerdoce*
Il y eut des engagements volontaires entre particuliers; il y eut des sortes de débats judiciaires, et des arrêts furent rendus; de plus, apres des